‹ Traité de géologie et de paléontologieChapitre 148 sur 278 · PUISSANCE DESTRUCTIVE DE LA MER · texte numérisé non relu

PUISSANCE DESTRUCTIVE DE LA MER

lions soignées ont montré que la force déployée par les vagues dans les mois d'été était en moyenne de 2,748 kilogrammes sur 1 mètre carré, et dans Icamois d'hiver, cette force s'élevait à 9,587 kilogrammes. Lorsque les vagues poussées par le vent contre le rivage passent sous celles qui se sont déjà frappées contre lui, il se forme un courant sous l'eau de direction contraire à celui de la surface ; c'est aussi le cas des courants d'eau déterminés lors des tempêtes vers les continents.

§ 14. Pouvoir de destruction, de transport, de dépôt de l'eau de la

nier. — L'activité mécanique de la mer peut donner lieu, comme celle des eaux courantes, à des phénomènes de destruction, de transport et de dépôt. Les effets destructeurs de la mer sur ses côtes sont dus aux marées, à la direction et à la rapidité de leur flux, à la direction prédominante des vents et des tempêtes, à la force des vagues, à la nature pétrographique et à la structure géologique des rivages aussi bien qu'à leur forme et à leur pente. Le granité, le gneiss, la syénite, le basalte résistent mieux au choc des vagues que le grès, la marne et le calcaire. La puissance édificatrice de la mer se montre davantage sur les côtes unies, sableuses, et une côte riche en baies et en caps souffrira bien plus, sous les mêmes» circonstances, qu'une autre côte courant en droite ligne, à raison du plus grand nombre de points qui donnent prise, à l'eau. Les vagues de l'Océan agissent sur les côtes avec la puissance de destruction d'une chute d'eau, et elles leur font subir des changements continuels. On sait que le ressac des lames peut mettre en mouvement des blocs de roche d'un poids de plus de 100 quintaux. Les parois abruptes des falaises, les écueils des côtes doivent leur forme à l'érosion des vagues qui les minent par le bas et finissent ainsi par faire écrouler les parties supérieures. Les vagues s'emparent de ces blocs de roche détachés, les brisent, les réduisent en fragments, en arrondissent les angles et les arêtes, formant ainsi les galets, les graviers, le sable qui bordent la côte et les fins dépôts que l'on trouve en certains points. Les côtes de l'ile d'Ilelgoland et celles du Norfolk et du Suffolk en Angleterre montrent le grand pouvoir de destruction de la mer. Depuis 1824 jusqu'à 1829, ces dernières falaises ont reculé de plus de 16 mètres à l'intérieur, et, en même temps, le lit de la mer s'est si profondément creusé que des frégates de plus de 6 mètres de tirant d'eau peuvent passer là où quarante-huit ans auparavant s'élevait un écueil de 23 mètres de hauteur. Comme autre exemple, on peut citer la diminution progressive du Eamhurger-Stallig . Cette petite île marécageuse, située près de la côte de Frise, occupe un espace d'environ 40,000 perches carrées et est formée d'un sol sableux, surtout riche en coquilles. Elle est exposée à l'action de violents courants de marée et est assaillie de bourrasques qui, un peu à la fois, la rognent de toutes parts. En dix ans

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