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Suffixes à, at, ihân

Le suffixe à forme l'état emphatique des noms, nous en parlerons, en traitant de la flexion des noms, § 259.

Le suffixe at, abrégé en à, indique l'individu par abstraction de l'espèce, ou l'espèce par abstraction du genre; dans les couples, il distingue la femelle du mâle et il est devenu d'une manière générale le signe du féminin, le masculin étant représenté par le radical nu; quand le radical est un collectif, il forme le nom d'unité, comme 1*4*. un froment, \Mc\ une fois, \hXà» ^o

1. BarhébrsBUs, I, p. 18, 1. 24, ajoute d'autres mots qui ne rentrent pas

dans cette catégorie : |g ft *1 torche est XotiA7:Tijp, !f^° maître de bain», balmarins, \^oLû^9 desservant est le grec xapa(i.ovapio{.

En néo-hébraïque, on trouve arec ce suffixe : "NMnnS pétrin, de Wttfinj boulanger, "IÇ ?n marcJiand de dattes, de Ktt^H, "y*]}? marchand de sandales, "6*t marchand de bouteilles, v. Buxtorf, Lexicon, sous le mot "IT13D.

njt#"J3 d'un an, Exod. 12, 5. Comme signe de l'abstraction, ce suffixe sert en arabe à rehausser chez l'individu une qualité qui lui est propre et qui le distingue des autres : £o£ très-savant, Ï*.«±L khalife, lieutenant En syriaque, il a ce sens dans les deux mots Jà^oio et JàioosuâLo, traduisant l'hébreu P*T10 et njHIfi, Ruth 2, 1 et 3, 2 : le premier signifie un parent d'une manière générale, le second, un proche parent x à qui incombe le devoir d'épouser la veuve sans enfant de son parent défunt; dans ce dernier sens, la racine >oa» a été choisie par allusion au sens de connaître charnellement que possède l'hébreu JH\ La terminaison at se trahit dans ces mots a l'aspiration du taw, Barhébr., I, p. 218, 1. 19 et p. 219, 1. 19; mais ils sont traités comme des masculins et ils font au pluriel jLJoi )IiboL*i, Barhébrœus, I, p. 35, 1. 182. Peut-être \his> fUS camarade, gui a la même *~~&, est-il formé avec ce suffixe, mais il est assimilé aux noms de la forme *ii*, § 230 c.

En dehors de ces mots, le suffixe at ne se rencontre plus seul, mais il reçoit le suffixe an dont nous avons parlé sous le paragraphe précédent, et se transforme en un nouveau suffixe thân, propre aux adjectifs d'intensité.

Il s'ajoute surtout aux adjectifs de la forme intensive J)i», § 240, suivant le goût manifeste de l'araméen pour les formes

co » y , oo > y 09 ». y

externes : Pfl^ très-irascible, p^o^» très-savant, pfrNnni rusé, Rom. 3, 13, Ewald, Abhandl, p. 87, ffi^nnm tresintelUgent,

oc » y . pc » y , oo *y . c» *r

pZZo<%£i pudique, pkso-* tres-soigneux, p&^a»? timoré, pfrtnru» miséricordieux, pà-à^o-} sensible, pkûo*^ mélancolique, pk~a*9

oo ♦ y oo * y -

cupide, p2^-à,a^ turbulent, pzhaa* adulateur3. Mais il s'ajoute

1. La valeur augmentai! ve du taw avait déjà été reconnue dans flJTlIÛ par Àboul'walid, Kitâb el ousoul, éd. Neubauer, col. 277 : iill^JJ A*i *lx)\, et pour l^oio et J^iûûa^Lo par Barhébrœus, I, p. 16, 1. 14.

Le targoum se sert pour les deux expressions de l'abstrait JTrfDntfX connaissance, dérivé de 3H10.

oyv o y

2. Dans fkûaaa VétoiU de Vénus, J^iO» fae (mer du pays) et quelques autres mots, le suffixe s'explique de la même manière; il a pris parfois, par extension, le sens d'un diminutif, v. G. Hoffmann, Auœiigt au» syr. Ad. dans les Abhandl d. D. M. G., 1880, p. 177.

3. V. Jacq. d'Edesse, Fragm. add., 17,217, au commencement; sur le qou»»âi de la deuxième consonne et le roukkakh du taw du suffixe, v. Barhébrœus, I, p. 220, 1. 11.

aussi k d'autres noms : p£*oa4 heureux, par distinction de P^o^ bienheureux, défunt, pkio-rf clément, pàl*** puissant, pb^\o souf-

oo y o o o * * y o y o

/ran*,pMVin insidieux, ]hz^o brutal, de \êo4 \iaJl (L« \£>\s>, PV^û pour I^ûa, § 229 a, ]i*±G] même à des noms importés, piioofo versicolor de xpûpux, pfcj&o^s astucieux de rcopo;, ^*^v>Énni| ieZfe de ox^jxa, pn^a»), p/jèâni chasseur de ||*»*i (v. sur ce mot Lagarde, Abhandl., p. 65, 1. 17).

Le féminin a youdh après le suffixe, § 253, \i*êJ£Zo<*£>.

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