NOTIONS HISTORIQUES. XXXIX
Le nouveau Calcul s'appliqua avec une si grande facilité à la Géométrie des mesures et à l'élude des phénomènes naturels, qu'il devint presque exclusivement l'objet des travaux des plus illustres géomètres. Toutefois la chaîne ne fut pas entièrement rompue. Newton lui-même, donnant l'exemple, prouva, dans ses admirables Principes da la Philosophie naturelle, que la Géométrie pure se prête aux recherches de l'ordre le plus élevé. Cotes (1682-1716) et Maclaurin (1698- 1746) étudièrent les propriétés générales des courbes géométriques. Il faut encore citer l'astronome Halley (1656-17/42) pour ses belles traductions d'Apollonius et de Ménélaûs; Simson (1687 1768), pour ses écrits sur les coniques, sa restititution de la section déterminée d'Apollonius et sa remarquable tenlalive de divination des Porismes; Slewart (1717- 1785), pour ses Théorèmes généraux; Lambert (1728-1777), pour son Traité géométrique des Comètes: enfin Euler (1707 1788), pour ses Théorèmes si élégants et si généraux sur la courbure des surfaces et sur la relation entre les nombres de sommets, d'arêtes et de faces d'un polyèdre. Mais, en dépit de ces louables efforts, aucune doctrine nouvelle ne surgit jusqu'au xix* siècle, et cette période se distingue surtout par les belles applications que l'on fit de la Géométrie à l'étude des phénomènes naturels.
Au commencement du xix« siècle, la création de la Géométrie descriptive marqua une ère nouvelle dans l'histoire de la Géométrie. Considérée comme simple doctrine géométrique, indépendamment de son utilité pratique, la Géométrie de Monge fut d'un immense secours dans l'étude des propriétés de rétendue. En familiarisant l'esprit avec la forme des corps, elle développa notre puissance de conception, éclaira la Géométrie analytique dont elle apprit à interpréter les résultats avec une grande facilité, et permit de raisonner, dans les cas