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Etat emphatique

a) L'arameen distingue encore dans les noms l'état emphatique, c'est-à-dire déterminé êjjuporixéç, dans lequel Particle s'adjoint au nom comme suffixe, au lieu de lui être préposé, comme en arabe et en hébreu. Qu'il s'agit bien là d'un véritable article, de la particule démonstrative |oi, § 173, 1°, et non pas d'une désinence casuelle ou de quelque voyelle de prolongation, c'est ce qu'indique l'influence de cette terminaison sur le radical, qui devant elle prend la forme de l'état construit. Ainsi dans l'arameen biblique ou targoumique, KJ3 bô est composé de l'état construit ^yO et de la particule hâ, dont le hé est tombé par l'agglutination. Quand, au contraire, cette particule est préposée, le hé demeure, comme dans les pronoms poi ooi, § 173, 1° et dans l'article hébreu. Cette faculté de placer un démonstratif avant ou après le nom, l'arameen la possède aussi pour les pronoms *; on dit indifféremment, ]sas> p<n ou poi l»a cette» coupe. Quelquefois aussi un substantif est à l'état construit avec un pronom poi yV>o«r> aux jours de celui-ci, ^oJ<ji <£ooufc&s la sottise de ceux-ci, Barhébraeus, Chron. 388, 504, 596.

A l'état emphatique, le nom est donc déterminé et l^Sso signifie, en principe, le roi. Cependant l'entassement si choquant des démonstratifs, par lequel une langue vulgaire cherche à atteindre à la clarté, comp. § 302, finit par enlever sa valeur au suffixe déterminatif et )nSsr> a le sens de un roi ou le roi, suivant la phrase.

L'état emphatique s'est alors généralisé au point de devenir la forme usuelle, et l'état absolu, que l'on ne rencontre plus que dans quelques tournures de phrase, est souvent difficile à constater. L'expression d'emphatique est donc inexacte, rigoureusement parlant, mais comme elle indique bien la nature de la désinence, nous la conservons.

b) L'état emphatique ajoute â k l'état construit; mais dans les noms qui ont une voyelle faible devant la dernière consonne, cette voyelle tombe ou passe devant la consonne précédente, si celle-ci n'a pas de voyelle propre, § 96; l'état emphatique masculin singulier se confond donc avec l'état absolu féminin singulier dans les adjectifs et les participes, ainsi que dans les

1. Le suédois et l'islandais agglutinent également l'article au nom déterminé et lui donnent les désinences casuelles.

substantifs qui forment un féminin : \n\yn roi, tt^ veau, )ioZ taureau, \£>b*> écrivant, Vcuke écrit, V*^4 découvrant, K^ découvert, \^4 jeune homme, \L±opo jetant ou jeté etc., comp. § 2576.

c) Dans les féminins, la voyelle faible du suffixe de l'état construit at tombe devant â qui s'ajoute et la terminaison est 'thâ ou simplement ta, § 124 : fonSv» reine, 1^^ génisse, feol vache, )koko écrivante, làruke écrite, 1*-*^ découvrante, ]h iS^

d&oiwerte, \i**^*ji jeune jille, )h*Ly& venue.

Le participe passif des classes dérivés se distinguait du participe actif ou des substantifs dans les lâmadh-aleph, au moyen de la diphthongue ai : ]h.^^o établie, mais \h •; iv> établissante ou établissement, camp, Barhébreus, I, p. 38 ult.j ainsi dans les radicaux forts, ]h^>bj£D )h^>2^o etc., se distingue, comme passif, de l'actif }^e>2^aào JkûLaio, cependant de ^-£-*juio croyant, le féminin est iMvuquio, A et. 16, 1.

Dans ]L*uL^ jeune jille, \h^ et ]l^y § 132, la diphthongue ai demeurait contre la règle, § 92.

d) Au pluriel masculin, le suffixe â ajouté k la diphthongue ai de l'état construit, donne un groupe ayâ, qui se maintient en judéo-araméen notamment , ; mais en syriaque, il se contracte en e : K^ft KJT3J £*& !*<> § 104> 2°-

La terminaison forte demeure cependant, en syriaque, avec les lâmadh-aleph, parce que le youdh du suffixe se redouble, en se confondant avec celui de la racine : \a±5 paissants, V*^ découverts, fl^û créés, V^aj gazelles. Quelques substantifs ont la forme contractée : V»?5 jlots, V»?^ solitudes, pS avantages, Barhébrœus, I, p. 19, 1. 11, Vr^ froids, Barhébrseus, I, p. 30, 1. 11, comp. § 277 ci-après.

Les monosyllabiques avaient également la forme forte : \+i£ JlL, Ci*] V& V^ûlé. £5l V^V? § 224> excepté V^? sangs (peu usité), par distinction de X&ïprix, $\s fruits, VM faces, \B\ bases.

e) Au pluriel féminin, â s'ajoute k la terminaison ât qui n'est susceptible d'aucune modification, fonVft là-»-^© )zda^o, etc.

1. La contraction de ayâ en ê n'a lieu dans ces dialectes qu'après le suffixe analogue <ît, comme K."H^5 du sing. XJ*!fc?2. Le palmyrénien a aussi des formes contractes à côté des formes pleines, ZeiUchr. d. D. M. G.,

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