THÉORIE DE LA DESCEND.VNCE
mènes des métamorphoses, dans le fait que les stades successifs du développement de tout embryon rappellent l'état actuel des divers types inlerieurs à celui de cet embryon. Elle se montre d'ailleurs dans l'apparition successive et progressive de tous les types des organismes. Darwin n tenté de grouper tous les faits auxquels nous venons de faire allusion par sa tlu'orie delà descendance.
L'hypothèse darwinienne trouve ses fondements dans trois faits principaux : le premier est V hérédité par laquelle les caractères des ancêtres sont transmis aux descendants ; le second est la variabilité par laquelle ces caractères ancestraux |)euvent, par l'adaptation à des conditions différentes, seSnodilier dans d'étroites limites qui peuvent être avantageuses, indifférentes ou nuisibles; le troisième est la survivance dans la lutte pour Vexistence des individus le plus avantageusement doués qui, par suite, donnent naissance à un nombre d'individus d'autant plus grand qu'ils peuvent se maintenir longtemps avec ces avantages — toutes les plantes et tous les animaux sont dans cette lutte perpétuelle entre eux, aussi bien qu'avec les conditions extérieures. Les descendants de ces êtres plus avantagés, modifiés par hérédité dans le sens le plus favorable, le lïiieux «adaptés par conséquent, ont les plus grandes chances de soutenir avec succès cette lutte pour l'existence, de survivre aux autres individus et de se propager. La nature exerce ainsi une sélection parmi les individus diversement parUjgés et favorise aux dépens des autres la multiplication de ceux qui sont le mieux adaptés pour Texistence. De cette même façon les modifications avantageuses, d'abord peu marquées, s'accentuent par la succession des générations, jusqu'à ce qu'elles roduisent des différences tranchées avec le type primitif. Naturellement, l'utilité de chacune de ces modifications est relative aux conditions extérieures; l'adaptation ininterrompue des formes existantes à ces conditions extérieures a été appelée par Darwin la sélection naturelle. La durée de cette variabilité liée à la reproduction est illimitée : aussi après des milliers de générations, lorsque cette déviation à peine définissable à l'origine s'est augmentée peu à peu, la variété que l'on ne pouvait guère distinguer d'abord de son type est devenue une forme complètement différente. D'un autre côté, les individus qui présentent des particularités très-marquées ont le plus de chance pour survivre et se reproduire, tandis que les formes moyennes succombent et s'éteignent, et d'ailleurs les variations utiles dans une contrée, une situation, un voisinage déterminés, peuvent être nuisibles ailleurs : il se crée une divergence dans les caractères, par suite de laquelle les variétés d'une forme primitive marchent dans dès directions tout à fait différentes et peuvent, avec le temps, devenir tout à fait dissemblables. Cette loi de développement et de formation continue nous rend