FORMATION DES CONTINENTS
les modifications qu'ils apportent à la forme des continents, marchent de pair les changements locaux de flore et de faune, la disparition des espèces anciennes et leur remplacement par des formes voisines. Lors d'un affaissement apparaissent d'abord, au lieu des plantes et animaux continentaux, les espèces qui fréquentent les marécages ; mais celles-ci cèdent bientôt devant l'envahissement de la mer qui ne permet plus l'existence qu'aux animaux des eaux saumàtres, puis à ceux des mers peu profondes, avant d'en arriver aux espèces des profondeurs. Le soulèvement des parties immergées en terre ferme suit la loi contraire, par rapport aux modifications qu'il fait subir aux êtres organisés. Le caractère des plantes et des animaux sur un même point de la surface de la terre a donc subi des changements continus et profonds, indépendamment des modifications au faciès général des êtres organisés qui ont pris place successivement dans la série des temps.
La répartition de la terre et des eaux telle qu'elle est aujourd'hui et celle des règnes animal et végétal, doivent être considérées comme le résultat des actions que nous venons de décrire. L'état actuel peut exister depuis des milliers d'années; il durera peut-être encore autant : il viendra cependant une période où la forme des continents sera changée et où la répartition des terres et des mers ne concordera plus avec la disposition d'aujourd'hui.
Schmick a récemment tenté d'attribuer les grands mouvements de la terre à sa partie liquide et non plus à sa partie solide : au lieu d'admettre . le soulèvement ou l'affaissement des masses continentales, il admet des changements de niveau de la surface de la mer, considérée jusqu'aujourd'hui comme point constant de comparaison. Cette tentative a été solidemen( réfutée, entre autres par 0. Pescfiel.
§ 5. Formation de» continents. — 11 a été démontré quc la croùte ten*estre aux périodes géologiques anciennes était presque continuellement dans un état de soulèvement ou d'affaissement. Cette mobilité d'une masse solidifiée semble inexplicable, si nous ne nous rappelons la faible épaisseur de la croûte solide aux âges anciens, et surtout la formation des fentes qui traversent cette croûte solide et séparent les aires de soulèvement des points d alTaissement. On peut admettre que la surface solidifiée du globe fut d'abord uniformément recouverte par les eaux de l'Océan. La terre diminuantde volume par suite de son refroidissement, la croùte solide s'est rétractée, en déterminant la. formation de fentes et l'affaissement de certains points. L'écorce terrestre en s'affaissant sur la plus grande partie de la surface du noyau fluide, a déterminé un soulèvement, relativement faible à la vérité, du reste de la croûte solide. Sous l'influence simultanée de ces deux mouvements opposés, diverses parties de la terre sont sorties des eaux