Chapitre XXVI
Des adverbes.
293. Les adverbes comprennent, en dehors des particules, des adjectifs ou des substantifs qui demeurent k l'état absolu devenu si rare. Les adjectifs ont la forme du masculin ou celle du féminin, mais les féminins ne laissent pas tomber le taw du suffixe at, § 251, ce qui dénote un état archaïque : ^ éSo un peu, j*£t* davantage, >*»» beaucoup, ^H et ,- * a * bien, f* *o moins,
V^ nu ; 2^àj« en vie ou cru, &£» beaucoup, l^£*> nu, 2l»o*> égale-
ment, i^^A finalement, à-àiOyà en premier lieu (on trouve aussi le masc. >^û|-o, Anal, syr., p. 28, 1. 26); aj. les adverbes de noms de nombre, comme lqIjJL Voé^véS/ etc., § 286.
Une désinence très-familière au syriaque est celle fc-»l qui est également un féminin absolu des adjectifs en ai, § 254 fin, comp. § 104, 1°. Le suffixe à-4 forme des adverbes de la
manière : ^ èjviÉn» sagement, k*pa» en grec, h—*\*i~ en païen, ^-»|«A divinement, h— j^^ premièrement, fc— Aj*** uniquement,
L-»)^ -£> défectueusement, ^ *\**J doucement, 2^p^-s corporelle' ment, Mjl»o« >, spirituellement. Ces adverbes sont très-communs dans les traductions faites du grec, où ils répondent aux adverbes grecs en <oç.
Ce suffixe est ajouté quelquefois k une locution adverbiale formée au moyen de *c : &*faom£> en syriaque, l^do^g en latin, Mûo^£> en arménien, Mand. Gramm., p. 201, note 1.
Les noms de temps et de lieu peuvent être construits comme des adverbes, sans préposition : ]hA n\ ou ^-£>1 I,-* une fois,
o y y * Ay9oy
VV *^ft ^ à\o\ de nombreuses fois, lf-^ longtemps, ]) 'i-tn Jà-ioâ» pendant de nombreux jours, -io* ou liàoo* aujourd'hui (de V^** et v«ji ou "p«5i? syro-palest. v? >o^ ou ^^oo^), kooiaio gratis, 2a± à jeun, ^£> gratis, 0Us* comp. héb. J|û !.
Mais plus souvent une préposition détermine le rapport du nom avec les autres mots de la phrase : h.*^^ au commencement, V&û ^partout, V^sn ou \-^> promptement, ) • a>o l n ou >ÉÉà>ofto ew secret; *S^ ^ Je mte, |o^t ^ «a?i* cesse, ly-^o de ^-i et )r»1 § 110 3° (s.-e. >lc»l) d'une fois, tout d'un coup; avec ? du génitif, § 317, ]b±±'i sur l'heure, wû^? bien.
Dans quelques locutions, ? ^ se place devant le nom avec la proclitique uo : Jl é**d^ *a) virtuellement, )\-ïo}acn +ï) souvent,
|MYir>? ^-à| partiellement, ^nomo? ^-à| par abréviation, \±iq*£>ï +*] par distinction; \^r*> c'est pourquoi, était formé de ^a^ couleur, nuance, espèce, de *£> et du ? du relatif, targ. 713p.
294. Les adverbes proprement dits comprennent des particules, simples ou composées, et quelques substantifs seulement. Ils se divisent en : adverbes de lieu, adverbes de temps, adverbes d'affirmation, de négation, de comparaison et d'interrogation.
1° Adverbes de lieu : |a et V°*" ici, \s£± \o^n^, par ici, ]oh<n ^
ls*o d ici; r^o-i ^-io^oi et ^-U là, ^ûbJ^par la, ^oz <-io de là; j* où, ubi, ^^ où, qub, V=^l où?, V^n-*| d'où?, avec o<w, oa*| là, où, Job 3, 15; \<ji^ au-delà, \ou^bm id., Barhébrœus, I, p. 166, 1. 14, v. sur la formation de ces mots § 173.
2° Adverbes de temps : ^-»? or (ancien pronom, § 173, 3°), ^-»r*<" et t^r*01 <dor*> V*01 maintenant, de )<n et l£"S § 108, 5°, \^C^ \£dj± jusqu'à présent ou par contraction ^iû^, v. p. 92 et 102, V*aào
maintenant, \^o^. jusqu'à présent, de ^, ^ et Vas mesure, V^a,^ p
pas encore, ^bïû) quand?, de >-*l, § 173 2° et ^h±o, ,-a ou ^o9à£> ensuite, targ. pirO comp. p et JfcO ici2] VloZ ou s*2^ioZ Ater,
1. ^û^oi était employé par Antonius le Rhéteur, v. Barhébrseus I, p. 166, 1. 1, dans le même sens que l'infinitif ^[ibn en hébreu, pour marquer un mouvement continu, v. Ewald, Lehrb., § 2806.
2. ^-« dans le sens de ainsi ne se rencontre plus en syriaque que dans
py o oy y + o
les composés P*<", h^a| et dans la locution ^û P à plus forte raison, encore moins, talm. p^ ^2 Vfb, targ. J?^ bï. Voici un exemple, cité par Barhébrœus, I, p. 164, 1. 25, où ^* P est pria dans ce sens : Ciiû-a^ \1lcl* \<*
hébr. SlÛfl ou StÛH$, iSWvîv» avant-hier, sans doute de ^ et *i*ioZ; ^,-oà-É.) ou i-oû^l Vannée passée, targ. IpfWK, de )***>, targ. KTW année et îa*^ précédent; ^o demain, hébr. *1HÇ !.
3° Adverbes afjirmatifs, négatifs, hypothétiques. *-*>] oui, |J non, avec o<n, qL ne j?cw ou non pas, jud.-aram. K? 1K? (avec ? du génitif, P? a le sens de la préposition sans), contracté avec vl, PI sinon, mais, avec un sens exclusif (la forme non contracte |3 J s'emploie comme conjonction, à moins que); \£&> sans doute pas f pftv., Matth. 26, 22; Marc 14, 19, d'où par abréviation >o^ sans doute;]*^*) et, par contraction, >©?, § 110, 3°J, est formé de >lû^ et de la conjonction ? et a le sens de : de peur que, afin que . . . pas, ut non, ne, mais ces particules sont employées aussi comme ad verbes du doute, peut-être; V^ seul était aussi conjonction, ne pas, 2 Corinth. 6, 3. Dans ces mots \&> avait encore la signifi cation négative qu'il a ordinairement en arabe, v. § 172, 9° comp. targ. KÛ?, *Pr5> d'où le néo-hébr. a formé ffiSs pour rt>?, k cause du mim, § 93, 2°.
<c{£> mais, de \& £ hors quoi.
jûa déjà, peut-être, targ. *Û?> tirait sans doute son sens dubitatif de la particule $£>.
\aô<ji donc, de |oi et V*a ; *£>o£ de nouveau, de *c£ retourne»'; °r° suffit, assez, propr. tel quel. ^soLa,) puisse! -*o^ id., targ. *\b et icb2] p ou véJ quceso, hébr. K), ^i soit, propr.*/aw-n/>u* vivre.
4° Adverbes de comparaison, d'interrogation : ^oa azacoi ainsi,
LUô? ]2<n \bj^G <-a P ^L ^^umlo |3 )fsûi. Voici que les cieux et les deux des cieux ne te contiennent pas, à plus forte raison cette maison que foi bâtie, I Roi» 8, 27, comp. hébr. Î?S, ar. ÏS$.
1 or *— * ' o y
1. N'est-ce pas i*VîN qu'il faut lire, Luc. 13, 9, au lieu de * «IViX *ii1ViNy >éé>|V^S etc., comp. Barhébrseus, I, p. 4, 1. 23? Le sens serait tu le couperas (le figuier) le lendemain.
2. Ces deux adverbes peuvent être considérés comme des impératifs des
verbes ^b*** (inusité au p"al, v. § 86) et 1&^ qui tous deux ont le sens
y yy
^associer. La forme >-»ûi* des impératifs est archaïque, comp. >*V1é >-*^jm,
§ 213; elle ne doit pas être confondue avec les particules 'h K*6 J aux-
quelles correspond Q^. ****» loin de est un parfait dans le sens d'un optatif:
Dieu épargne/ v. § 374c. *£a£Là, à plus forte raison, v. Sindban, 6, 12,
Josué le Styl. 14, 18, est un impératif, laisse!
3. Cette particule est formée de la même manière que ^fi\y y. § $90,
Vioci id., targ. pfl de KTI et p (ces particules ont souvent comme antécédent 9(iLT| de même çue); ài^ de wiéroe, §§ 87, 92 et 102, à-ix> ou 2^ao| à savoir, de ^ et **»}, § 1 73, 4° ; *•* nttm; lia*] comment?
295. Les prépositions composées avec ^ et ^ étaient aussi employées comme adverbes : Via* au-dessus, h*h^± en bas, a^ au milieu, fQ2^ au dehors, j-k»^ de côté, à part; \±2*> ^ par dessus, h^bl^ ^£> par dessous.
Quelques adverbes prenaient le suffixe du masculin pluriel absolu in, quoiqu'il ne puisse être question de singulier ni de pluriel, quand il s'agit de particules. Nous avons vu, § 292, qu'un certain nombre de prépositions prennent les suffixes avec la forme du pluriel. Ces terminaisons masculines ou féminines donnaient au radical le sens d'un abstrait, comme dans les quelques substantifs, énoncés sous le § 276.
Parmi les adverbes de cette forme, on rencontre <-àào?oû^ ^ autrefois, Ps. 102, 25; Is. 1, 26; ^Zo^ récemment, rac. lj*, Judith 4, 3; Cureton spicil. 2, 7; ^Tsi.onN? véritablement, de jL*oo, Anal, syr., p. 1, 1. 4. Nous avons dit, § 275, que \hJ>*& n'avait pas de pluriel.