ÉROSION
minée : 1° par l'étendue de pays qu'il arrose ; 2° par la quantité de pluie ou de neige qui y tombe ; 3° par le climat du pays que traverse le lleuvc, la température élevée et l'atmosphère sèche favorisant l'évaporation et par conséquent une perle d'eau ; 4" par la structure géologique du pays : des couches bouleversées, traversées de fentes et de crevasses, permettent aux eaux de s'enfoncer plus profondément; de même un sous-sol sableux enlève de l'eau aux ruisseaux ; 5° par la forme de la surface et les circonstances de végétation : les montagnes et forêts favorisent les pluies ; les plaines et les pays sans forêts favorisent l'évaporation.
L'étendue du bassin d'un fleuve est naturellement très-variable; les plus vastes sont ceux de l'Amazone et du Mississipi, de 106000 et de 61 000 milles géographiques carrés, tandis que le Rhin arrose seulement un territoire de 4080 et le Danube de 14 650 milles. La quantité d'eau transportée par les différents fleuves est extrêmement variable : le Mississipi a un débit annuel moyen de 723 000 millions de mètres cubes d'eau, tandis que le Rhin ne passe à Bonn, dans le même intervalle, que 63 370 millions de mètres cubes d'eau.
Un autre facteur important dans l'activité mécanique des eaux courantes , est leur /?e«^c, qui détermine la rapidité avec laquelle elles se meuvent. La pente d'un cours d'eau diminue depuis sa source jusqu'à son embouchure, et la différence entre la pente de la partie supérieure et celle de la partie inférieure est d'autant plus grande qu'il vient de plus haut ; aussi est-elle le plus accentuée dans les cours d'eau qui naissent des Alpes. La puissance mécanique des eaux dépendant de la force de leur courant, et leurs sources se trouvant d'ordinaire dans les montagnes et les chaînes de collines où le fond des vallées a une forte inclinaison comparativement aux plaines, de pente faible, il en résulte que leur activité se fait surtout sentir dans les régions montagneuses qu'elles creusent, et dont elles enlèvent les matériaux pour les déposer plus loin, dans les points où la rapidité de leur course est moindre.
§ 10. ÉroMion. — Les Bclions mécaniques de l'eau sont préparées par les actions chimiques. Sur le sol d'une vallée formée de granité inaltéré, uni, le cours d'eau le plus rapide, même après de longues périodes, laisserait à peine de§ traces. C'est seulement lorsque la roche, sous l'influence de l'acide carbonique, a été transformée en gravier et en sable, quand elle est devenue friable, quand des fragments mis en mouvement par les eaux courantes viennent aussi servir d'agents destructeurs, que commence l'action mécanique érosive. La propriété de l'eau gelée, d'augmenter de volume, a une influence essentielle sur ces phénomènes destructeurs. La présence de l'eau dans les fentes des roches suffit pour les faire éclater;