CAUSES DES TREMBLEMENTS DE TERRE
soient arrêtés par l'éruption volcanique. La liaison entre les tremblements de terre et l'activité volcanique est alors tellement claire qu'on est tenté d'admettre que les autres tremblements de terre qui se manifestent dans des régions non volcaniques doivent être rangés sous la même cause, et que les volcans, en général, doivent être considérés comme des soupapes de sûreté dont l'ouverture, et par conséquent l'éruption, est une sûre garantie contre ces ébranlements du sol. Mais cette idée est erronée, comme on a pu s'en convaincre par cette observation relatée plus haut, que le point de départ de la secousse est situé à environ 2 milles seulement de profondeur,— autant du moins que l'on puisse juger d'après les tremblements de terre qui ont été observés avec exactilude. Il est plutôt vraisemblable que la plupart des tremblements de terre non exprimés par le rapide dégagement de vapeur d'un volcan, reconnaissent une autre cause que le vulcanisme, et que cette cause doit être recherchée dans l'action destructive d'eaux circulant dans les profondeurs et dans la gravitation. C'est ce que nous étudierons plus loin à propos de l'action chimique des eaux.
Certains géologues attribuent les tremblements de terre à des phénomènes qui se passent à la limite de la croûte solide terrestre et de la partie centrale incandescente. Angelot et Naumann admettent de puissantes fluctuations à l'intérieur de la terre, dues aux gaz et à la vapeur dégagés pendant la solidification de la masse fluide et qui se sont amassés en des points déterminés, ou bien à ce que les eaux de la mer pénètrent jusqu'au noyau incandescent et causent ainsi des explosions formidables. Perrey et Falb veulent que les corps célestes influent sur la production des tremblements de terre, et que ceux-ci soient dus à des marées de la masse fluide centrale du globe, qui tend à obéir à l'attraction du soleil ■et de la lune.
Pfaff admet que les masses fluides chassées de l'intérieur de la terre arrivent dans des cavités relativement rapprochées de la surface et remplies en partie par de l'eau, d'où un brusque développement de vapeur <îui détermine les oscillations du sol.
Dana considère comme cause des tremblements de teiTS non reliés à des éruptions volcaniques, la pression latérale produite par la contraction qui accompagne le refroidissement lent de la croûte terrestre, et, en outre, les abaissements et plissements déterminés par la même cause. Par suite de ces circonstances, les roches se trouvent dans un tel état de pression contre la masse centrale, que toute agitation produite dans la profondeur détermine une secousse et se propage à la surface du terrain, où elle constitue un tremblement de terre.
i$4 SOULÈVEMENTS ET AFFAISSEMENTS DU SOL.
A. — SOULEVEMENTS ET AFFAISSEMENTS PERMANEMS DD SOL. 'd i. ^ionIëvenien(s et afTaIs»«eiiicn($ Instantanés et séculaires. Points
de départ pour leur constatation . — Les variations permanentes du niveau du sol sont en rapports génétiques étroits avec les tremblements de terre, dont elles sont quelquefois la cause et quelquefois l'effet ; elles exercent la plus grande influence sur les formes que prend la surface de la terre.
Les changements de niveau consistent en soulèvements ou en affaissements, qui peuvent affecter une partie plus ou moins grande de la croûte terrestre, et s'accomplir brusquement ou d'une manière lente, être, en d'autres termes, instantanés ou séculaires.
Par suite de la généralité de ces oscillations, et dans l'impossibilité où l'on est d'avoir un point de comparaison qui échappe au mouvement commun, les oscillations continues ne sont pas appréciables aux habitants des continents en mouvement, et il est généralement difficile de les constater lorsque le niveau de la mer subit aussi des modifications, puisqu'on ne peut alors le prendre comme point de départ dans la mesure des affaissements et des soulèvements des continents. Les récifs ancienneiofiût couverts d'eau peuvent émerger, les régions côl,ières s'accroître en largeur du côté de la mer, les anciens ports se joindre à la terre ferme, les bras de mer devenir complètement impraticables, les bajics de coraux et de mollusques être mis à sec. D'autres rivages, et avec eux des forêts et des agglomérations de maisons peuvent aussi s'enfoncer insensiblement audessous du niveau de l'océan voisin, jusqu'à ce que les eaux les engloutissent.
De semblables oscillations se manifestent par les changements que subissent les lignes des côtes, comme c'est le cas pour le flux et le reflux. Ces changements, très-apparents pour les rivages plats, ne le seraient pas du tout pour les falaises abruptes, si la mer ne laissait des traces ineffaçables de sa présence. Par le choc des va^es, la falaise a été minée, les écjueils nivelés, des amas de galets se sont formés, et des fragments de coquilles, de coraux, de roches ont été soudés ensemble : et ainsi toutes ces formations spéciales de rivage, qui entourent l'Océan comme une ceinture, se sont produites. Si le continent s'exhausse, cette ligne de rivage émerge, et on peut quelquefois la retrouver à des centaines de mètres de hauteur. La mer alors reconstitue des nouvelles formations littorales qui .peuvent continuer successivement à émerger et pendant longtemps. A l'objection que l'on pourrait faire que les changements de niveau sont dus à l'affaissement de la mer, on peut répondre par l'exemple de ce qui se passe sur les côtes de Norvège, où les lignes littorales ne courent pas ton-