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Chapitre IV

Des temps et des personnes dans les verbes.

179. Le syriaque a les trois temps principaux, communs aux langues sémitiques : le parfait, l'imparfait et l'impératif; il forme, en outre, un présent au moyen du participe actif et des pronoms personnels qui se contractent souvent en un seul mot, § 183.

Les personnes se distinguent au parfait par des suffixes et k l'imparfait par des préfixes ; l'impératif n'a que la seconde personne.

180. Au parfait, le radical nu *£>ko sert pour la troisième personne du singulier masculin ; celle du féminin a la terminaison at qui ne s'est pas émoussée en à comme dans les noms. Les autres personnes du singulier sont formées au moyen du taw démonstratif dont nous avons parlé, § 173, 4°, suivi de différentes voyelles, selon qu'il s'agit de la seconde personne du masculin, de la seconde personne du féminin ou de la première com.2; mais en syriaque, ces voyelles finales sont tom-

1. Dans les dialectes judéo-araméens on se sert également de ^'l ^T^. etc., répondant au néo-hébraïque ^ttf l^î on emploie encore une autre forme **V1 YT^» composée du relatif et de T côté, part.

2. L'arabe et l'éthiopien ont conservé intacte la gamme des voyelles a pour la deuxième masc, i pour la deuxième fém. et ou pour la première com. En hébreu ou a passé en t, suivant une permutation fréquente, et la voyelle i de la deuxième personne fém. s'est décomposée en simple S'wâ, à quelques exceptions près.

bées, § 97, sans compensation pour la deuxième personne, où Técriture seule distingue le féminin du masculin par un youdh quiescent; mais pour la première personne, la voyelle finale i a rétrogradé dans le corps du mot koko K

Au pluriel de la troisième personne, les voyelles finales ont également disparu, le masculin et le féminin se confondent entre eux et avec le singulier masculin de la même personne, mais Técriture conserve, comme signes diacritiques, waw pour le masculin et youdh pour le féminin qui, de plus, a ribboui 00E0 >*£>&£. Cette écriture était devenue la règle chez les Jacobites, depuis Jacques d'Edesse qui l'avait recommandée; avant lui elle était moins constante. Quant aux Nestoriens, ils omettaient souvent ces lettres, surtout le youdh du féminin, § 61, comp. Elias de Tirhan, chap. XXV.

La terminaison forte et archaïque du masculin v© est peu usitée au parfait et k l'impératif2, mais elle reparaît souvent avec les suffixes, § 220; celle du féminin <-* est moins rare; elle explique le youdh de la forme abrégée vâiâko et elle vient, comme les autres terminaisons féminines de cette espèce, d'une ancienne forme an, conservée par l'imparfait et l'état absolu des noms, v. § 87.

L'analogie des formes usuelles açka ^Zçl* açoko slçoko explique celles peu usitées ^o— oko ^ »oko ^açoko ^i^o^a, qui échappent aux lois du syllabisme, suivant lesquelles une voyelle aiguë ne se maintient pas dans une syllabe ouverte, §§ 94 et 95. Ces dernières sont donc des formes savantes qui devaient être inconnues au vulgaire, mais elles ont conservé une ancienne terminaison que l'on trouve encore, plus ou moins répandue, dans divers dialectes araméens, en saho et en hébreu même dans deux passages du Deutéronome 8, 3. 16. (Voyez Nœldeke, Mand. Gramm., p. 223; Ewald, Lehrb., § 1906.)

La deuxième personne du pluriel est caractérisée, comme

1. En arabe vulgaire, où les voyelles finales sont également tombées, ce recul n'a pas en lien et katabt s'emploie pour la deuxième pers. masc. et la première.

2. Elle est donnée par Barhébrœus, comme régulière, I, 74. 12, 121. 21. 23; comp. J. D. Michaelis, Abhandl. der syr. Sprache, en tête de sa Chrutomathie, p. 49.

le pronom , par le taw démonstratif, § 173,4°, et les terminaisons fortes du pluriel : , o2^o2Lo ^h^h^.

La première personne a la terminaison ^J, abrégée • , qui est également celle du pronom ^-i».

181. A l'imparfait, le taw, qui au parfait entre dans les désinences de la troisième personne du fém. sing. et des deuxièmes personnes fém. et masc, devient préfixe; la préformante de la première personne est aleph au singulier et noun au pluriel.

Quant a la troisième du masculin, le syriaque partage avec le mandécn cette particularité, que le préfixe est noun au lieu de youdh. Ce noun apparaît également a la troisième personne du féminin du pluriel qui dans les autres dialectes aramëens a youdh.

Nous avons dit, § 106, la, que youdh s'articulait difficilement avec e ou e ouvert (à'wâ), telle est sans doute la raison qui a produit le renforcement de youdh en noun dans ^oo2*=J et les dénves ^à^&J ^à^J; ^&ai a suivi 1 analogie.

Ewald, Lehrb., p. 504, note 4, prenait comme élément de formation de la troisième personne le lâmed qui apparaît dans les pronoms (v. ci-dessus § 173, 5°); la forme primitive aurait été Shpb; et par altération Slip} ou Shp?. Ces deux dernières formes se confondent assez fréquemment dans l'araméen talmudique et en mandéen (v. Mand. Gh%amm., p. 216, aj. bâbâ qarnd bb et 40a), au point que Ton trouve même KÔv au lieu de Kft'O pour la première personne du pluriel, pit îTv KO'' b nous lui dirons (bâbâ b. 41 a). Dans l'araméen biblique yod est la préformante de l'imparfait, mais on trouve le lâmed avec le verbe mil. Nous croyons que la forme Shp? ou Shy? avait en principe le sens d'un subjonctif, d'un conditionnel ou d'un volontatif (contra Nœldeke, Mand. Gramm., p. 217); quand ce sens n'est pas sensible, le verbe est en dépendance d'une conjonction conditionnelle si; ainsi dans jiop <J en syriaque, l'imparfait n'est possible qu'à cause de v|. Les formes 3ilp7 et 3D?3 (ou 3"Mp?) étaient donc d'abord distinctes en araméen et ne furent confondues que lorsque l'imparfait ne fut plus guère usité, que comme subjonctif, conditionnel ou volontatif, le participe présent exprimant le plus souvent le futur exact.

En tous cas Sfry est trop général en sémitique et Shp? ou

31*0? trop isolé, même en araméen, pour que 3J151! ne *°it Pas la forme première.

M. Merx, Gramm. syr., p. 200, niant la permutation de noun et de youdh (v. ci-dessus §356) admet deux éléments formatife, noun d'une part, youdh d'autre part. Mais est-il possible que la langue mère (car c'est jusque-là qu'il faut remonter quand il s'agit d'éléments de formation) ait employé tantôt un youdh, tantôt un noun pour une même forme? Et, si c'est possible, pourquoi un seul rameau, l'araméen, aurait-il conservé 31W (k l'occident: palestinien, samaritain, anti-libanien, palmy rénien, nabatéen) et 3^33 (à l'orient: syriaque, mandéen, babylonien), tandis que les autres rameaux n'auraient rien su de cette dernière forme?

Les terminaisons du féminin et du pluriel ne sont pas étrangères k ce temps. Le youdh quiescent de la troisième personne du féminin sing. *ooi^>z vient sans doute d'une ancienne voyelle i, ou qui formait la désinence de l'imparfait ', comp. ^JiSo J-^>; elle est tombée en araméen, comme voyelle finale, mais elle reparaît avec les suffixes de la troisième personne, § 2206; en dehors des suffixes, le youdh est demeuré comme signe diacritique du féminin. Nous avons vu, § 61, que les Nestoriens ne l'écrivaient plus.

La terminaison in distingue la deuxième personne du féminin, ^-AûokoZ (p3rûri cr^i^)- Après le noun on trouve quelquefois un youdh additionnel, ^i^orn^ p ne pense pas (Rœdiger, Ckrestom. syr., p. 46, 1. 10); ce youdh reparaît encore avec les suffixes dans les verbes de radicaux faibles, § 220 c; il s'explique comme voyelle finale, ^^J.

182. L'impératif se rattache à l'imparfait par le sens et le vocalisme, mais il n'a pas de préformante, puisqu'il n'a qu'une personne, dont le genre et le nombre sont indiqués par les terminaisons.

Le féminin du singulier a pour signe distinctif youdh quiescent, qui k l'imparfait termine la troisième personne du féminin singulier.

1. La terminaison entière était primitivement tw, oun, v. Lekrb., §§ 1376 et 191a; elle apparaît encore à la deuxième pers. du fém.

La terminaison in de la deuxième personne de l'imparfait apparaît aussi à l'impératif des verbes cé-waw ou double -cé, comme ^ao^ jeûne (femme), ,-é^o^ entre, Barhébrœus I, p. 145, 1. 10, 22; p. 146, 1. I1; et aussi avec les suffixes, § 220 c.

Le pluriel a les mêmes désinences qu'au parfait : oooL» ou ^ooo^a, >*£>©kû ou ^-kûoka. Les verbes qui n'avaient pas waw après la seconde radicale à l'imparfait, ne se distinguaient pas, a première vue, au parfait et k l'impératif. Les grammairiens, auxquels une double forme paraissait inutile pour un même temps, cherchaient à établir une différence, ockc» et >ënhn étant plutôt les formes propres du parfait, ^oooko et ^^oi* appartenant en principe k l'impératif2, mais ils étaient contredits par l'usage; vo^a}z| et ^iSn)4 ne se disaient qu'au parfait, l'impératif n'avait que la forme o^fzl et vl^fzj conformément au § 191, v. Barhébraeus II, p. 55, comm. 1. 1.

183. L'araméen a formé un nouveau temps pour le présent et le futur, au moyen du participe actif ou passif. Comme dans le verbe fini, le radical seul suffit pour la troisième personne, même quand le sujet n'est pas exprimé par un nom, § 339. Mais, pour la première et la seconde personnes, les pronoms personnels doivent être nécessairement exprimés; ils sont placés après le participe; comme enclitiques, ils perdent le ton et laissent tomber une consonne initiale qui, encore écrite, est marquée de la linea occidtans : pi ,-!*, § 174; le pronom de la seconde personne dont le noun est quiescent, ne subit pas d'autre perte.

Voici les formes de ce temps :

Singulier

Actif Passif

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