‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 131 sur 209 · Suffixe out · texte numérisé non relu

Suffixe out

À la différence du suffixe ai qui forme des concrets, celui out est propre aux abstraits et s'ajoute, k cet effet, k tout nom concret, substantif ou adjectif. Comme les suffixes de concrets an et âij il devient d'un usage très-fréquent dans la langue scientifique et se rencontre à chaque ligne dans les livres de philosophie ou de théologie. Voici des exemples de ce suffixe avec les noms des différentes formes, dont nous avons parlé sous les paragraphes précédents, 224 k 254 : \Ao\o filiation, |Zo4 fraternité, \£o$û domination, |/.<iSnm sottise, I^o^a? genre masculin, ]/nnn* voisinage, \Zo^ûh élévation, [/on»& bonté, ]Snr\*t<i vieillesse, I^oI^a tristesse, I^Lo^a? pureté, \Zqaatso division, l^oJ^s

pureté, \Za±a£> méchanceté, \Zoio£> grossièreté,]^™*] petue8se,\^jz*n^ prêtrise, \£oï<juo témoignage, ]£a±oj!a discernement, ]£Q+oiL création,

o * oy ' , o +o y T o +09. . o * y .

\^a^> fausseté, i^qm^o audace, j^lcuo^ ivresse, )re\àèro sainteté, 1-ioooAj exercice y ) f ojn Y\ s obscurité, \ ? o ^o à m obscurantisme, ]*'.n*ih%vi variété, ]Zo*b^û introduction, ]<LaiLcum foi, \Z&lmsLo correction, ^oinàssn oppression, 1/oiSéValo mobilité, i^oiiio^àio obéissance,

I^Qj^AaaM empêchement, ^n^mo*» miséricorde, tiVuTStS* trimté, ]truu] qualité, Un \ vt n quantité etc., ajoutez les infinitifs des classes dérivées.

Un nom étranger peut recevoir ce suffixe \^Aa^^3patriarchat; plus difficilement, un abstrait, ftn^sî division de V^*? \^acuA repentir de Vû^ ftnSos de Pal.

Les làmadh-aleph conservent youdh radical devant le suffixe, § 106, 16; il faut en excepter quelques-uns qui le laissent tomber : JZolo? ressemblance, I^oûj quelque chose, prop. désir,

comp. §228 fin, ]£o]^ impureté !, ]±o\^ tarissement, \^^ captivité, Ppfo^y importé en arabe C^Jli-, )2à©| victoire, importé en arabe

*$*5 pureté, où Yo, sans doute euphonique, confond ces noms avec ceux de pareille forme, énoncés sous le § 232 fin.

Chapitee XVI.

Des noms composés.

256. Les composés naissent de l'union étroite de deux mots, en état construit ou en apposition.

a) Ils ne forment un vrai composé que, lorsque le premier se confond avec le second au point de demeurer invariable. C'est le cas le moins fréquent : \bJo\h*± fondement, pi. ï&|Lâ,, de b—2, et \h— a], § 224 i; lj— é,£Joo nombril ou 1/jàin (Physiologus Tychsen, ch. 6 et 28) et Jj-sJoa (Physiologus Land, Anecd. syr., IV, ch. 47), targ. ■WïD, Prov. 3, 8, de &Jte&aM(?)et£2 nombrU, YjJL» *ift ; \2J\£>\ petite coudée, Saint-Ephrem, cité par Barhébrœus, I, p. 20, 1. 9, de (h^of coudée et )i*>l empan; 2y<nl^saj^

judéo-chrétien, Barhébr., 1. c, lor>gS\o ennemi, pi. lon,S\o, comp. hébr. 313Î Sj?3; lîo^û h+2> tombeaux, Matth. 27, 52; 2^2 ]m*B greniers, Luc. 12, 18; ]*èMr> b^L assemblées, Ewald, Lehrb., p. 666, note 4; fabs b^a temples païens, Jul. 3, 5; dans ces derniers mots, b*o a le sens d'un préfixe de lieu, § 246, 2° a3.

1. Il est vrai que, suivant Amira p. 74, le pluriel de ce mot était K°!^, comme s'il appartenait à la forme SSJi ; mais il est bien plus rationnel de

rapporter ce pluriel au singulier f^h, § 230 c.

2. |1o^mift couleur écarlate est le grec Soyivov, v. Lexicon Bnztorf sous le mot JlJDD; 1° spiritus asper s'est changé en sifflante, § 376, d'autant

plus aisément qu'on songeait aux mots syriaques yûtt mite, petit ver et P°v couleur.

3. Si V^r^o-à, adulateur, Barhébrœus, I, p. 25, 1. 1, X&A0** chaque (cité par CastelU sans exemple), sont syriaques, comme semblent l'indiquer

b) Quand l'union est plus lâche, le premier nom est susceptible de flexion ^éééq* >Iaia oiseau fabuleux, hébr. D*3}*1 8p?î Job 39, 13 (il est construit comme un féminin singulier! ; 9* poa oiseau aquatique (attrape -poisson), Lév. 11, 16; )***9 \-*s

elephashircus, |L[ }L> hirco-cervus, Barhébr., p. 20, 1. 8 ; l^ >L hircu8 montanus, Physiolog. Tychsen, ch. 4; ]fn^ ****1^% espèce de chameau, Barhébr., 1. c, comp. ^l^-i-à ; , à\nàWQjs centaure,

foéoo? intendant; I^qJoua Iach grande prêtrise, de p<" *cn grand prêtre.

Les nombres 11 a 19, composés des unités et de dix, s'unissaient assez étroitement pour que les premières subissent une perte dans leurs lettres, § 109.

Le syriaque possède aussi des noms d'individus formés de deux mots, en dehors de ceux empruntés a l'onomastique hébraïque, comme |<nJL ^>ouI Dieudonné, JL^ ?o^ chasse-cerfs, etc.,

v. Barhébrœus, I, p. 6, 1. 18.

Les noms de parenté, si usités en arabe, en pareil cas, le sont moins en syriaque : \d\pere, m frère, ne l'étaient pas, en dehors des noms empruntés de l'hébreu; ils avaient perdu l'état construit, § 224 a; Barhébrseus, I, p. 6, 1. 10, donne «2o|? <iia*) frère de sa mère, sans doute le sobriquet d'un individu qui avait épousé sa tante maternelle.

Cependant j£> fis fait partie non-seulement de noms propres : » r*?r^> Bardesane, ^ùo.^a Bar§aumâ, etc., mais des adjectifs, qui indiquent 1 affinité, paMâ yo contemporain, )i±a +& ou j£>

o v » y oo * y ,

\Loh*\ ôjxoucjtoç , jZoio? +£> 5[Aotouato;, V»^Jno r^ Jtw *m# immédiatement, Barhébr., I, p. 130, 1. 8 et ult. 141, 1 ; des substantifs communs, Jà-k£> Î& esclave, Anal, sur., p. 150, 1. 22, \h±n +£> bât, (i dorifiquef), Bar'ali, 2581, )?\~ +& homme libre, V*Jf° homme !; d adverbes, )h\±jC) ou oià:^ j£> de suite, ouioa* yo le jour même. Vus maître est employé dans le même sens, mais substantivement : pu? V*£> adversaire, l^SV) V*o ou l^Nv» ^ê conseiller, etc.

oo . * r p^oa-à, d'une part et targ. fflfi, hébr. thp d'autre part, la seconde partie

lu*? ou Ve? est un suffixe étranger.

1. Mais V*m r^ signifie yrain de semence, rac. 'f^, comp. *D IS, conlrà Mand. Grcmm., p. 183.

des

^**$ tête ou ^ch grand, chef, indique le premier rang et répond au grec opxt, potiâ ,-a-^ et Jjioœ *£>} archipretre, |f»? «-a-ô arcftimandrite, \ê>£oiû ^à^h président, \LmJ5] «-a-»* patriarche, ]Zo\& ^î centurion, etc. Dans un sens plus général, «-a-»} se rencontre en tête de noms d'organes ou de plantes.

Pour les féminins, on se servait de A^LjUle, JLo 2^L vocable,

c) Nous avons dit, § 252 a, que le suffixe du diminutif s'ajoutait au second mot; celui-ci recevait également les suffixes possessifs qui, après le premier, auraient rompu l'état construit: *nSv> n^1£> ses conseillers, a/nitân ±-a (Anal, syr., p. 67, 1. 10) mon frère en vieillesse. Quant au pluriel, trois cas sont à distinguer : 1° le composé est traité comme un mot unique, Vi'noSso affligés, ajoutez les noms cités ci-dessus a) ; 2° le premier nom prend la désinence du pluriel, mais le second la reçoit aussi par analogie : \ ,^i U£*&j calomniateurs, de K^o ^1 ; U^* >ïSnà> licteurs, de U°à> Va-*,; \Ljd >*£>$ intendants, comp. ^émn^ >É*in,

cité plus haut, avec le targ. KtottH XTO hVÏ!T\] |Ld alo vocables; 3° le premier prend seul le pluriel : taJl ^^ hommes K

)x±i \aa, fardeau, de \ï±4 \aa, prendre charge et Wr^ X* w v> châtiment, ne se rencontrent pas avec le pluriel.

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