Chapitre XXII
Noms avec les suffixes possessifs.
281. Les noms singuliers prennent les suffixes des pronoms personnels de la même manière que les verbes terminés par une consonne, § 160; les seules différences sont que le suffixe de la première personne est réduit à un youdh quiescent et
1. V. Barhébrœus, I, p. 47, 1. 12 et suiv. comp. I, p. 162, 1. 16. Ce grammairien ajoute encore une terminaison V&-* et cite le passage de Ezech. 16, 30, Hexap. 1,^ |à-n*)j3? J*-éJ1 K*J|, mais, si le mot est grec, la terminaison l'est aussi.
que les pronoms de la troisième personne du pluriel deviennent suffixes.
Voici la forme que ces suffixes affectent avec un nom : ** + >*£ 01 <n . . Qfi . in . ooi ~*<n.
a) En s'agglutinant, ils modifient le vocalisme du radical, suivant les lois exposées sous le chap. XV. Quoique le youdh du suffixe de la première personne du singulier soit devenu quiescent, la forme du radical demeure ce qu'elle était, quand il était articule : ^nSv> >*— o?1 sé-moû * vifr » iS\q ; mais, si la seconde ou la troisième consonne était une gutturale ou riâ, on insérait souvent une voyelle auxiliaire qui facilitait la pronon-
dation : ^auo ^Lûmi >+iZ) >*\tUï sÉê*nrsn >é\o^v>; la prononciation ne différait pas alors de celle de l'état construit.
Cette similitude de prononciation entre l'état construit et la forme avec le suffixe, existait pour les noms féminins : ^nsv> ^nojVn ^2>^oam ^àiooiJ ^L^2^ *+L£>,)Q£iJ excepte dans ceux qui avaient, à F état emphatique, la voyelle après la seconde radicale, que cette voyelle fût originelle ou qu'elle ait été déplacée, § 227, aAS^S *A/jn* ^LiO£U ^ZJûiû, ^éh^A ^ftBàoZ
^7\marià,z sj>ià>ob£i ^b^ao^û. Les noms de radicaux faibles ne faisaient pas entendre, en général, un a devant le taw du fé-
mimn : uà-9, *+z+m ^*^t^ ^^t3 ^^f-^0 ^^^4 -^^-âio; except.
w*Liû-»jff *±b±M, s^a^o^ *-*^m *-*k~' ^Ax0 ^Zf* et autres noms de
racines géminées, ^Z^ia? ^z) 1 o >éSNyiyi >éSS^io (les Nestorien8 disaient avec une voyelle adjuvante après la seconde consonne, >éSSv>sn >éNS&^o), v. Barhébraeus, I, p. 55.
Dans les noms où noun était quiescent à l'état emphatique, il ne redevenait pas articulé, comme à l'état construit, ^Mi^ Barhébraus, I, p. 56, 1. 11, à plus forte raison dans ceux où il ne reparaissait plus à l'état construit, ^ki^, de )kâ^ kl^, pi. £*H. De ]£t± église, const. z^, les Jacobites faisaient ^2.^ et
les Nestoiïens **z ^ Barhébrœus, I, p. 54, 1. 10; \z^a qui avait riâ articulé à l'état emphatique, l'avait aussi avec les suffixes, quoique celui-ci fût quiescent k l'état construit, on disait donc
1. ^f£ était également la forme primitive de l'état construit, devenu
par affaiblissement du riS ^r^j ^r" de Kf Jin, rac. jH, avait a enpho-
Les noms terminés à l'état construit par i>&iio la, § 258 J, conservent cette prononciation avec les suffixes : s*h\\i *+h^£> ~>ZOfL ^IaL^ *A£a©j, Barhébrœus, I, p. 56, 1. 24; II, p. 30, 1*3 du comment.
Les masculins qui ont la désinence | à l'état absolu, § 257 a? laissent paraître le youdh radical, prononcé avec b'wâsâ devant le youdh quiescent du suffixe : **-^ mon berger, *+*\ mon élu,
++£4 ma gazelle, >*-»,-• ma poitrine, ^*iN*> mon repos '. Telle était,
du moins, la prononciation des Jacobites; les Nestoriens ne
faisaient pas entendre de lj'wâsâ, tout en écrivant les deux
youdh, **&) ^a^ etc., Barhébraius, I, p. 54, 1. 15; II, 30 pénult.
Ceux qui avaient ai ne modifiaient pas cette terminaison, avec laquelle se confondait le youdh du suffixe de la première personne du singulier : -^ *v> mon breuvage, s*jt^os mon trône.
Ceux qui avaient ai, § 254, prenaient le suffixe sans éprouver de modification : ^r3^ mon bouc.
b) Avec les autres suffixes commençant par une consonne, ^Qa ^ %o<ji ^-kji, le radical avait la même forme qu'avec le suffixe -», les différences que Ton peut signaler s'expliquent par la latitude dont jouit le syriaque d'insérer une voyelle auxiliaire ou de ne pas s'en servir, v. § 143 et suiv. : .mnSv>,
.oml+O, .ooiL^-LD OU .O0i2^JiO, ,Qa\LXà^û, ^oatZ^Jiù^ ^omh'f\àB
OU . ooïkicuj^ ^ooiks, ou . ooiLs. ^ooifc^^ . oaihà^ny ^ooi^lo^
oou'oX
■ j, tOfJLJ^Ll, ,OOL*L*àÛt ^OOUfSj.
Les suffixes qui ont une voyelle en tête ne modifient, en aucune façon, le radical a l'état emphatique, dont la désinence même était une voyelle : jnNv» >a&d?1 oua-^oo «jjûm^ . à^oàx»,
Les noms terminés à l'état construit en à-» &•» JLo la \ >*, faisaient uniformément, comme k l'état emphatique, à-* JLo *»
devant le suffixe : <nhé\^ mb*^ mio^ a%za^. «-^J, oi-àkAlo
nique avec heth; dans ^r^ -^j3 de l^t^ rivale, l^f3 génisse, le riS était virtuellement redoubla.
1. La voyelle faible de la consonne initiale demeurait ici, par ce que ces noms étaient contractés de gabhyi, ^abhyi etc., comp. § 289.
Les féminins qui, a l'état emphatique, attirent la voyelle sur la seconde radicale, lui maintiennent cette place avec les sufhxes : <n ? j nu g^S^s mh^a^ù.
e) Dans les lâmadh - aleph , youdh radical précédé d'une voyelle forte demeure avec les suffixes : 1*oj c const. ^o^-o créateur fait s**o££>, ^-»o^d ouao^d . oov-*o^©; ^^aoJ const. >-*f»oJ étranger, ^fcaJ, «j-*joqJ <ju»^>qJ, etc. Dans le cas contraire, il s'articule comme une voyelle, § 143 : ^oovaJ}, ^oouiATk; les Occidentaux disaient de même, . otx^^û (mais les Orientaux, ^oquêjASo), de ^j-tào.
Dans les radicaux doublement faibles, aleph est mû ou quiescent selon le suffixe, quand il est précédé d'une voyelle forte; de || *o o const. ) éo o consolation, on dit *■»] *no tV»0^ <*l*o£> . ooi^ao ; de \\in const. \in ennemi, ^\ix +\ia m]iu ^cxnpjs^ avec aleph quiescent dans tous les cas.
282. Les pluriels masculins prennent les suffixes avec la diphthongue ai de l'état construit. Cette diphthongue demeure intacte devant les suffixes commençant par une consonne, tQié^Sv> ^ ÉnïnNVï Kom 'é^v.v> ^,-act ïnNsn ; elle demeure également avec celui de la première personne du singulier qu'elle absorbe (>«nSv> mes rois ne se distingue pas en effet de l'état construit) et avec ceux de la première personne du pluriel et de la seconde du singulier; ces derniers sont alors réduits à leurs consonnes, ^>iSv> ^\\n ^.«n'âViVr». Mais elle se contracte en au avec le suffixe de la troisième personne masc. sing. et en è avec celui de la même personne fém. sing., ^giasiSv-) m é^Sso, conformément au § 104, 2°, comp. p. 60 ci- dessus.
Les lâmadh-aleph ont une double forme, quand ils sont adjectifs: ou ils maintiennent le youdh radical ou ils le contractent avec le suffixe : vl^ ou »*si, ^^ ou j»*^, ^<jiq!^ ou ^oioli^^ etc. Les vrais substantifs n'ont que la forme contracte, comp. § 258c. Les radicaux doublement faibles suivent l'analogie du singulier : **\iu +*\i& %*<nolib ^oou^i», etc. ; ]ï~ fait : v*-m», +***, gift*ÉÉÉ, m éVéé etc.
Les collectifs qui n'ont pas de pluriel, § 275, prennent les suffixes, comme un singulier, quoique marqués de ribboui, v*i£ j& obi^; mais V*-3), a l'état absolu ^iàif, avec le sens du pluriel,
fait vtU] ^LéJ| ^ticLéJ) etc. ; \*î*d villes a avec les suffixes tantôt la forme du singulier, tantôt celle du pluriel : ^5oc ou +**&, ou*9ao ou ^<na*$oD.
Les féminins ajoutent les suffixes k la terminaison £ de l'état construit, que sa forme lourde garantit contre toute altération :
^fsnSV^ ^A£^Oj ci&â^Lû, ^ooifcÀIi^ . o<ji^1^? . ooi^^Dj . ogiZoJ* ^ooiZoëj, etc.
283. Les participes et les infinitifs s'adjoignent les suffixes comme tout autre nom; cependant, l'infinitif prend aussi les suffixes objectifs de la première personne du singulier et de la troisième du pluriel, comme les verbes : >àiSftnv>, ^oi| \ ftnv>,
284. lies noms courts qui suivent, présentent quelques anomalies :
\&\ père, M frère, Vûm beau-père s'unissent les suffixes autres que celui de la première personne du singulier avec un ou intermédiaire : jocf **oia»| âoio*», § 224 a; avec le suffixe de la première personne singulier ils font ^jd] >**) **iamy v. même paragraphe et p. 88.
f£> fus laisse reparaître è organique devant les suffixes qui n ont pas une voyelle en tête : ^^o \afir°, \àr)in, v001^0, t""*0* comp. § 224 e et p. 88 ; devant ceux qui ont une voyelle initiale, è tombe : ++£>, <*%+& etc.
V>o? sang, pn-* nom, qui ont 1 état construit «o?, >Q-*, prennent les suffixes de la même manière : ^lo?, >»v>4>y ^ootio;, ^o«jû*% ^09 ouio^ «t^Lftr ouiû-à,. ^Iid eaux suit l'analogie des l&madh-aleph :
^aIO, oJ&O . Oouîàû OU . Q<n é*ST>.
l*{2c ou Ifiô seigneur, § 279, prenait les suffixes avec le radical fi, état absolu inusité du second de ces noms : ^jio, «fa, ^ooi^ **'r*>, ^oio-fio? ^oouA^ii. Dans le Liban on disait >*éjV> par analogie des lâmadh-aleph, Barhébraeus, I, p. 54 pénult.
Youdh, suffixe de la première personne du singulier, était prononcé i dans *&*> maître! On disait aussi de Vo, ^*a moi
tout entier 9 ^s toute ta personne, Barhébraeus, I, p. 53, 1. 21 et 22. Les mots étrangers qui conservaient leurs désinences propres, ne prenaient pas les suffixes.