‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 125 sur 209 · Suffixes an, àm, el, âr, qân · texte numérisé non relu

Suffixes an, àm, el, âr, qân

Dans la flexion des noms, le suffixe an a la valeur d'un collectif et distingue le duel ou le pluriel du singulier, §§ 257 et 265.

Dans leur formation, il est d'un usage très-étendu, comme en général les formes externes, et engendre des concrets et des abstraits.

a) D forme de radicaux simples, §§ 226 à 228, ou parallèlement k eux, des noms qui donnent un sens figuré ou nouveau; dans ce dernier cas, la racine offre généralement deux sens: p,a* incendie, p^oio peste, pso^ déluge, P*^ volonté, p-»f£ lecture, p-^ esprit, pfôo? souvenir, pnSav> consultation, etc., comp. tyâ* holocauste, )2jqld moii, )te*-l goutte, l-^^Oj chose, p^o contestation, p^à pâture, J^e? mâle, InSv» conseil. Dans un certain nombre de racines, cette forme existe k l'exclusion de la forme simple: VJ*?a^ aide, V-JrDaa ordre, \-1sào* rétribution, \i&^*± puissance, parc* maladie, p^nSo» santé, pjûioa» appui, p^^oa travail, p*£o*

avantage, pa\ru enseignement, pSon» ou ppa», rac. Jl» réproba' tion, )%iv\\ ténèbres, \te>4 faute. Les lâmadh-aleph ont é après la première radicale, sous l'influence du youdh : pli^ entretien, pumJ tentation, plin construction, P^<* syllabe. pLo^oo offrande p*"lp, est formé d'un pa'el.

6) Quelques adjectifs prennent ce suffixe : P*V Zcwc/f, pv^fl délicieux, p^so* vaniteux, Anal, syriaca, p. 4, 1. 9; p^J Wewheureux, pla2 doui/«, (|ila2 fcoi Àpoc. 2, 11; 20, 6, 14; 21, 8), ou âgé de deux ans, Barhébrœus. II, vers 1465, pu%i second, pUj consanguin, de jL^?, pô*4, 1****; £°4> V^> ^^ ^4 qui laisse reparaître la troisième radicale, § 224a l. Ces adjectifs

1. Comp. en arabe ^'y^ii oU-ô* o^V o\^*° O^*^ O^*^' etc., avec a des neutres après la première radicale. En néo-hébraïque, ce suffixe s'ajoute même aux noms d'agent avec â après la première consonne, comme J^TJ brigand.

indiquent aussi la matière ou la substance des corps, \*^>\.

oo 9 oo +■ 9 o + ppv, ., 7 «.

Pr^L, V1-*0'? liv>4>o^ ou Pf^ am M* composé de terre, dépoussière, df esprit, qui a un corps, p»vu> qui appartient au cid '.

pL*] arbre est un des rares noms de choses de cette forme.

c) Avec ce suffixe, on forme du participe de tout verbe dérivé un nom d'agent ou un adjectif: pnàWï interprète ou eacpUcatif, pê^sn productif, propagateur de la foi (titre des primats jacobites), pn^v> écrivain, P^r^o protecteur, pruV/> oppresseur,

) 1éééV> rédempteur, PNoé>v> exterminateur, V-J— *?<^o confesseur, pg-nwsn patient, p-»^oAio démonstratif, p,sv>rsav> obéissant, pn».«^v> explicable, p-à^Lo^io possible, pi^àio sensible. Ces noms sont surtout usités dans les traductions faites du grec et suppléent à l'insuffisance des adjectifs de forme interne. Us comprennent un certain nombre de termes techniques créés par les grammairiens ; voir la liste de ces termes après la syntaxe.

Rarement les abstraits qui ont un préfiie, prennent ce suffixe:

c o , y oo y o o y

pAÀio sortie, pX\v> entrée, pnnrso ascension, comp. § 246.

Le féminin de ces noms a toujours youdh après le suffixe, § 253, )&uO£>aj bienheureuse. \t\A\sn\i est pris substantivement dans le sens de sagesse, Assemani, Bibl. Orient, II, p. 267, 1. 23. Ce suffixe est explétif dans rJ?*o* Jourdain, hébr. JTV.

d) Uâ de ce suffixe se change en ou dans les noms cités, § 85, et dans p°rJ récent, où le youdh troisième radicale est sans doute tombé, comp. hébr. "Hip, po^sn^ fHl&J?, nom d'une

mesure; peut-être aussi dans ^o v> » a 1 désert, comp. HÛÛtt>. De ou il passe en i sous l'influence d'un ou qui précède ou qui précédait, § 87 : )u^nà, lime de c&a, limer, Exode 32, 20; comparez

Deut. 9, 21; pf») autre, abs. ^f*?, fém. )z^\ sans état const. Barhébraeus, I, p. 69, 1. 3; )i*^t>nà> garçon d'honneur, peut-être aussi pààscLO alouette; sur p+iaaA,, v. ci-dessus § 242; ]un^ ou p^o^L cyprès est un mot étranger, comme l'indique l'indécision de sa forme, comp. targ. JïflWJ, ar. cr&j^i Lagarde, Abhandl., p. 80, 1. 2.

1. Sur la différence de ces adjectifs et de ceux qui prennent ai, y. § 254, comp. Jacques d'Edesse, Fragments, p. ?, col. a, Barhébrsens, I, p. 17, sect. 2, II, vers 209 à 212, Josephi Accur., p. 127 et 128, Amira, p. 106.

e) En hébreu âm permute avec an, comme suffixe, Ewald, Lehrb., § 163 j; en syriaque âm n'apparaît que dans \&£ij>] jour, opposé à la nuit.

f) Le suffixe el, comp. Lehrb. 1. c, entre dans la composition de Jlii gauche, comp. ^Uo JU-& btfût?, jisfL nuage ;&*$] peutêtre encore dans quelques autres mots ; sur ^4r^ et autres noms, v. § 224. {laJac bedeau, Assein. B. O. I, 28, est sans doute une faute pour \*13*d de xé^x^ qui s'entendait de la partie voûtée du temple, v. Lex. Buxtorf, éd. Fischer, sous le mot *OJ1p. Pol^e ou &»1jA pâtre est vraisemblablement un diminutif, § 252 b.

g) L'araméen fait encore usage d'un suffixe âr : J^a^ marin de ) *\ navire, a origine incertaine, IfJa^l stylite de po-^1 p. £>}£**, jf^mnV) musicien de jxoucrtx^, t^rlfte directeur d'hospice, Josué le Styl. 34, 10, de ÇevoBéxoç, Ijàmftm séditieux de vw.*w^», cwbtç !. Les suffixes grecs o)p et aptoç n'ont pas été sans influence sur la forme de ces noms.

Dans J+oivo r<mx, targ. nplÛD, hébr. ^lÛ^K, Gen. 25, 25, la terminaison râi est sans doute abrégée de ànâi et r, une permutation de noun, §§ 22 b et 35 a.

A) Le suffixe persan jdn se trouve dans lin, vu ânier, linioftiO «aie* de chambre de xoitu>v. Dans pLam^^s paradisiaque, le suffixe est sans doute de même origine, v. Barhébrœus, I, p. 19, 1. 3.

Page 1