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VENTS

transportent les sables et les fragments fins provenant de la destruction des roches, ou qu'ils deviennent la cause principale de la formation des vagues sur la mer et partant de l'activilé mécanique, destructive ou édificalrice, de celle-ci. Nous avons parlé de ce dernier point dans un paragraphe précédent.

Comme moyens de transport, les vents agissent surtout sur les produits volcaniques meubles. On sait que les cendres et sables des volcans sont emportés par le vent à de grandes distances sous forme de nuages sombres, pour retomber en pluies épaisses, d'où la présence de dépôts de tuf là où il n'existe pas de points d'éruption. Les courants d'air déterminent la séparation des divers éléments. Tandis que les blocs ou fragments plus volumineux tombent au voisinage du volcan, les lapilli et cendres sont emportés, et d'autant plus loin qu'ils sont plus fins. Ainsi, en 1812, les cendres du volcan de Saint-Vincent arrivèrent aux Barbades, éloignées de près de 16 milles allemands, et elles y changèrent le jour en nuit sombre. Lors d'une éruption du Cosiguina dans l'Amérique centrale, en 1855, les cendres se répandirent sur un espace dont le diamètre fut évalué au moins à 270 milles allemands. Le Vésuve et l'Etna ont donné lieu à des pluies de cendres aussi importantes, de même que beaucoup d'autres volcans.

De la même manière, des masses de poussières ou de sables d'origine sédimentaire sont soulevées à une hauteur considérable par les tourbillons (bandes de sable et de poussière dans les glaciers et les neiges éternelles), ou bien elles sont entraînées au loin ; le sable fin du Sahara arrive jusque dans les terres du sud de l'Europe (à Lyoaen 1846). Le sable des déserts est dans un mouvement continuel et, par exemple, l'Egypte n'est préservée d'un ensablement complet par le Sahara que grâce à la chaîne des monts de Lybie, tandis que de grandes régions comme le Tombuktu sont toujours couvertes de sable apporté par le vent. La stérilité du plateau de Karst est causée par ces tempêtes appelées « Bora » qui balayent le sol et enlèvent les parcelles de terrain cultivées et meubles qui, par l'imprévoyance humaine, ne sont plus protégées par des forêts. Le mistral produit les mêmes effets dans les montagnes de Provence. La formation de lœss, qui peut atteindre en Chine 500 mètres de puissance et qui recouvre de vastes surfaces, est attribuée à des tourbillons de poussière qui l'auraient apporté en grande partie de l'ouest de l'Asie. Les sables récents des côtes, quand ils ne sont pas soudés par un ciment, sont emportés de la mer à plusieurs milles de distance à l'intérieur des terres, où ils forment les dunes dont la progression peut ensevelir des villes et des villages et changer le cours des fleuves. Ainsi, par exemple, le Amudarja (Oxus), qui autrefois se jetait dans la mer Caspienne, a été détourné de son cours par les sables provenant des déserts situés au sud et rejeté dans la mer d'Aral.

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