ÉROSIONS
posée fut, en 1870 et 1871, le théâtre d'ébranlements très-particuliers. Des fentes qui atteignaient plusieurs mètres de largeur sur une profondeur plus considérable se produisirent ; des portions de couches situées entre ces fentes s'enfoncèrent de 10 à 15 mètres, tandis que d'autres conservaient leur situation primitive : en peu de temps, le terrain fut bouleversé complètement jusqu'à une profondeur inférieure au niveau de la mer. Non-seulement eurent lieu ces effondrements, mais il se fit aussi des soulèvements dus à ce que les couches tertiaires, en glissant sur les couches plus profondes inclinées vers la mer, pressaient les couches plus récentes du rivage déposées au-dessous d'elles et les portaient à un niveau plus élevé qu'auparavant. Le soulèvement du rivage et l'affaissement de la côte proprement dite correspondaient aussi bien pour l'étendue que pour la hauteur au changement de niveau. Le maximun de soulèvement était un peu plus de 30 mètres. Les parties soulevées du rivage, qui aujourd'hui se montrent comme des bancs de sable, sont couverts d'algues, de coraux, de mollusques et d'échinodermes. La cause de ce glissement et des soulèvements qui lui sont génétiquement reliés, sont dus à l'amollissement et au transport d'une ou plusieurs couches d'argile par les eaux atmosphériques ou océaniques.
Les chaudières des géants et les pyramides de terre sont les produits
particulièrement remarquables de la force ^^>-<;\\r;T. érosive de l'eau. Les premières se forment
' V^i!^l|W^ViK^^<;^^^ au pied des chutes d'eau et des rapides :
^^, les galets sont maintenus longtemps par le
'.^/ '^5tr^s'^^^^li'"^^ tourbillon dans un mouvement circulaire
o. .v-^.>-~ . >^ sur le fond rocheux; d'où la formation de Fig. 46. — Chaudières des géants, trous Cylindriques qui atteignent 10 et
12 mètres de profondeur et qui peuvent être creusés dans les roches les plus dures. Il n'est pas rare que les parois polies de ces chaudières aient conservé des sillons spiraux, traces de leur creusement progressif, et elles contiennent souvent encore les galets arrondis qui ont servi à les former. Les « chaudières des géants » les plus vastes sont celles des environs de Christiania en Norvège et celles du glacier de Luzern.
Les pyramides de terre, en opposition aux « chaudières des géants, » ne peuvent se former que dans les amas de débris meubles argilo-sableux, qui renferment des fragments de roche plus volumineux et des galets. Chacun de ceux-ci protège de l'action érosive des eaux les points qu'il recouvre : en fin de compte, il se produit des colonnes bien dégagées, en forme de pyramides aiguës, composées de fins de débris et portant à leur partie supérieure une :^orte 'de chapeau formé par une grosse
CREUSEMEiNT DES VALLÉES. 21 1
pierre. Les pyramides de cette nature les plus caractérisées se voient dans les débris glaciaires à Bozen en Tyrol ; elles atteignent une hauteur de 50 à 35 mètres.
Fig. 47 a. — Pyramides de Bozen.
Fig. 47 b. Pyr.nmides de terre.
§ 11. — Formation des vallée* par érosion. La formation des vallées
sur les pentes des montagnes commence par la réunion des gouttes de pluie tombées de Tatmosphère, qui s'amassent en coulant sur les plans
inclinés et forment des rigoles nombreuses et peu marquées qui se réunissent pour courir à des sillons plus profonds. Aussitôt que la pluie a formé ces petits ruisseaux, les conditions de la formation de vallées par érosion sont remplies . Le ruisseau rapide, riche en eau élargit plus rapidement son lit que les sources pau-
Fig. 48.