RÉGULARITÉ DES RELIEFS DE LA TERRE
Elles ont souvent leurs crêtes très-découpées. Leurs pentes stériles se précipitent parfois en parois perpendiculaires, leure vallées sont couvertes de débris de rochers; leurs cours d'eau forment des torrents désordonnés et des cataractes élevées ; leurs vallées supérieures contiennent des champs de neiges desquels partent les glaciers qui remplissent les vallées et ravins voisins. Leurs sommités présentent des pointes très-aiguës ou mousses, ou bien sont larges, campaniformes (par ex. : Oetzthal, Alpes de la vallée du Ziller, du Stubay; le Tatra, l'Himalaya).
La division des montagnes que nous venons de donner repose sur leur hauteur absolue. Si l'on fait abstraction de ce caractère pour considérer seulement les rapports de leur longueur à leur largeur, on doit opposer les massifs aux chaînes de montagnes. Dans les premiers, la largeur n'excède pas ou excède peu la longueur. Dans les chaînes de montagnes, au contraire, c'est la longueur qui domine. Naturellement, ces deux genres passent l'un à l'autre. Comme exemples typiques de massifs montagneux, il faut citer celui du Vogelsberg dans la Hesse, le Fichtelgebirge, les Alpes de Souabe, le Jura franconien, le Harz, l'Altaï; comme exemples de chaînes de montagnes, le Thuringerwald, l'Oural, le Jura, les Alleghanies et les Cordillères.
Les vallées sont des entailles qui déterminent le partage des montagnes et le sillonnement des plateaux. Elles commencent souvent comme des fentes, s'élargissent ensuite et augmentent d'autant plus en largeur et en longueur qu'elles se rapprochent de l'horizontale. Si elles courent presque à angle droit d'une chaîne de montagnes, on les appelle vallées transversales. Les points profonds des crêtes, de montagnes où se trouve le point de départ de deux vallées qui s'étendent de chaque côté de la montagne reçoivent le nom de passes. Les vallées longitudinales sont parallèles à la direction générale de la chaîne, elles sont caractérisées d'ordinaire par leur direction en ligne droite et leur faible pente.
§ 11, Rég^nlarité des reliefs de la terre. — Une Certaine régularité
se fait remarquer dans le relief de la terre comme dans le contour des continents. Il suffit, pour s'en convaincre, de voir les bords de la terre ferme s'élever en montagnes côtières dont la hauteur est en rapports déterminés avec l'étendue de l'océan limitant. D'un côté, la situation et l'extension des montagnes sont déterminées par la direction des rivages auxquels elles appartiennent, de même que leur hauteur l'est par l'étendue des mers voisines, étant donnée, d'un autre côté, la forme générale nécessairement en bassin que présente l'intérieur des continents.
Les rapports de dépendance entre le développement d'une montagne, la forme du continent et l'étendue de la mer se montrent dans les deux Amériques. Chacun de ces deux continents possède à l'est et à l'ouest des
FOiND DE LA MER. M
montagnes côtières qui ont la même direction nord-est et nord-ouest que les côtes. Les montagnes situées du cùté ouest sont plus élevées, comme correspondant au grand océan. Au système des monts AUegliany correspondent, dans l'Amérique du Sud, les chaînes de montagnes brésiliennes, les Andes, la Sierra-Nevada et les Montagnes-Rocheuses ; les montagnes atlantiques ont de 800 à 2.000 mètres, les montagnes du côté du Pacifique ont 7.000 mètres de hauteur. Entre ces deux chahies s'étend le continent américain, en prairies horizontales et bassins peu profonds.
l.e sud de l'Afrique, autant que nous le cannaissons, est aussi un haut plateau, limité du côté de la mer par des montagnes élevées.
L'Australie, enfin, peut être comparée à un haut plateau relevé sur tous ses bords, à pic vers la mer, mais creusé à l'intérieur. Les rapports orographiques du continent asialico-européen sont embrouillés et se laissent difficilement rapporter à ce que l'on observe ailleurs. Une particularité de toutes ces montagnes est que leur côté tourné vers la mer est plus abrupt que leur pente continentale qui s'adoucit pour former des plateaux élevés en partie montagneux.
Il résulte de cette dépendance générale des montagnes, quant à leur situation et leur direction par rapport à la proximité, et à la direction des côtes, — de leur altitude, en relation avec l'étendue de la mer limitante, — de la rapidité de leurs pentes, selon qu'elles regardent l'océan ou le continent, que les montagnes sont moins âgées que les continents.
§ 12. Le fond de la mer. Les limites propres du bassin océanique ne concordent pas toujours avec les lignes des côtes continentales. Souvent ces dernières se continuent en des pentes adoucies qui sont leurs prolongements sous-marins et auxquelles appartiennent les îles côtières, et c'est, à plusieurs milles au large seulement, que le fond de la mer tombe subitement à 3.000 mètres et plus. C'est là que commence vraiment le bassin de la mer. Ainsi, par exemple, la côte est de l'Amérique du Nord, le New-Jersey principalement, s'étend sous la mer pendant environ 16 milles ne plongeant sur cette longueur que de 200 mètres, soit 1 mètre sur 610. C'est seulement à partir de ce point que la profondeur de la mer augmente brusquement.
Le relief du fond de la mer et ses différences de niveau sont encore peu connus, comparativement à ce que l'on sait du relief de la terre. On a seulement mesuré quelques points ou quelques lignes isolées. La partie nord de l'Atlantique a été très-bien étudiée sous ce rapport lors de la pose du câble. On a trouvé entre l'Irlande et Terre-Neuve une profondeur variant entre 2.000 et 5.000 mètres, qui dans la direction des îles Bermudes s'accroît jusqu'à 8.000 mètres. D'après les sondages du Challenger^ la profondeur de l'Atlantique au sud serait d'environ 4.000 mètres,
CREDNER, GÉOLOGIB. ^