THÉORIE DE LA DESCENDANCE
Mais la variété des actions qui ont déterminé l'état actuel de la surface de la ferre est bien plus grande que ne le ferait croire l'exemple donné. La terre à l'état igné se revêtit d'une a'oûfe de solidification sur laquelle se condensa l'eau jusque-là à l'état de vapeur dans l'atmosphère, et aussitôt commença sur le sol une action de destruction et de dissolution. C'est seulement après le soulèvement des continents que l'eau peut agir mécaniquement ; dans sa circulation elle creuse le sol, et, en retombant sous forme de pluie et en entraînant des détritus, elle détermine la formation de nouvelles couches de roches. L'uniformité de cette action des eaux était interrompue par les manifestations de la matière ignée de l'intérieur de la terre, sous forme à' éruptions ou de changements de niveau qui, nonseulement apportaient d'incessantes modifications aux contours des continents, mais* augmentaient aussi la quantité des roches. En même temps que la terre allait se refroidissant, la vie organique devenait possible et constituait bientôt un agent géologique des plus importants. Après la perte lente de sa chaleur propre, les vacations climatériques purent -se faire sentir par suite de l'inégale intensité des rayons solaires ; l'eau apparut alors à l'état solide et, sous forme de glace, put agir d'une manière nouvelle à la surface de notre planète. C'est ainsi que, les uns après les autres, s'ajoutèrent de nombreux agents et que la totalité de leurs actions devint de plus en plus grande à chaque période pour aboutir enfin à l'état actuel.
Mais la vie organique est en dépendance du milieu inorganique : elle est l'expression des forces sous l'influence desquelles elle se développe. Les modifications progressives des phénomènes telluriques se reflètent dans le changement des flores et des faunes qu'elles déterminent, et le caractère général des habitants de la terre varie considérablement au cours des âges, au même titre que notre planète elle-même. La grande variété à laquelle est arrivée la vie organique, primitivement simple, concurremment au développement du globe, se manifeste, d'une part, par l'augmentation en nombre des formes organiques, d'autre part, par le degré délévation qu'elles atteignent : l'une et l'autre sont le plus développées à l'ère actuelle.
§ 2. Théorie de la descendance. — Le fait SUr lequel UOUS VCUOns
d'insister du développement progressif de la vie organique sur la terre aux différentes périodes de son histoire, à mesure que se diversifiait la surface du globe, est dans la connexion la plus étroite avec les résultats auxquels aboutissent les sciences morphologiques et l'étude embryogénique des animaux et des plantes pris individuellement. L'unité organique de la création animée tout entière s'exprime dans la concordance de structure des organismes nombreux et variés, dans les phéno-