MONTAGNES DE GLACE
la glace des glaciers que ceux-ci descendent non-seulement jusqu'à la côte, où leur extrémité se brise et tombe dans la mer, mais qu'ils peuvent encore pénétrer loin dans celle-ci, dans les cas où la cote ne forme pas falaise. Les courants glaciaires marchent d'abord sur le fond des tiords comme sur la terre jusqu'à ce que la masse de glace qui s'enfonce sous les eaux soit détachée du reste du glacier par suite de la différence spécifique de son poids avec celui de l'eau, ou soit arrachée par les vagues qui souvent les font remonter tumultueusement à la surface de la mer. Les masses arrachées aux glaciers constituent les montagnes de glace ou icebergs ; elles peuvent s'élever au-dessus de l'eau de 70 à dOO mètres lorsqu'elles flottent. Le poids spécifique peu élevé de la glace fait que ce nombre égale seulement le li8 de toute la hauteur de la montagne de glace. On a rencontré au nord de Tocéan Atlantique de ces montagnes de glace qui avaient 1 à 2 milles en longueur et en largeur et s'élevaient de 75 mètres. Les courants polaires charrient ces masses loin dans l'Océan et on a pu les rencontrer par 56" et 57° de latitude nord. Les icebergs qui flottent dans l'Atlantique échouent très-souvent contre le banc de Terre-Neuve : ils se fondent là sous l'influence de l'atmosphère chaude et aussi sous l'action du Gulfstream. Les glaciers polaires sont quelquefois, comme les glaciers des hautes montagnes, chargés de débris de roches qui sont transportés loin par les icebergs et qui tombent au fond delà mer lors de leur fonte. On a observé, dans la partie arctique de l'océan Atlantique des montagnes de glace qui mesuraient 1,500 mètres de circonférence, atteignaient une hauteur de 30 à 70 mètres au-dessus de la surface de la mer et qui étaient recouverts de lehm et de blocs de roche : on a pu évaluer leur poids total à 1 ou 2 millions de quintaux. Si des montagnes semblables échouent sur les rochers ou si elles les rayent au passage, elles peuvent produire à l'aide du sable qu'elles retiennent et absolument de la mêmemanière que le glacier dans son lit, le polissage du sol et des sillons caractéristiques. De semblables traces sont limitées dans l'hémisphère nord aux pentes et aux sommets nord des collines et des ballons, par conséquent au côté disposé pour recevoir les montagnes de glace, tandis que leurs pentes sud sont restées rudes et anguleuses. Ces phénomènes sont très-accentués dans le district au sud du lac Supérieur dans l'Amérique du Nord. On trouve là certaines roches polies, couvertes de larges sillons parallèles profonds de plusieurs pieds qui doivent évidemment leur origine à une montagne de glace échouée sur cet emplacement, à la face inférieure de laquelle étaient maintenus par la gelée de gros blocs de quarzite : par suite du flux et du reflux, elle s'élevait et s'abaissait chaque jour de quelques pieds et était ainsi déplacée de çà et de là sur son plan incliné.
La plaine basse du Nord de l'Europe a joué pendant l'âge tertiaire, le