CHANGEMENTS DE NIVEAU ANQENS
giés une partie des habitants des pays voisins. Ainsi, par exemple, la présence des lémuriens limitée à Madagascar, aux Seyclielles, aux Maldives et à Ceylan, indique l'existence d'un ancien continent dont ces îles et leur faune sont les derniers restes, et que l'on a appelé Lémurie. Les traditions des habitants de Ceylan ont conservé le souvenir de l'ancienne continuité de cette. île avec les Maldives et les îles Laquedives. D'un autre côté, la totale différence de faune et de flore d'îles voisines s'explique parce que leur affaissement et leur séparation ont eu lieu à une époque très-reculée; leurs habitants se sont ainsi développés indépendamment. Dans les cas oii, par suite d'affaissements , des îles ont été séparées du continent et leurs habitants conservés par l'obstacle ainsi apporté à rimmi«[ration d'animaux étrangers, les ^^^T^T n n- i pi-
o u p,g 4Q, — Iles coralliennes de Fidji,
formes antiques, détruites depuis long- „, coro, avec ceinture de récifs; b, Augau.
temps sur le continent, ont pu persister : f^''^""'' i^»'-"è«-« /e récirs ; c. iies avec des
r ' r r barrières de récifs fort éloignées; d, ^u-
la Nouvelle-Zélande et l'Australie en sont "'"^u, lagune avec une seule pointe de des exemples remarquables. Lorsque des
îles fort éloignées l'une de l'autre présentent un monde animal semblable, il est permis de conclure qu'elles sont les sommets des montagnes d'un continent inconnu abîmé sous les eaux.
En général, ces oscillations des masses continentales sont déterminées de telle façon que leur accroissement a lieu dans la direction nord, et qu'elles s'enfoncent du côté sud. Aux périodes géologiques les plus récentes, les pays bas du nord de l'Europe, la moitié nord de l'Amérique du Nord, la Sibérie jusque l'Altaï, sont sortis du sein de la mer. D'un autre côté, la vaste surface de l'hémisphère sud (Lémurie, Polynésie) est en état d'affaissement.
g 4. Soulèvements et affaissements aux époques (géologiques ancien- I
ne». — Les continents, aux périodes géologiques anciennes, faisaient partie du fond de la mer, et c'est seulement par degrés qu'ils se sont soulevés pour former la terre ferme. A une époque récente, peut-être même lors de la première apparition de l'homme, la plus grande partie du nord de l'Europe et de l'Amérique était encore sous les eaux. Dans la large plaine de sable du nord de l'Allemagne, la mer a laissé des traces de son ancienne occupation dans les blocs erratiques et les restes, peu nombreux d'ailleure, de ses habitants. Les formations de roches qui appartiennent à des époques géologiques plus anciennes encore, viennent aussi donner à cette plaine les caractères d'un ancien bassin ; les chaînes de montagnes qui la bordent sont dues en grande partie aux restes d'anciens habitants de la mer ou de roches qui en contiennent de nombreux débris; de larges
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plateaux et des plaines élevées à l'intérieur des terres sont formés de coraux, de bancs de coquilles et de crinoïdes pétrifiés. Même les perforations de mollusques, souvent remplies de matières d'âges plus récents, les amas de galets, à la limite d'anciens rivages, cimentés aujourd'hui en un conglomérat, ne manquent pas à l'intérieur du continent. A une époque relativement peu éloignée, certaines montagnes, et précisément des plus élevées, faisaient encore partie du fond de la mer ; les roches qui les forment, mêlées de débris d'animaux marins, n'étaient pas encore solidifiées : par un soulèvement lent, l'ancien lit de la mer s'est trouvé exondé, puis est devenu une haute montagne. Ce mouvement d'exhaussement n'était pas cependant uniforme et constant, des pauses l'arrêtaient quelquefois, ou même des affaissements. De nombreuses marques permettent de nouveau de suivre ces changements. En aucun lieu de la terre géologiquement connu, on n'a rencontré la série complète des couches stratifiées formées dans la mer ; il manque toujours des anneaux importants à cette longue chaîne des terrains qui se sont succédé. Dans la plupart des points même, ils manquent presque tous ; en beaucoup d'endroits il y a seulement une ou deux formations qui peuvent être incomplètes ; souvent la formation la plus récente repose directement sur la plus ancienne, et tous les dépôts intermédiaires manquent. Ces lacunes dans la série des couches correspondent à l'émersion périodique d'une portion plus ou moins grande du fond de l'Océan, pendant laquelle les dépôts ont continué de s'effectuer, mais en cercle, autour de la partie soulevée. Le recouvrement de ces parties autrefois émergées par des dépôts appartenant à des séries de couches plus jeunes, indique un nouvel affaissement, et enfin, leur situation actuelle au-dessus du niveau de la mer s'explique en admettant un nouveau soulèvement.
D'autres preuves de changements de niveau lents et continus à la surface de la terre aux périodes géologiques anciennes nous sont données par l'alternance des séries de couches marines avec les formations terrestres, de marécage ou d'eau douce. Des grès avec restes de plantes terrestres et lits de charbon provenant de la décomposition de fougères, calamités et sigillaria, ou de conifères, decycadéeset d'équisétacées, et qui présentent quelquefois des empreintes de pieds d'animaux qui cherchaient leur nourriture sur le rivage, des couches qui montrent encore les sillons ondulés que laissaient les eaux des anciens océans sur leurs rivages ou l'impression de gouttes d'eau tombées dans ces temps éloignés, sont recouverts par des formations puissantes dont la richesse en débris d'animaux de mer profonde permet de conclure à leur origine océanique et, par conséquent, à des soulèvements et affaissements importants et répétés.
Avec ces affaissements et soulèvements quelquefois très-étendus et avec