MONTAGNES DE GLACE
4]unntité de matières charriées par les cours d'eau qui partent des glaciers est considérable. Le glacier de l'Aar, par exemple, qui fournit deux millions de mètres cubes d'eau par jour pendant le mois d'août, se laisse enlever, pendî^nt le même temps, 284.574 kilogrammes de sable.
Par celte même action d'oîi résultent les moraines profondes, de grandes surfaces du lit rocheux du glacier sont complètement lisses. Des proéminences anguleuses du sol deviennent arrondies, moutonnées, polies. Les écueils si caractéristiques pour les fiords de Scandinavie et du Groenland et dont on se fait une exacte représentation, en imaginant un œuf dont le bout pointu serait tourné vers le nord, et qui serait enfoncé sous l'eau par l'autre bout jusqu'à un peu plus de la moitié de sa hauteur, sont semblables aux roches moutonnées qui font saillie sur le lit des anciens glaciers. Aux endroits polis par son glissement et sur les roches moutonnées, le glacier a gravé la direction de son mouvement par d'innombrables stries droites, plus ou moins parallèles. La faculté d'érosion du glacier se borne essentiellement au nivellement des inégalités de son lit et à sa transformation en un canal offrant le moins de résistance possible : lorsque ce but est atteint le pouvoir d'érosion du glacier diminue encore plus. Il ressort de tout ce qui précède que l'action destructive des glaciers est si faible, comparativement à celle de l'eau qu'on avait même assigné à ceux-ci le rôle de préserver de toute action atmosphérique ou des eaux courantes, les aires recouvertes par la glace.
Les phénomènes géologiques qui résultent des mouvements des glaciers sont tellement caractéristiques que l'on peut lixer avec exactitude l'extension, la puissance et la direction des glaciers disparus depuislongtemps. Que l'on suppose le cas oîi la température moyenne d'une région riche en glaciers s'élève et que, en même temps, la neige y tombe en moins grande quantité, le résultat sera le retrait de la ligne de fonte et la diminution rapide de la masse de glace : le glacier pourra disparaître complètement. Que certaines vallées, aujourd'hui vides, aient été autrefois le lit d'un glacier, cela résulte avec évidence des surfaces polies de leurs parois ; l'on pourra connaître sa puissance, son étendue, sa direction, son point d'origine, par la hauteur à laquelle il a laissé des traces, par les moraines profondes, les surfaces striées du sol, par les moraines latérales et frontale, en même temps que la nature des éléments des moraines renseignera sur la composition géognostique de l'ancien territoire glaciaire. C'est sur l'observation de ces traces laissées par les volcans que repose la connaissance exacte des glaciers étendus des âges anciens dont nous avons parlé plus haut.
§ 7. Montajçnes de g^iace ou icebergs. — Dans Ics régions polaires, la chaleur de l'pté est si faible et les rayons solaires ont si peu d'action sur