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CONDITIONS D'ÉRUPTIONS

canal du volcan est bouché par de la lave refroidie, à la suite d'un long repos (éruptions du Vésuve — 79 J. C. et en 1621). Alors la vapeur et les laves doivent se frayer un nouveau passage; dans leur trajet vers la surface, elles rencontrent des points occupés par les eaux qui y circulent dans des veines et des cavités nombreuses, remplissent tous les pores des roches, forment de grands amas dans des fentes ou dans des cavités souterraines et sont en communication . avec les mers voisines. Par son contact avec la masse à l'état igné, l'eau se transforme brusquement en vapeur, détermine explosions sur explosions, réduit la lave en atomes, s'échappe en sifflant du cratère ou de fentes nouvellement ouvertes , et lance en l'air des nuages de cendres et de poussières volcaniques. Aux environs, la terre tremble et le bruit du tonnerre gronde dans les régions souterraines. Enfin, la résistance de l'eau est surmontée , elle s'échappe sous forme de vapeur, mettant à sec toute la contrée voisine ; une fente s'ouvre sur le côté du volcan, la lave s'en échappe et se précipite sur les pentes de la montagne, ayant quelquefois la rapidité d'un ouragan.

On doit donc considérer la puissance de la vapeur d'eau comme déterminante dans ces manifestations de l'activité des volcans stratifiés, et la gravité des phénomènes éruptifs d'un volcan doit être attribuée à la quantité de vapeur d'eau mise en jeu.

Des tremblements de terre d'abord faibles, mais qui deviennent toujours violents; des roulements de tonnerre sourds, d'origine souterraine; le dessèchement des sources et des puits voisins ; la fonte des neiges qui recouvrent le sommet de certains volcans, sont les précurseurs d'une éruption. Les tremblements de terre deviennent des secousses puissantes, le roulement de tonnerre se change en mugissements formidables, le sol se crevasse, des fragments des parois du canal d'éruption et de la lave incandescente sont lancés aux alentours (boues, lapilli). Avec la rapidité de l'éclair, s'élève vers le ciel une colonne de fumée noire qui s'étale à, la partie supérieure et qui, dans l'obscurité de la nuit, reflète l'incandescence de la lave de manière à offrir l'apparence d'une colonne de feu. Cette espèce de pignon qui termine la colonne de fumée est formé de gaz, de vapeur d'eau et de fines particules volcaniques. Vue à distance, elle semble composée d'innombrables nuages arrondis, très-blancs, qui s'élèvent du cratère, accompagnant ses explosions continues. Cette colonne blanche de vapeurs est accompagnée de cendres, de scories, de fragments de roches et de bombes dont on voit les plus volumineux et les plus lourds retomber sur les pentes du cône après avoir décrit une courbe parabolique. La hauteur à laquelle s'élèvent ces projections de matières solides atteint souvent plusieurs milliers de pieds ; mais la colonne de vapeur s'élève encore plus haut, et il n'est pas rare de voir des

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éclairs brillants s'échapper de cette niasse de vapeurs et de cendres ( fig. 31 ) . Dans ces explosions violentes de gaz et de vapeurs qui se succèdent avec une rapidité extrême, traversant la masse de laves en fusion, on voit celleci divisée et projetée en gouttelettes exlraordinairement nombreuses, qui

Fig. 51. — Éruption du Vésuve en 1822.

se solidifient et forment les cendres et les sables volcaniques. C'est ce qui détermine et la richesse de ces débris en substance vitreuse indépendante enfermée dans les cristaux ou les enveloppant, et le nombre infini des pores qui les traversent.

Mais ces phénomènes montrent en même temps que ces cristaux ont été rejetés du cratère tout à fait formés, de sorte que la masse lavique qui a subi la pulvérisation représente un magma au sein duquel la ségrégation des cristaux avait déjà commencé. Par une succession ininterrompue d'explosions, les cendres et les poussières s'élèvent en une colonne perpendiculaire de 2 à 3000 mètres de haut, étalée d'ordinaire au sommet en une couche de nuages étendue, que les vents peuvent chasser à une distance considérable et qui retombe au loin en pluie de cendres. En l'an 512, les cendres lancées du Vésuve allèrent jusqu'à Constantinople et Tripoli ; les cendres de l'Etna sont soavent portées jusqu'en Afrique. Lors de

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