Avec à après la consonne redoublée
a) Avec a devant elle. Cette forme est, en principe, celle des
1. Comp. a.tLo, KfïHtf¥ targ.; cette prononciation altérée fait rentrer ce mot dans les noms du paragraphe suivant.
noms de métier: \ià\<* cultivateur, }£»? juge, V»>» visionnaire, \*j\
libertin, lj-s^ adultère, lj-*s potier. Comme on le voit par ces exemples, elle indique non seulement le métier, mais une habitude acquise; elle est également très -usitée dans les autres langues sémitiques.
Elle se distinguait de celle J**^, § 232, en ce que celle-ci indiquait plutôt chez l'individu une action exercée occasionnellement, dans le même sens que conseilleur diffère de conseiller; mais ces nuances se sont souvent effacées et J^ est aussi usité pour les noms de métier.
Comme les autres noms d'agent, ceux de cette forme se développent du participe présent p"al des verbes actifs, les classes dérivées prenant le suffixe an, § 250 ; cependant |1ûm
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corrupteur, {U^io et fans verbeux, viennent d un pael; fa^oi marcheur est formé de p"al, quoique le pa'el ^m soit seul usité en syriaque.
Mais ils sont formés souvent aussi d'un nom : l«Nv> marin
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de l«Nv> eau salée, ]1aso matelot de fo-JUan? bateau, \±m2 ouvrier en
cuivre, Barhébraus, II, vers 1478, jic>£ et f*)I porcher, Barhébraeus, vers 1083 et 1 119, ]>i^ chevrier, Barhébrœus, II, p. 1 10, 1. 6 du comment, ]^| laboureur *1ÇK J& (le verbe dénominatif fè] n'existe qu'en syriaque).
Comme intensif de Jl*», § 233 a, Jl*» donne des adjectifs : lu* miséricordieux, tilj jaloux, \a!L* faible tt^H, Pa^ pervers ?1J7, P4-û fainéant J&, )viiO stable, V^l victorieux, **&3 préférable; Ijûi^ héros, § 117, est une forme intensive de \r£\-
Des noms de choses sont : \h^a% fleur, \*&l base, Barhébrœus, I, p. 21, 1. 8; 22, 15; II, vers 1150 (Bar'ali 4306 Vm), \£L espice d! arbre, Barhébraeus, II, p. 120, comment
Avec la forme féminine : \z^^ femme adultère, )à^ pieu-
reuse, prœfica, |k^<* fantasmagorie.
Devant la terminaison du féminin apparaît quelquefois youdh, jL^ cancer, 2 Tim. 2, 17.
Parfois à se colore en o : foàsnvi» oseille, Bar'ali, 3926, Js>Ci.> li-^L^Î verre gl^j, targ. Rfl^iat, hébr. D^^îî sur le youdh dans ces mots, v. § 253.
b) Avec e devant la consonne redoublée. A cette forme appar-
00 11 0 en ce*
tiennent des substantifs : )xLi fumée, \jia àtJiare •'115$, \j^> térébinihe ou amandier amer, Barhébraus, II, vers 1416, IfQ^L racine, JÎL^ ombre J^1; ?$&£>? frelons et }Li$ôè? abeilles, targ. K*ïi2fl, j>*->3 HÇH.G, mand. ITHiaûl, ont au singulier la forme simple liààçj, comme l'hébreu 0*113% ▼. Bar'ali 3017 k 3019 et Mand. Gramm., p. 126. )hom blanc fait partie des adjectifs suivants, l vient de ou et ainsi est évitée la confusion du waw radical avec la voyelle de la forme.
c) Avec ou devant la consonne redoublée. Quelques concrets, surtout des adjectifs de couleur : \uiao] noir. fém. lkiûao|, lâioav
M oo* o y » oo+ o o *■
rouge, fém. Iknioa-» ou Jkûioa», § 102, )âiq* vert, fém. |à— o*a*, \^po\ tacheté de blanc et de noir, hébr. T"Q> Zach. 6, 3 et 6, ]n>ow grenade o^ P^\i ^Jao ou ÏP^ xuavàç azur a été ramené k cette forme.
Mais cette forme est surtout usitée pour les abstraits ou noms d'action de pa'el : faol sanctification, \LLqLd humiliation, jîea» entendement, \c»q± mélange, )nnoS consolation, ]v\wno délectation, \ vinoï tremblement, \hha*± confirmation, ïj-£o? conduite, 1— ^^°? **• cherche, )l\r\ v> action d'emplir, ) l Toz récitation, l«lo 3 réponse,
oo+ p?*/i.
Vôa* commencement Jwo-à, confirmation, etc.
Comme Ta reconnu M. Nœldeke, Mind. Gramm., p. 123, note 1, cette forme répond à l'infinitif pou'al, hébreu Dh3; le néo-hébraïque 3W3 est, au contraire, une forme active dérivée de pi'el , comp. les formes actives et passives de p"al, jILa et ïI^aLs, §§ 233 Jet 236 c.
Les dérivés analogues k pa'el, ainsi que Saph'el et saph'el, forment des abstraits de cette espèce : Ploa^ inflammation de
-; r oj. * , y oo > " + •» »o »
V|a^, K^,as réjouissance de ^f9; p**0** patience de ,-micu*^ l*i^a* cliangement de >ii^4>, If^oJ ^ovi^e, V^r*^ éclairage de »-4,,-ni£|, ^ol agitation de ^1, § 110e, }*n^ol ostentation de *£flu,, t£*i*ji prectpitafoon de ^xjij», |Bnsna> asservissement, yv>nna> accomplissement, il?00-* promesse, V^?oai signification, fJSnoi. achèvement
239. -4t?ec t aprèa Za consonne redoublée. La première radicale a toujours a : J-s*» est en effet l'intensif des adjectifs ou parti-
1. Pà^ langue vient sans doute d'une racine géminée, comp. ^j lécher, quoique dans les autres langues la seconde lettre ne soit pas redoublée, J1*i» 0UJ MJ. Sur |ï£* gauche, v. § 260.
cipes de J-***. Cette forme est très-usitée pour les adjectifs, § 234 : ^â-fcj-o saint, ^1 juste, ^éWéé /or£, >aua«* savant, ^-^û mince, ++s>i tendre, ^éQéé ami, ^«*p a</£ yoêïùï parfait, ,-»,-» cAer.
Elle Test plus rarement pour renforcer un participe passif, on la rencontre surtout dans les radicaux faibles; elle donne au nom le sens d'un adjectif verbal : >a*fD qui précède, Marc. 10, 32, t*£f féni. \*A qui est venu (Bernstein, Dos heîlige Evangelium des' Joh. XXVI et Zeitschr. d. D. M. G., XXXII, 483, 21; 484, 13; 485, 18), >o*Vo qui demeure, Chrest. Knbs, p. 107, v. 6,
*^+±*> qui est assis, *+ooi qui est, Mand. Gramm., p. 123, note 2,
VL*?<5i qui conduit, V^r* qui se réjouit, Barhébraeus, I, p. 38, 1. 16 et ÎBar'ali 3272. i
Quelquefois J-*** se trouve simultanément avec J-^**, dont il se distingue par le sens : ^o-»)* qui voyage, ^o-*)* ceint, Barhébraeus, H, v. 1118, co*jm désert, co*jm passé au glaive, id. vers 1135, à t km passionné, **** senti, connu, id. vers 1136, «-a*^ soucieux, waa^ soigné, id. vers 1159, V*m? qui craint, V**? qui est craint, redoutable, id. II, p. 91, ult, \^? rare, \^Ji facile,
léger, id. vers 1072, ***& (astre) qui brille, *-*-iJ? (astre) qui est
levé, id. vers 1075, >«*N? (personne) troublée, >méS? (owire) trouble, id. vers 1075.
Sont usités substantivement : I^ua* un sa</e, )iànêà un ami,
1 é é é n un vieillard, un prêtre, Ttpaafistzpoq. Comme noms de choses: ^n*Sl rayon, lr»<*J luminaire, )\é^w couteau P3t7 cx£*?-
240. -4«ec ou après Za consonne redoublée. Jy*», l'intensif de Jjiî, § 236, comprend : 1° des adjectifs W°f* ou yLo^ /aune paille, v. p. 37, yiof* et V&oV» cEp^e, V*°f* rauque, Vso-é*. obscur, Bar'ali, 4046, 4048, 4050, 4052, 4099, K^aiare, Û<^ sombre,
|So^ très-grossier de if^? § 237 ci-dessus, pia^ retentissant, Barhébraeus, II, vers 3. Dans ces mots a se maintient d'autant mieux qu'il s'articule avec une gutturale, mais il se trouve aussi avec les autres consonnes : l^oi-4, sot, Barhébraeus, II, v. 117, J^oûa lourd, Bar'ali 4497, ]$a^ dur, Barhébraeus, II, p. 60, 1. 9 du comment., flonnm adversaire de ^ nnhw) '.
1. Le mot ^oOb}, Neh. 2, 11, considéré par Barhébraeus comme un adjectif d'intensité, trhs-noir, est pris par M. Nœldeke pour un parfait de la
2° des substantifs (généralement des adjectifs pris substantivement) : )\cl\ sorcier, Barhébrœus, II, p. 60, V*©V» devin, Bar'ali, 4384 k 4386, V^i poulet z%?> Y*^n Jiameçon, \io\L pommier, Barhébrœus, I, p. 22, 1. 23, targ. Iim, 1?°r^ jeune enfant, (Soû» fumée de V encens, id.
Jy£» est opposé quelquefois, comme forme passive, k la forme active J**^, § 232 : )ioa*9 amoureux, pris d'amour, \LoLâ amant, qui inspire de V amour, Barhébrœus, II, vers 59 et 1406, \>o^ enfant, ]*£*+ père, Bar'ali 4450 et 4451, comparez aussi V^ôf* connaisseur et V*©^ devin.
La voyelle a de cette forme est quelquefois prononcée à devant une emphatique, § 93, 3°, ainsi faaà-a. ou Ifa^**. De là naît une certaine confusion de Jy*» et de J>*^, même en dehors des emphatiques : |?oSû^ colonne répond k l'hébreu HfâS e* * l'arabe >y*\*, )sonà> semaine vient de )sonà, ; en sens inverse, )9oû^ passager est pour f^ao^.
De cette forme sont encore : \oqU\ flûte o^S \*°£» gâteaux de miel, Hos. 3, 1, Bar'ali 3020, Iôo^ rameau, Ezech. 17, 6, téoil et ]êojL9 masse d'insectes, Bar'ali 3015 et 3887, hébr. 3hP targ. VGVUff, Exod. 8, 29 et 31, sans doute aussi Ko% fourneau, targ. KJIflK, quoique ce mot soit d'origine incertaine.