‹ Traité de géométrie descriptive. 3. ed., rev. et augm. de la théorie de l'intersection de deux polyèdresChapitre 7 sur 107 · WANT-PROPOS DE LA SECONDE ÉDITION. IX · texte numérisé non relu

WANT-PROPOS DE LA SECONDE ÉDITION. IX

crois qu'il y a ime certaine décadence relative; ainsi, en examinant un grand noml)re d'édifices dans différentes parties de la France, je suis arrivé à conclure que le nombre des bons appareilleurs est maintenant moins grand, eu égard k la quantité considérable de travaux de maçonnerie que l'on exécute, que dans le xvii'' et le xviif siècle.

Des observations analogues peuvent être faites sur plusieurs autres arts graphiques. L'œuvre de Monge devait amener des résultats très différents et étendre beaucoup la connaissance du trait, mais ces conséquences n'ont pas été telles qu'on devait l'espérer. Cela tient à plusieurs causes : quelques-uns des savants qui ont écrit sur la Géométrie descriptive se sont moins occupés des questions utiles dans les applications que de celles qui se rattachent à des théories intéressantes; ensuite les arts graphiques sont tombés dans un grand discrédit. La Stéréotomie, la Perspective, la Gnomonique étaient considérées autrefois comme des arts sérieux et qui doivent être étudiés avec soin. Depuis que Monge a montré que leurs tracés peuvent être ramenés à im petit nombre d'opérations élémentaires (et tous les arts peuvent être soumis à une semblable analyse), on en a conclu que leurs difficultés étaient nulles, et que quelques études de Géométrie descriptive suffisaient pour familiariser avec leurs méthodes ( ' ).

Rien ne montre mieux à quel point le trait est peu connu maintenant que la manière dont l'Ouvrage de M. Olivier a été accueilli. Je crois que, s'il avait paru dans le siècle dernier, on aurait signalé immédiatement la réapparition de la manière de Desargues et que l'on aurait rappelé son peu de succès et son abandon définitif.

Je présente ces considérations, bien moins comme luie critique

(') Après avoir exposé sur la Perspective quelques considéralions des plus élémentaires, Brisson ajoute : « Ces diverses observations suffisent pour mettre les personnes qui sont au courant des mélliodcs de la Géométrie descriptive en état d'abréger dans un grand nombre de cas et de simplifier beaucoup les opérations qu'exige la pratique do la perspective linéaire. »

Je clioisis ce passage entre bien d'autres, parce qu'il est dans les Leçons annexées à la Géométrie (Icscripli^'o do Monge.

X A\ VNT-PROPOS I)K L\. SlîCONOK liDJTIUN.

générale, que pour montrer dans (juel esprit j'ai écrit cet Ouvrage. Je dois ajouter que la nécessité de me conformer aux Programmes adoptés et aux habitudes de l'enseignement m'a quelquefois un peu éloigné de la marche que j'aurais désiré suivre. Cette observation concerne à peu près exclusivement les deux premiers Livres.

Après le Traité de Monge, les Ouvrages que j'ai le plus consultés sont ceux de MM. Hachette, Leroy, Vallée, Babinet et Lefébure de Fourcy. Je dois aussi mentionner le Mémoire de M. Noizet sur les Projections cotées {Mémorial du Génie, VP vol., iSaS), et celui de M. William Farish sur la Perspective isométrique [Transactions de la Société PhilosopJnque de Cambridge, I" vol. , 1 820).

J'ai présenté avec quelque soin la résolution de l'angle trièdre, parce que cette f[uestion a de l'importance en Stéréotomie.

Il suffit de connaître la Géométrie élémentaire pour pouvoir comprendre ce Traité. Je m'appuie, il est vrai, sur quelques théorèmes relatifs aux courbes et aux surfaces du second degré, mais ils sont en petit nombre, et je les ai indiqués de manière qu'ils puissent être acceptés, comme postulata, par les lecteurs qui ne les connaissent pas.

Les théories de M. Poncelet sur les sécantes idéales et les ligures homologiques, et celles de M. Chasles sur les fonctions anharmoniques éclairent plusieurs questions de (xéométrie descriptive et peuvent fournir des solutions graphiques; mais je n'aurais pu m'appuyer sur elles sans en avoir exposé d'abord les principaux théorèmes, ce qui m'eût entraîné assez loin. J'ai seulement indiqué dans des notes (|U('hjues passages du Traité /les Propriétés projectiles de M. Poueelet, qui se rattachent directement au sujet.

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