PLUIES
nique, qui sont indépendants de la vie organique. Ici se rangent Taltération des silicates de chaux, d'oxydule de fer, de soude et de potasse, et leur transformation en carbonates (voy. p. 186), dans laquelle l'acide carbonique, par conséquent aussi bien l'oxygène que le carbone, sont retirés pour longtemps de l'atmosphère et exclus des combinaisons organiques. C'est surtout le cas des silicates de chaux et des carbonates de chaux qui en résultent, calcaire, spath calcaire et aragonite. En outre, de grandes quantités de carbone sous forme de lignites, de houille et d'anthracite se trouvent en couches nombreuses, étendues et puissantes intercalées dans les divers terrains ; elles sont donc immobiles pour de longues périodes. 11 en est de môme pour les matières bitumineuses dont presque toutes les formations sédimentaires sont plus ou moins imprégnées, pour le pétrole, le naphthe que Ton rencontre en d'innombrables points, pour l'asphalte et le bitume déposés en beaucoup d'endroits. Tous les carbures dont le carbone provient de l'atmosphère par réduction de l'acide carbonique sont dans le même cas : nous rechercherons plus loin de quelle façon se fait l'emmagasinage du carbone par les végétaux.
Par suite de cette action des végétaux et par le changement des silicates en carbonates, des quantités si importantes d'acide carbonique ont été retirées de l'atmosphère que, indubitablement, celle-ci a dû subir des modifications essentielles et principalement un appauvrissement en ce dernier gaz : c'est ce que témoignent les diverses flores récentes qui n'ont plus rien du luxuriant des périodes anciennes, principalement de l'époque carbonifère.
L'azote forme la partie la plus considérable de l'atmosphère, mais il ne prend point part, comme l'oxygène et l'acide carbonique, aux phénomènes géologiques. On connaît cependant dans la chimie organique le cas isolé d'une combinaison azotée qui se forme indépendamment de toute substance organique : c'est la production de l'acide azotique dans l'atmosphère sous l'influence de l'étincelle électrique. Les eaux de pluie contiennent de très-faibles traces de cet acide et de nitrate d'ammoniaque (1 à 20 parties pour 1 000 000). Dans le règne minéral on ne rencontre généralement que trois combinaisons de l'azote, et encore ne se trouvent-elles que localement, leur origine étant liée à la destruction de corps organisés.
§ 2. Pluies atmf>sphériques. — Dc toutcs les parties Constituantes de l'atmosphère, l'eau est celle dont la circulation est le mieux connue. Sous l'influence des rayons solaires qui la frappent perpendiculairement, l'eau de l'Océan s'évapore sous l'équateur, et la vapeur absolument transparente, invisible à l'œil nu, se mêle à l'air atmosphérique. Celui-ci, par le con-