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Nombres cardinaux

Les nombres cardinaux dont nous avons donné la liste, table XXIV, diffèrent peu de ceux des autres langues sémitiques: x*nn, fém. \T~J a laissé tomber l'aleph initial, § 107 a; ^z deux, fém. ^^zhz est un des rares mots qui ont conservé trace du duel, § 260; riS correspond dans ce nom k noun en arabe et en hébreu, § 35a; * àVii cinq fait entendre une voyelle adjuvante a après le l?eth, § 94; ai )&-*, six ont taw dur, primitivement redoublé, ils avaient quelquefois aleph prosthétique, v. p. 91. Le taw répond k un ëin hébreu et k un tha arabe dans ^-»i£ *£*£ *8o^ § 23c.

a) Les unités 3 k 10 présentent l'anomalie commune k tout le sémitisme : les noms k forme masculine sont féminins, ceux à forme féminine, masculins. Cette anomalie s'explique par la considération que ces noms n'étaient pas, en principe, des adjectifs susceptibles des flexions ordinaires, mais des mots archaïques qui prenaient le suffixe de l'abstraction, § 251, en se mettant k l'état construit avec un substantif. L'état construit est encore usité, plus ou moins, en hébreu, en arabe et en éthiopien; mais, en syriaque, le substantif ne se rencontre plus qu'en apposition avec le nom de nombre et il ne reste guère trace de la construction primitive '. Le propre des noms de nombre étant d'accompagner un substantif, on fut porté k les considérer comme des adjectifs et peu k peu la forme appositionnelle remplaça la forme construite; une seconde conséquence fut de modifier les noms de nombre suivant le genre du substantif. Le suffixe qu'ils avaient revêtu et qui leur donnait l'aspect d'un féminin était demeuré avec l'apposition ; pour distinguer le féminin du masculin, on les ramena, par antithèse, k l'état simple et il se trouva, de cette manière, qu'avec la forme du masculin ils

1. Plus tard, cependant on a formé de nouveaux abstraits avec le même suffixe : )&X*fàû Zjttï* La Décapote, Matth. 4, 25, proprem. la dizaine de* «•Be». Cette construction donne une idée frappante de ce qu'étaient autrefois les noms de nombre devant les substantifs.

eurent le sens du féminin et avec celle du féminin, le sens d'un masculin.

Cinq de ces noms reprennent la forme abstraite, non-seulement k l'état construit, mais aussi k l'état emphatique, pour former un collectif déterminé : ]\±oi\ \h\n± |LïJLl les quatre,

sept, neuf (avec roukkâkh du taw k cause de *é, § 124), ]* *v>» les cinq, ]^u^, la dizaine (avec qouéàâi), v. Barhébraeus, I, p. 72, 1. 7 et suiv. Ces formes s'employaient principalement pour le quantième du mois, quand le mot jour n'était pas exprimé: 1«;*o lki>£>5| le 4 du mois, V*r^ Kr1^ ^ 10 du mois, Lév. 16, 29, Nomb. 29, 7.

b) Les nombres 11 a 19 étaient composés des unités et de dix. L'union étroite des deux nombres se révèle non-seulement k leur fusion en un seul mot, mais aussi k la contraction de deux tfqui se rencontrent k la fin du premier mot et en tête du second, comme l^mi^f 14, )jmîLâ,z 19, de veàf, v*Z et Jjjm^, § 109. Contrairement aux unités et conformément aux autres noms, les masculins ont la forme masculine et les féminins, la forme féminine : r-^r* r-*^- j-ai^^^i etc., pour les masculins et V^u^,* l^mLlSz fcmsfsN/ pour les féminins, où J^m^, par analogie des pluriels, devient )$&*> '.

Ces formes secondaires n'étaient pas assez fixes pour ne pas donner prise k quelque arbitraire : en poésie, les unités pouvaient suivre la dizaine, k laquelle elles étaient reliées par la copule o, k*»ï* ^-»l<Lo )ftt^ ,-i de douze mois, Saint-Ephrem ap. Barhébrseus I, p. 70, 1. 23. Dans les quantièmes de mois, le nom de la dizaine avait â après le riè, au lieu de ê, \iaiLcn]

Véî*o le 14 du mois, V*r*^ I^o^jlLûm i# 15 du mois, \^j^n f^fc> uu. ou Vk|Iû l^wsnà, le 17 du mois, Gen. 7, 11; 8, 4: Exode 12, G; Barhébrœus I, p. 72, 1. 3 et II, p. 96, comment 1. 8; le dix se disait K-^ l^f^» Lév. 16, 29; Nomb. 29, 7; comp. )£o£Li,| k seize, Aphraat. 229, 2.

La forme abstraite là^rif, fo*^- etc., apparaît encore dans

1. Cette tendance des nombres à suivre les flexions des antres noms non-seulement pour le genre, mais aussi pour le pluriel, est manifeste en araméen, comp. *&ÏÏ?"Çn ,K2*::*1 'HT^V Cl"1 targ. Onkelo» et pour le syropalestinien, Zeîtschr. d. D. M. (?., XXII, p. 483. Ils prennent également la forme du pluriel avec les suffixes des pronoms, § 288.

la seconde forme des masculins : jVt\K nb\ 14, y wsInav^ié 15, ji\thê. 16, jiwhnà, 17, iuLhlz 19, Barhébneus, I, p. 71, 1. 24 et Chroniq., p. 418 et 424 (dans ces deux derniers le *é de Vûa» et v*z tombe, mais après avoir occasionné la coloration de la voyelle); ,*msMv>z 18. On disait \l£o£z. les Douze (apôtres), UjMSyÉi les Onze, Barhébrœus, I, p. 72, 1. 11.

c) Vingt se formait de IjJb^ au moyen du suffixe du pluriel absolu, comme dans les autres langues, v «,• m s; les autres dizaines ajoutaient le même suffixe aux unités correspondantes: ^fc^z 30, v»soif 40, etc. Ces nombres se construisent avec les unîtes qui suivent, au moyen de la copule o : ^SZo ^êf\,S/.

32, )L£»|o véSo^ 44, etc. ; plus rarement, les unités précédaient: r^juLo tL£»f 24.

\y& cent était invariable : ]]£> 2^z trois cents, l^aLoZ huit cents. De ce nom on formait un abstrait ou nom d'unité, susceptible

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de flexions : ]Zpo un cent, ^-»^V* deux cents, )£o)io des cents, h^Z fêfcaOO, ?io}i \I»f 400, Barhébrœus, I, p. 72, 1. 23.

*a\ mille l servait pour le masculin et le féminin, mais on distinguait un état emphatique l^IiL et un pluriel, vïfX, emph. til ou |ll^, -a*i W 4000, -**& £al 7000, Marc. 8, 9; Rom. 11, 4. Devant l'unité, on mettait l'état emphatique V*^ U^L cinq mille, Matth. 14, 21.

|za£» dix mille était un substantif formé avec le suffixe \2*oy § 255, et suivait les flexions propres aux substantifs.

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