‹ Traité de géométrie descriptive. 3. ed., rev. et augm. de la théorie de l'intersection de deux polyèdresChapitre 5 sur 107 · AVANT-PROPOS DE LA SECONDE ÉDITION. VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DE LA SECONDE ÉDITION. VII

relie et de l'étudier sur son plan et ses élévations. Si on le fait tourner dans l'espace, si on le projette sur des plans dont aucun ne soit horizontal, l'esprit a quelque peine à se le figuier, et les tracés, quoique aussi simples sous le rapport géométrique, deviennent moins faciles à saisir ('). »

Je suis convaincu que quiconque aura essayé de résoudre des problèmes de Stéréotomie en changeant les plans de projection reconnaîtra la justesse de ces considérations. Du reste, c'est aux défenseurs de la méthode de montrer qu'elle se prête facilement aux apjjlications; ils doivent préparer pour les différents arts graphiques des Traités qui puissent remplacer ceux qui sont généralement adoptes. Jusqu'à ce que ce travail soit fait, je crois que tout professeur sérieusement préoccupé de la pratique restera attaché aux anciens procédés.

J'ai parlé de la méthode du changement des plans de projection comme si elle était nouvelle, mais en réalité elle date du xvii^ siècle. Je n'accuse pas M. Olivier de plagiat; je suis parfaitement convaincu qu'il ignorait cette circonstance, et je reconnais qu'il a donné à la méthode des développements considérables; mais Abraham Bosse a publié, en 1643, un Ouvrage où, d'après Desargues, il donne des tracés pour l'appareil des voûtes simples en changeant les plans de projection (").

Ce Livre, qui d'ailleurs est assez obscur, n'a pas été bien accueilli par les praticiens, qui ont repoussé la mcmière de Desargues. Plus tard Frézier a exposé la méthode avec clarté dans son Traité de Stcréotomic, mais elle n'a pas été mieux accueillie ('). Enfin Monge n'en a donné

(') Ce passage est extrait textuellement de mon Discours sur l'Jrt du Trait. Remplaçant M. Olivier au Conservatoire des Arts et Métiers, je devais dire pour quels motifs je n'adoptais pas sa méthode.

(2) Pratique du Trait à preuves de M. Desargues.

( ' ) La phrase suivante de Frézier fait connaître comment cet auteur apprécie la méthode de Desargues ; 0 C'est proprement dans ces sortes de traits et les suivants que la méthode de Desargues est intrinsèquement différente de l'ordinaire des auteurs de la coupe des pierres; mais, bien loin do la trouver ridicule comme eux, je lui donnerais la préférence sur toute autre, si elle présentait un pou plus distinctement à l'idée les avances et les reculements des surfaces des panneaux, dont les figures sont un peu difficiles à trouver et à reconnaître dans leur place; c'est la seule raison qui m'a empêché de la suivre. »

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