AVANT-PROPOS. IX
et étendre beaucoup la connaissance du Trait, mais ses conséquences n'ont pas été ce que l'on devait espérer. Cela tient à plusieurs causes : quelquesuns des savants qui ont écrit sur la Géométrie descriptive se sont moins occupés des questions utiles dans les applications que de celles qui se rattachent à des théories intéressantes ; ensuite les arts graphiques sont tombés dans un grand discrédit. La Stéréotomie, la Perspective, la Gnomonique étaient considérées autrefois comme des arts sérieux et qui doivent être étudiés avec soin. Depuis que Monge a montré que leurs tracés peuvent être ramenés à un petit nombre d'opérations élémentaires (et tous les arts peuvent être soumis à une semblable analyse), on en a conclu que leurs difficultés étaient nulles, et que quelques études de Géométrie descriptive suffisaient pour familiariser avec leurs méthodes (i).
Rien ne montre mieux a quel point le Trait est peu connu maintenant, (pie la manière dont l'ouvrage de M. Olivier a été accueilli. Je crois que s'il avait paru dans le siècle dernier, on aurait signalé immédiatement la réapparition de la manière de Desargues, et que l'on aurait rappelé son peu de succès et son abandon définitif.
Je présente ces considérations, bien moins comme une critique générale, que pour montrer dans quel esprit j'ai écrit cet ouvrage. Je dois ajouter que la nécessité de me conformer aux Programmes adoptés et aux habitudes de l'enseignement m'a quelquefois un peu éloigné de la marche que j'aurais désiré suivre. Cette observation concerne à peu près exclusivement les deux premiers Livres.
Après le Traité de Monge, les ouvrages que j'ai le plus consultés sont ceux de mes prédécesseurs à l'Ecole Polytechnique, MM. Hachette et Leroy, et ceux deMM. Vallée, Babinet et Lefébure de Fourcy. Je dois aussi mentionner le Mémoire de M. Noizet sur les Projections cotées (Mémorial du Génie, Vp vol., i8a3), et celui de M. William Farish sur la Perspective isométrique ( Transactions de la Société Phibsophùjue de Cambridge, I er vol . , 1 8 ao) .
(i) Après avoir expose sur la Perspective quelcpjcs considérations des plut élémentaires, Brisson ajoute : . Ces diverses observations suffisent, pour mettre les personnes qui sont au courant des méthodes de la Géométrie descriptive, en état d'abréger dans un grand nombre de cas et de simplifier beaucoup les opérations qu'exige la pratique de la perspective linéaire. »
Je choisis ce passage entre bien d'antres, parce qu'il est dans les Leçons annexées à la Géométrie detrriptive de Monge.