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Chapitre HL

Des pronoms.

174. Les pronoms )*&*, wa^*», sont démonstratifs \li>y*>ï ou personnels ViV)oln; ceux-ci se distinguent en pronoms isolés Wf* et en pronoms suffixes yS*m.

Les pronoms personnels diffèrent peu, en syriaque, de ceux des autres langues sémitiques.

A la forme ana de la première personne singulière, qui se trouve en araméen, en arabe et en éthiopien, correspond p|,

1. M. Merx, Or. *yr.y p. 179 voit dans \sfi<n ^io^ci une contraction

du pronom \<* avec V° t^°^; il a sans doute raison, car les adverbes de lieu et les pronoms démonstratifs permutent facilement, comp. palest. JHK celui-ci (de JfiKfl) et ar. UJblA ici. Mais on ne doit pas comparer 8DT\T des targoums, où le lamed marque le mouvement, hhc. On trouve encore un ri» dans "HH talm., ^K targ., T^K Dan., pour 8.1 voici; dans ces mots il vient également d'un noun, comp. l'hébreu Jrt H^H ; la forme !b)< dans Daniel vient par permutation de 1*1K qui se trouve dans le même chapitre et est pins usuel. Ewald a expliqué par une permutation du lamed pronominal le ria de "1ÙK en hébreu, sans doute avec plus de raison que ceux qui voient dans ce mot une nota relationia et le comparent avec l'arabe J>V, des tournures comme Gen. 44, 1 et 1 Sam. 30, 27. 31, montrent qu'on a afiaire à un vrai pronom.

dont Paleph est quiescent quand il traduit le verbe substantif je suis: pi ^4f±je suis nu, p) p]je le suis. La forme hébraïque ani apparaît dans les suffixes s*J <-*. Le pluriel de cette personne est caractérisé par le beth; la forme ancienne <J-*J| (sam. pTUK, targ. WWK MIU, hébr. «flj$, ^ ', -J^l) est devenue rare;

la forme ordinaire est ^-i*, dont le ljeth devient quiescent (talm. et sam. pK) dans le sens du verbe substantif nous sommes, ^-i* ^ÉéNfc^ nous sommes nus, ainsi que dans les désinences des verbes, au prétérit et dans les suffixes, <jNfr-o ou r^4-o nous avons tué, ^S^d il nous a tués.

Dans le pronom de la deuxième personne, le noun qui suit aleph est toujours quiescent, ainsi que le youdh final qui distinguait autrefois le féminin singulier du masculin : «*£J) u) toi, ^oàJf t~»&J| vous. Au taw, caractéristique du pronom isolé, correspond kaph dans les suffixes, § 173, 5° et 6°.

Le hé du pronom de la troisième personne, o<n **<* ^oJoi t~*J<*, n'est pas prononcé lorsque celui-ci fait office de verbe substantif, v. § 308 ; au singulier il est marqué de la linea oceultans o<n ^«n* et sa voyelle est prononcée avec la dernière lettre du mot qui précède ou confondue avec elle, si c'est une voyelle, v. § 109 ; au pluriel le hé se change en aleph ^oJ| ^1 ; cette forme remplace également le suffixe du çluriel, inusité avec les verbes en syriaque, § 220. La forme ^o<n ^a» que Ton s'attendrait à trouver comme pluriel de o<n <-»<* (comp. GÏJ |i}

<** ^yb) n'existe plus que comme suffixe des noms ^oqt^SV) — *qinSV) leur roi (à eux, à elles), le pronom isolé s'est fortifié par redoublement; %oJ« ^<n, jud. aram. |13fl pfl, est en effet contracté de ^o«Jooi ^tcn-Lx»2.

175. Les pronoms démonstratif s sont ^oipoi celui-ci, 1?<* celle-ci, se rapportant à un objet proche, ©« celui-là, «*<n celle-là, se rap-

1. La voyelle à la fin du pronom, en hébreu et en arabe, est un signe du pluriel, comp. ^XJ\ (%jb.

2. Il serait séduisant de voir dans ces formes une particule démonstrative Jfi H3H avec les suffixes, comp. D|fi 133H, mais cette particule n'existe pas en araméen. Du reste J1ÛH dans Daniel est formé de la même manière et là le mim vient du pronom hébreu = |1fl DH, par mélange de r araméen et de Thébreu. Contra Nœldeke, Mand. Qramnu, p. 86, note 3.

portant à un objet éloigné ; ils s'emploient également comme adjectifs démonstratifs )i£>\ p<n ce temps-ci, \rn\ 0<* ce£ homme-là.

Le premier est formé de la particule indicative |«, § 173, 1° et d'un ancien pronom dân, d'nâ, fém. dâ, (jud. aram. f% p*|j!l fém. K*^ K^îl) qui n'existe pas sous cette forme en syriaque, mais qui se trouve dans les autres langues (fty M TfHï), corap. §§ 87, 109, 110 g, 173, 3°. Tandis que la dentale ?, primitivement aspirée, est la caractéristique de ce pronom au singulier, le pluriel a le lâmadh ,-^Lîi (^J\ H^8 talm. *h$ hùrJ'P) 5 la même particule |« est visible dans ce pluriel qui rappelle l'arabe y^U. On trouve aussi, mais rarement, une forme ^o3<ji ou, peutêtre plus archaïque, *û^<n; ar- ^.^»

Dans le deuxième pronom, om **<*, la particule |<n se contracte avec le pronom personnel o<n **oi; de même le pluriel

^oJoi ^*J<n est contracté de ^aJoi )<n ^-jUoi ]<n.

176. Le pronom interrogatif ]i^ f. |^»j gui? gueZ? est formé de la particule interrogative %*|, § 173, 2°, et du même pronom d!nâ, dâ, dont nous venons de parler sous le paragraphe précédent.

Le pluriel a le lâmadh pronominal, ^*S»f par contraction de ai et ellen, comme ^àLn est contracté de hâ et eltèn.

11 est employé aussi comme adjectif interrogatif, )i£\ U4 quel homme?

t^o qui? est l'interrogatif indéfini ; il n'est pas pris adjectivement et ne se dit que des individus. Pour les choses, le pronom est V^ ou, contracté avec le pronom inusité dân, d'nâ, § 173, 3°, ,-i iLo quoi? qu'est-ce que? ; on disait aussi ^aio pour ^io, par coloration de â en ou, § 85.

177. Le relatif ? exprime les rapports qui existent entre les mots; il suit un nom ou un pronom et compose des pronoms relatifs, non seulement avec les pronoms démonstratifs, mais aussi avec les interrogatifs : ?p<n celui qui, ?o<n celui-là qui, ?li4 celui qui, ?,J>o quiconque qui, ?V^? ?^° ce qui.

178. Au moyen du relatif et du lâmadh du datif suivi du pronom suffixe, se forment le pronom et l'adjectif possessifs, le mien, le tien, le sien, mon, ton, son :

*k^*»? pour la Ie pers. com.; ^i*»? Ie pers. plur.

^L-»? » » 2e » masc. sing., ^nnSi^ 2e > masc. plur.

vé^Né? » » 2e » fém. » ^ inSi? 2e » fém. >

<nJ^}

3e » masc. » ^ooi^*»? 3e » masc.

» 3e » fém. » ^«^3e » fém. > On remarquera que dans ce nom le youdh de l'ancien relatif *!l s'est maintenu, c'est le seul cas où on le retrouve en syriaque K Nous renvoyons au chapitre III de la syntaxe, au sujet de Temploi de ce pronom et des pronoms réfléchis. Il sera également traité dans cette partie-lk de l'usage des autres pronoms, v. chap. I à V.

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