TIIÉORIK DE LA DESCENDANCE
compte de la communauté d'origine de formes morphologiquement trèsdifférentes et même de la descendance d'une seule forme de tous les êtres organiques qui ont vécu ou vivent encoie sur la terre : poussée dans ses conséquences, elle mène à riiypothcse de la gcnéraliôn équivoque (spontanée), qui suppose la formation de la matière organisée aux dépens des corps inorganiques.
La géologie confirme d'une manière générale la théorie du perfectionnement naturel et du développement continu des habitants de la terre ; elle montre en tout et partout la progression ininterrompue de l'ensemble des organismes, du degré le plus simple et le plus inférieur jusqu'aux points les plus élevés et les plus compliqués de la vie, quoique notre science ne soit pas en état de montrer pour ces âges reculés les innombrables formes de passage et les traits d'union entre les plantes et les animaux. Cela est dû à ce que les organismes à productions solides et les seuls habitants de la terre ferme, dont les restes ont été pris accidentellement par l'eau et recouverts de vase, ont pu laisser des traces de leur existence. En outre, certains sédiments seulement jouissent delà facultéde pétrification, d'autres (par exemple, les grès grossiers et les conglomérats) en sont presque absolument privés. Nous ne pouvons donc avoir connaissance que d'une partie extrêmement restreinte et très-incomplète des animaux et des plantes de périodes anciennes et, pour parler avec Lyell et Darwin, nous avons à notre disposition une histoire de la terre, écrite en un dialecte qui a progressivement varié, dont nous possédons seulement le dernier volume relatif à quelques parties isolées du globe, et encore ne nous est-il connu que par quelques chapitres dont peu de lignes seulement par pages ont été conservées. Chaque mot de cette langue aux lentes variations, plus ou moins modifiée dans les paragraphes successifs, correspond aux formes vivantes, qui paraissent changer brusquement, puisqu'elles reposent immédiatement les unes sur les autres, mais qui, en réalité, sont enfouies dans des formations largement distantes les unes des autres par le temps." Les innombrables lacunes que montre la série des êtres organisés depuis les formations les plus anciennes jusqu'à l'ère actuelle ont une seconde cause aussi de haute valeur, que nous avons déjà étudiée aux pages 164 et suivantes, les changements de niveau qui affectent continuellement la surlace du globe. Un grand nombre de faits géologiques dont il sera parlé en temps opportun démontrent ces oscillations souvent répétées. Or, nous savons que les habitants des mers sont liés à certains niveaux ou à certaines zones par leur dépendance de certaines conditions de milieu, et il en était de même autrefois. Chaque changement de niveau a affecté des aires souvent limitées, mais quelquefois étendues, qui se sont élevées ou affaissées, d'oîi modifications correspondantes dans