‹ Traité de géologie et de paléontologieChapitre 163 sur 278 · PLUIES · texte numérisé non relu

PLUIES

tact de la surface de la mer ou du sol échauffés s'élève dans des couches d'air plus froides, par conséquent plus denses et plus lourdes, accompagné de la vapeur d'eau qui s'est mélangée à lui et qui est encoi'e beaucoup plus légère. Cette zone équatoriale où l'air se trouve dans un mouvement d'ascension s'appelle la région des calmes. Arrivés dans des régions élevées, ces courants atmosphériques équatoriaux se divisent et coulent vers les pôles au-dessus des couches d'air plus denses, tandis que l'air frais des latitudes élevées appelé par l'air raréfié, se précipite vers l'équateur pour s'y réchauffer et pour se rendre également vers les pôles. De cette manière, le mouvement continuel de l'air atmosphérique est assuré ; il s'élève haut sous l'influence de la température équatoriale et coule vers les pôles, mais, dans ce dernier trajet, il se rapproche de plus en plus de la surface du sol : l'air du pôle, en marche vers l'équateur, se rtieut toujours à une moindre profondeur (vents alizés) .

La vapeur d'eau qui s'élève avec l'air dans les mers équatoriales n'accompagne cependant pas ce dernier dans toute sa course : parvenue dans les régions froides, elle se condense et forme des nuages qui retombent à la surface de la terre sous forme de pluie ou de neige. D'après la nature du phénomène, cette condensation devrait se passer exclusivement dans les parties polaires de la terre, mais, en fait, elle a lieu plus tôt, en partie du moins. En s'élevant, l'air chaud et riche en vapeur des tropiques se raréfie à mesure que la pression atmosphérique diminue ; or, le refroidissement est lié à cette raréfaction, d'où la basse température de l'atmosphère. Par suite du refroidissement, une partie de la vapeur d'eau se condense, d'épais nuages se forment, et bientôt la vapeur retombe* en fortes ondées; c'est le reste de la vapeur d'eau dégagée sous les tropiques qui se rend dans les régions polaires où il détermine la formation de la pluie, de la neige et de la grêle.

D'autres causes encore peuvent arrêter la vapeur d'eau dans sa route vers les pôles et la transformer en pluie plus tôt; ce sont, d'une part, les vents qui amènent des masses d'air plus froides et les mélangent avec un air chaud chargé d'humidité, d'autre part les hautes chaînes de montagnes contre lesquelles viennent frapper les courants d'air chargés de vapeur d'eau qui grimpent alors contre elles, se refroidissent ainsi trèsfort et très-vite et précipitent, par suite, l'eau qu'ils entraînaient. Les montagnes jouent donc le rôle de condensateurs, et les régions dont les Vents sont détournés, ou qui sont protégées du vent par les montagnes n'ont jamais de pluie. Un phénomène très-instructif, qui montre bien l'influence qu'ont des montagnes sur la condensation de la vapeur d'eau, est celui de ces bandes de nuages que l'on voit quelquefois au sommet d'une montagne alpine où ils paraissent attachés , et qui ne sont

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point entraînés malgré des vents violents. La persistance de ces nuages est seulement apparente : par une de leurs extrémités, ils se perdent toujours dans l'atmosphère et par l'autre, ils se trouvent continuellement renouvelés, parce que l'air en courants puissants arrivant au contact, de la montagne l'roide, condense la vapeur qu'il contient et devient par conséquent visible. Un nuage, proprement, n'est qu'un point de l'atmosphère où se Tait une condensation continuelle de la vapeur d'eau.

De même que les mers équatoriales, d'autres parties de l'Océan, et en outre les lacs et les fleuves fournissent l'atmosphère de vapeur d'eau.

L'eau qui retombe de l'atmosphère forme : la rosée, le givre (ou rosée on congélation), qui naissent du contact de l'air humide avec le sol froid; le brouillard j nuage étendu sur le sol, formé par le mélange de l'air de deux courants à des températures différentes ; la pluie^ qui naît de la réunion de vésicules de brouillard en gouttes qui tombent; la neige, gouttes de pluie devenues solides et cristallisées par le froid ; le grésil, qui résulte du tassement des flocons de neige en petits grains ; la grêle, grains de grésil grossis par un dépôt de glace pendant leur trajet dans l'atmosphère humide.

L'eau qui tombe de l'atmosphère, par sa quantité, est un des facteurs géologiques les plus importants. On exprime en pouces la hauteur de l'eau de pluie que recouvrirait annuellement le sol si aucune évaporation, aucun écoulement de cette eau ne se faisait, et l'on compare entre elles les mesures prises en différents lieux. Les régions où les pluies sont le plus abondantes appartiennent à la région des calmes (Mahabuleshwar, 238 pouces 4; Cerra-Punjee, 524 p. 5); après viennent le pied sud des Alpes '(Tolmezzo, 90 pouces) ; la côte ouest d'Ecosse (Seathwaite avec 135 pouces 4); la Norvège (Bergen, 83 p. 3); la Patagonie (Valdivia, 102 p. 2); la Nouvelle-Zélande (Kokitika, 104 p. 8). Au contraire, les régions désertes qui forment le Sahara, s'étendent sur l'Arabie et jusqu'en Perse, le désert de Gobi dans l'Asie centrale, le bassin désert du grand lac Salé dans le Nord de l'Amérique, la ligne de côtes du Pérou et du nord du Chili sur le côté ouest des Andes, et enfin la pente est de la prolongation des Andes vers le sud, sont presque complètement privés de pluie.

§ 0. Influence des vents sur la conflg;uration de la terre. — Lcs différences considérables que présente en divers lieux la température du sol sur lequel repose l'océan d'air qui entoure la terre, détermine, comme nous l'avons vu, la rupture de l'équilibre entre les couches d'air et donne naissance aux vents. Indépendamment de leur influence dans la production des météores et des phénomènes climatériques, les vents jouent un rôle qui n'est pas sans importance comme agents géologiques, soit qu'ils

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