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LA FLORIDE. 25T

celte rivière, des dépôts de sable cl de galets dans lesquels on rencontre des coquilles d'Unio, de Mélanics et de Paludines d'espèces vivant encore

Fig. 58. — Coupe da Niagara et de sa chute.

a, grès tendres d'Onéida et de Mcdina et Cliuton-Gruppe ; b, schistes du Niagara; e, calcaire dur

du Niagara.

aujourd'hui dans ces lacs et qui peuvent seulement avoir été apportées lorsque la chute d'eau se trouvait au lac Erié, avant que le plateau fût entamé par la gorge profonde qui le creuse aujourd'hui. D'après l'identité des fossiles avec les espèces vivantes, il faut nécessairement conclure que celte période de 50,600 ans et plus, vraisemblablement, nécessaire à rcntaillcment de cette partie du lit du Niagara qui nous occupe, appartient à l'époque actuelle.

La longueur de cet intervalle de temps permet de juger celle qu'a employée le fleuve Colorado (voy. p. 208) pour creuser son lit, long de 60,000 milles, et son système de fentes profondes de 2,000 mètres, entaillées en partie dans le plus dur granit.

On peut conclure de périodes d'aussi longue durée par les rapports ^ entre les constructions des coraux et le temps de leur croissance. Les madrépores qui élèvent des récifs se haussent de 2 cent, environ par an. mais les extrémités supérieures de leurs branches sont brisées par les vagues, réduites en poussière et employées à remplir les vides laissés entre les rameaux, pour former un banc compacte. Cela diminue donc leur accroissement et on peut estimer qu'il ne dépasse guère 1 centimètre par an. Il y a des îles de coraux de 600 à 700 mètres de haut qui, d'après les considérations qui précèdent, auraient exigé 70,000 ans pour leur construction. Les affaissements séculaires du fond des mers (voy. p. 173) ont rendu ce développement possible. Nous voyons maintenant que, par exemple, la Scandinavie se soulève d'un mètre par siècle : si nous calculons, d'après la même raison, les changements de niveau du sol de l'océan Pacifique, nous trouverons qu'un affaissement de 6 à 700 mètres a exigé environ 66,000 ans, — ce nombre concorde avec celui que nous avions conclu de l'accroissement des coraux.

Les récifs corallins qui entourent maihtenant la Floride fournissent encore une autre évaluation de la durée d'une période géologique. Une grande partie de la côte de celte presqu'île est circonscrite par 4 récifs concentriques formés par les coraux, construits les uns après l'achèvc-

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