Chapitre EL
Des pronoms possessifs et réfléchis.
308. L'adjectif possessif est exprimé par le suffixe du pronom personnel : mr£i^ son esclave.
Quelquefois le suffixe est objectif et non pas possessif: <nà^«? IfWJT, Exod. 20, 20, sa crainte (de Dieu), c'est-à-dire, la crainte qu'il inspire; ^J+co^ en souvenir de moi, etç tt,v è\txtv àvajjtvr^otv,
• *,+'*ooopo
1 Cor. 11, 24 et 25, vo<jifc-*a£u,£ ^ liao? \li] les hommes dont tu méprises la louange, Anal, syr., p. 6, 1. 11.
309. Quand deux noms sont à l'état construit, le suffixe est pris par le second, comme en hébreu, bien que se rapportant au premier; le lien étroit qui unit ces noms ne permet pas, en effet, au suffixe de prendre place entre eux : ^sZho^z b^L ta maison de commerce, Ezéch. 27, 16; KomZo-r£u<n Zoj Étn^S ^ ^ookA^k voiànSo il censurait leur manque de foi et leur dureté de cœur, Marc 16, 14, comp. § 256 c.
Cette tournure est usitée, même en dehors de l'état construit, quand les deux noms, liés par le sens, forment un tout : l*J|
t^ûxî tss compagnons de captivité, Ezéch. 11, 15; ^-lûJott? foiêN notre pain nécessaire, Matth. 6, 11; ^ooi^ôaij? 1^1^ leurs idoles impures, Ezéch. 17, 20; ^-à,?oo? piu, mon saint nom, Lév. 20, 30; ^*V*? |à-k?ok£> dans ma confession de la vérité, Jacq. de Saroug, Zeitschr. d. D. M. G., XXXI, p. 384, 1. 3.
Si le lien est lâche, le suffixe est pris par le nom auquel il se rapporte : £aUÏ? *fi&o| ^ PI&Î ^|PTTO, Ezéch. 16, 27; iLL )ià<f\*i ton œil de droite, Matth. 5, 29, comp. Act. 3, 7, Apoc. 1, 17.
310. Le pronom, possessif est rendu par V*? suivi du suffixe de la personne, § 178 : J/onSv» ^<jT ^L*» V&io parce que tienne est
la royauté, Matth. 6, 13; ^*1*-»? *^-»?° 0<" *^-»? otn ^*?? >o^ \^> o<ji tout ce qui est à moi, est à toi, et ce qui t'appartient, est à moi, Jean 17, 9. 10; >-*gioNon ]3 «^^70 \A) ctSé,^ il vint aux siens et les siens ne le reçurent pas, id, 1, 11, comp. 10, 14; Luc. 6, 30; voe»^»? ^ ]nSv> un roi des leurs, Josué le Styl. 16, 19.
H sert aussi d'adjectif possessif, isolé du substantif. Tel est nécessairement le cas, lorsque celui-ci ne prend pas de suffixe, § 284 fin : «J^? \*io\£ sa théorie, Jacques d'Edesse, Epist. de Orthogr., p. o, 1. 24; «J^? ^rt**3 son prétoire, Josué le Styl. 22, 7; <n^»? jgQg-iSn son clergé, id. 29, 6; mais souvent aussi, lorsqu'il pourrait prendre le suffixe : ^i^? \LJ\ mon temps, Jean 7, 8. Devant le substantif, il reçoit une certaine accentuation : ,^»? )koo^? 001 \lû*a \£>i \&*a t-*i notre plus grand jour est le jour du vendredi, Aphraat. 228, 22.
311. On l'ajoute, avec quelqu'emphase, h un substantif pourvu du suffixe possessif: ^-»? jIéSo dans ton propre œil, Luc. 6, 42;
«t^7 <nàMaû«à,ki* pour sa propre gloire, Rom. 3, 7 ; t~**? ^ en
■ iit* ** * * * •
nous-mêmes, 2Cor.5,19; en tête de la phrase, ol^)z| oii^? ^ ^1
^ao^o lui aussi, on l'avait calomnié, Ined. syr. 2, 11.
312. Nous avons dit, § 306 a, que pour déterminer un nom précédé d'une préposition, on répétait devant lui la préposition avec le suffixe ; la même tournure est usitée avec un nom précédé du d&lath du génitif, § 316 ; mais, comme le dâlath ne
prend pas de suffixe, il est remplacé par V*? : JàJUyLo? <n^*»? de la ville, Josué le Styl. 26, 15; l?oi 1^1*? <k±>*i de cette année-là, id. 25, 13 ; zl\> *** UfV^- <*"^? ^ ^ Varo^ ^ cette kttre-là qui vint, id. 5, 13; fo$ «^L»? ji,^ l'église d'Amid, id. 70, 5.
313. Le pronom rêjléchi est quelquefois exprimé par les pronoms suffixes avec une préposition : «^ soi ou à soi, <*^> en soi, n-iLo ae «M, ouia^ avec soi, oizai* vers *oi, onko après soi etc. : o« ou^ooi (i^? celui-là qui s'est révélé, Anecd. sy i\, I, p. 32, 1. 22 ; ^o^^io <n-^ il se prépare, Anal, syr., p. 6, 1. 15; même sans préposition: qiXêÉ» qul^oo ooi xiSaJ t7 se Zivra lui et' toute son armée} Josué le St>l. 64;i4.
314. Plus souvent, on se sert d'abstraits avec les suffixes; tels sont notamment : ^aJ kAlo, t^y **oif ^so^3, indiquant / être, la personne; ou^aa aiL* i7 s'étrangla, Matth. 27, 5; <ji-éaj Zoé^ ,-lo de lui même, Josué le Styl. 21, 8; ^1 ^Lûoiûje me donnerai, 2 Cor. 1 2, 1 5 ; oviooJLo ooi j.Vni? se faire roi soi-même. Josué le Styl. 1 2, 1 7 ; s^afc-» <-*^?^ PI si ta rce te connais pas, Cant. 1,7; ^aV» oA^nviN a te corrompre, Anal, syr., p. 5, 1. 10; <?uoî yooio # se fait périr, Apocr. syr. 4, 1 ; cuso^s V* sur lui-même, B. O. I, 485.
V*? suivi des suffixes, § 310, s'employait aussi comme ré-
fléchi : oCs^? ouïio de lui-même, Josué le Styl. 56, 8.
315. Dans tous ces cas, le suffixe pouvait être objectif et complément du verbe : «£-» V* ^ocu^l^s q-é4^ ils aiguish-ent leurs fers contre lui, Jacq. de Saroug, Zeitschr. d. D. M. G., XXX, p. 242, 1. 5. C'est donc le sens de la phrase qui indique quand le suffixe est réfléchi et se rapporte au sujet. Pour préciser, on met quelquefois devant le réfléchi le pronom o<*7 comp. § 300 ci-dessus : o<n ovjlaJ, ouiooxo ooi lui-même. Singulière est la construction du suffixe avec une double préposition : <n-^.o oUio, Anal, syr., p. 68, 1. 27 et 28, ou ^a^o «i&, Zeitschr. d. D. M. G., XXX., p. 223, 1. 1 1, 243, 16, de lui-même (suivant Bar'ali, Man. de la Bibl. Nation. 167, p. 181a, la première de ces locutions était en usage dans la province d'Elgéziréh, tandisque la seconde l'était dans la Babylonie); oL^o <nX£ pour elle-même, Josué le Styl. 19, 4; Anal, syr., p. 48, 1. 25'.