‹ Traité de géologie et de paléontologieChapitre 81 sur 278 · VOLCANS SOUS-MARINS · texte numérisé non relu

VOLCANS SOUS-MARINS

8 7. Volcans souM-niarins et iles volcanique»». — On pCUt s'attendre

à rencontrer des éruptions volcaniques aussi bien au fond des mers que sur la partie exondée du globe. Ces éruptions forment naturellement des cônes, mais la plupart ne peuvent atteindre la surface de la mer, tandis que d'autres s'élèvent de beaucoup au-dessus (Vulcano, une des îles Lipari, 419 mètres, le Kosina entre Nipon et Jeso, 252 ^mètres), et que d'autres encore n'élèvent au-dessus du niveau de la mer que les bords de leur cratère. Dans ce dernier cas ils forment des îles volcaniques en anneaux fermés, d'ordinaire entamés en un point. Ces îles entourent un bassin circulaire ou elliptique dans le milieu duquel il n'est pas rare de voir de petites îles isolées qui représentent des cratères d'éruption plus récents. Cependant, pour la plupart, ces îles-cratères circulaires ne sont rien que les ruines d'îles volcaniques autrefois beaucoup plus élevées. On

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Fig. 50. — Ile volcanique de Santorin, dans l'arciiipel grec, en 1866.

Thera, Therasia, Aspro-nisi représenleni le bord déchiré d'un cratère ruiné et sont formés, à l'eTception du mont Élie, de tufs et de laves. Celui-ci est formé de schistes crislallias et de calcaires. Au centre de ce mur circulaire s'élèvent les îles Kaimeni, comme sommets de cônes éniptifs plus récents qui doivtnt leur origine i l'épanchement de laves très-visqueuses.

conçoit que si la démolition d'un cratère se fait, à l'intérieur d'une île volcanique, de la manière que nous avons décrite au § 5, la mer

GROUPEMENT DES VOiaNS. 151

en rompt le bord et forme une baie profonde, circulaire à l'intérieur de l'ancien cratère. Comme exemple d'île en anneau, il faut citer l'île Saint-Paul et l'île de Déception. Si maintenant l'activité volcanique se réveille dans le cratère submergé, elle détermine la formation de cônes dont les sommets correspondent aux petites îles volcaniques qui émergent au milieu de l'ancien cratère (fig. 29). C'est le cas de Santorin (fig. 30). De semblables îles-cratères sont assez fréquentes ; cependant, par suite de la grande desti'uctibilité de leurs éléments détachés, elles ne peuvent souvent résister à l'action destructive des vagues et disparaissent après une courte existence. Elles n'ont de durée que celle qu'elles reçoivent des masses solides délave. Santorin, dans l'archipel grec, l'île de la Déception (Galles du Sud), l'île d'Amsterdam sont des exemples caractérisés de ces îles-cratères. En 1831, dans la Méditerranée, entre la Sicile et ■ Pantellaria, on vit se former une île volcanique qui reçut le nom de Ferdinanda : par une éruption continue, elle s'éleva à une hauteur de 72 mètres, mais elle disparut au bout de six mois.

g 8. liiaision des volcans dans l'espace. Séries et g^roupes de volcans.

— Les volcans se montrent isolés ou réunis en grand nombre. Leur groupement semble montrer une certaine régularité ; ils peuvent être disposés en séries ou rapprochés en groupes. On distingue donc d'après les rapports qu'ils ont entre eux dans l'espace les volcans en séries et les volcans en groupes.

Les séries comprennent un grand nombre de volcans disposés en ligne l'un après l'autre. Ces volcans s'élèvent comme des îles volcaniques audessus de la mer (Kouriles, Aléoutiennes, Antilles), ou bien on les rencontre sur le faîte de montagnes ou de plateaux dont ils forment les sommets (séries volcaniques de Quito, de Bolivie, du Mexique). Le nombre des volcans qui forment une série est très-variable : la série du Chili en compte 33; celle du Kamschatka 38; celle des Aléoutiennes 48. Il y a tout aussi peu de régularité dans l'étendue qui sépare les membres isolés d'une série. En certains cas les cônes sont si rapprochés qu'ils se touchent par leur base ; dans d'autres cas leur distance moyenne est de 6 milles (série du Chili); dans d'autres encore elle est de 12 milles (série du Mexique). La longueur des séries volcaniques oscille aussi dans de larges limites. La série du Chili s'étend sur 240 milles, celle du Pérou sur 105, celle des Aléoutiennes sur 1 70. Si l'on considère les volcans de la côte occidentale de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud comme formant une seule série, son extension atteindrait 1000 milles. La ligne sur laquelle les volcans sont disposés est droite ou un peu courbée. La série volcanique du Chili, déjà plusieurs fois citée, est presque tout à fait droite malgré sa grande longueur ; il en est de même de celle du

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