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Suffixes ai et U

a) Le suffixe ai est formé d'un élément démonstratif, § 173, 2° ; il existe : 1° dans quelques noms féminins, concrets ou abstraits, ^o^ araignée (syro-palestinien JLasoc, Anecd. syr., IV, p. 220), ^aisjp caille t^Œ ^$y**, ^ûsos espèce de héron (étodéî), ar. *3^4^; Bar'ali 4624, *£>+% (pestiféré?) nord, emph. U^fx (féminin Barhébrœus, I, p. 10, 1. 2), >*éSQ& erreur, Mià>n^ secret, cachette, **oJZ contrat, talm. TOfl. Sauf V^>fv ces noms sont invariables. 2° dans des masculins susceptibles de flexion et usités surtout k l'état emphatique : séjoojs \1wqjs cheval, hébr. Dffi, ^jshcs \laiaa trône l ; k l'état emphatique seulement dans les suivants, \A lion, hébr. rt^K, vloîi grue i£/, targ. KWD h»jMl«, tr** coussin >t^«.

En arabe, ce suffixe est fréquent dans les noms féminins, concrets ou abstraits, et sert à former notamment le féminin

1. Le ri» dans ce mot paraît provenir de la dissimilation de la consonne suivante qui était redoublée primitivement, à en juger par l'hébreu K92-, l'arabe a la prononciation araméenne, J^^, targ. IPD^13, qui se retrouve également en phénicien Û'D"C. Il est cependant peu probable que ce mot vienne d'une racine KD2 qui ne fournit pas un sens convenable. Du reste, la forme archaïque en hébreu était D2, Exod. 17. 15, Ewald, Léhrb., p. 640; on est donc tenté de comparer ce mot avec »T£5 et de le dériver d'une racine DDD, dont le beth aurait été éliminé sous l'influence d'(w organique, comme dans V^^0 de f à on ny p. 30, note 1 ci-dessus.

d'adjectifs k forme forte (o^i» et J**0? ma** en syriaque il est peu usité1. Existait -il, à l'origine, dans les noms qui ont an youdh avant Va de l'état emphatique et qui n'ont plus l'état absolu? Nous l'avons admis a priori § 236, pour ceux de la forme JiNns». L'objection la plus sérieuse contre cette hypothèse est que ces noms sont masculins et ont un pluriel masculin, t*âo9? )2oo1\ ; mais il est k remarquer que ce suffixe avait perdu beaucoup de sa valeur primitive en syriaque et que le youdh ne s'était maintenu dans ces noms qu'euphoniquement, k cause d'où précédent. En arabe, des noms d'action de la première classe ont ajouté la terminaison ordinaire du féminin k cet ancien suffixe, comme iifUi, comp. Mand. Gramm., p. 148, note 1.

Tandis que ces noms d'action appartiennent k p"al, d'autres dialectes araméens orientaux, le néo-syriaque et le mandéen, outre les talmuds , possèdent des noms d'action formés de la même manière, mais des classes dérivées, v. Mand. Gramm., §§122 et 124 *.

Des grammairiens syriaques donnent un état absolu >*sow qui n'est pas usuel, Abràh. Ecchell., p. 26, mais ils suivaient ' sans doute une ancienne tradition, comp. le néo - hébraïque HÇJ p avec jVi^S complètement

Youdh apparaît souvent en syriaque devant la terminaison du féminin singulier ou pluriel des radicaux qui ont une voyelle lourde, d, o, ou. Nous l'avons constaté fréquemment, en traitant des formes, dans les féminins singuliers, §§ 232, 233, 236, 238, 242, 246, 250, 251 et 252 ; il se rencontre également au pluriel de féminins qui ne le laissent pas paraître au singulier, § 266. Youdh s'explique bien dans la plupart de ces noms, comme un ancien suffixe ai qui, k la faveur de la voyelle lourde précédente, se serait maintenu, sous forme de voyelle. Mais on ne

1. L'arabe forme facilement des noms d'action des classes dérivées an moyen de ce suffixe : ^y^xk ^j^ii \££> \£y^ ^e 'a quatrième on huitième classe. U n*en est pas de même en syriaque.

L'éthiopien possède aussi des concrets avec cette forme, Aetkiop. Gramm.% p. 219.

2. Sur les formes 7Jl£i£ ^plBK etc., que Mr. Nœldeke trouve très-douteuses t. Luaatto, Elément*, p. 80, § 71. L'éthiopien possède des noms d'action analogues, comme ÇJf^, qui viennent presque tous des classes dérivées, Adkiop. Gramm., p. 203.

peut nier que, même en syriaque ancien, la prononciation avec youdh avait pu être étendue, par analogie, k quelques noms, chez lesquels elle n'était pas primitive, surtout k ceixx dont la troisième radicale se prêtait facilement au mouillement, comme une liquide ou certaines muettes aspirées2. Ces extensions euphoniques sont devenues très-communes en néo-syriaque, v. Neusyr. Grramm., § 70.

b) Le féminin de ce suffixe, it, se rencontre encore dans quelques noms, autres que ceux dont nous venons de parler et en dehors de l'influence d'une voyelle précédente : |L»^âa soufre fYHB3, importé en arabe «JU^I*, ^>Ai? commencement n''S#X*3? ]ba£ih gain, ]h^of> tremblement de terre, jà^ar* humilité, Barhébr. I, p*.24, 1. 1;"86, 1.

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