Chapitre VIL
Du verbe \o<* et des temps composés avec ce verbe.
333. a) La première radicale de )o<* conserve sa prononciation intacte et est articulée, lorsque ce verbe signifie devenir, exister, et renferme l'attribut, ou lorsque, ayant le sens de être, il précède l'attribut1. Elle est marquée d'un point inférieur par les Occidentaux et de deux points par les Orientaux, § 151 : ?o<no
v-kiûyû oi^t et U existait avant moi, Jean 1, 15; \r-3^ l°<? ^->? r-° lorsqu'il fu^matin, t#.21,42; ^oJgi Imooaô Jooio et U arriva en ces jours, Marc 1, 9; |ooi )±» ou© en lui était la vie, Jean 1, 4; <"r^*
licol Zooi )iÉÉàSn ^oa-»î ^ Za naissance de Jésus le Messie fut ainsi, Matth. 1, 18; ^ééS^ ^oou*1<l oooio e£ ils étaient nus, tous deux, Gen.2,25; ^£*. ooot vaSso f*^ )!&« tu avais dnqmaris, Jean 4, 18. Suivant Barhébraeus, I, p. 107, 1. 11 et suiv., hé était articulé dans les phrases suivantes : JfcJlo? |o<n p ^p> \o£L Dieu n'est pas
Oy OOOO+OO
le dieu des morts, Matth. 22, 32; I^qlo? Jooi p parias \Xm cette maladie n'est pas de la mort, Jean 11, 4. C'est à tort que dans l'édition de S. Lee le hé de ces phrases a la ligne occultante, comp. : \a!\x> Zooi ^nsvià,? ^oOio J^^o et l'une d'elles était celle de Simon
Pierre, Luc. 5, 3.
b) )o<n est enclitique et marqué de la ligne occultante (dans les anciens manuscrits, il n'a pas de signe diacritique chez les Occidentaux, chez les Orientaux il a un point inférieur), quand il suit l'attribut : |o<* \l^a >a»^£ ^-i? qui depuis longtemps était aveugle, Jean 9, 13; tel est notamment le cas, quand il est verbe auxiliaire, § 335, ou lorsqu'il est au milieu de l'attribut : ^
l^frâÉ? ^oà-àooi J^ûik lorsque vous étiez esclaves du péché, ^o£-*o<n I^nAo |7oi)nS vous étiez libres pour la justice (suivant S. Lee; ^oà^ooi suivant Barhébraeus, I, p. 107, 1. 8), Rom. 6, 20; |?oi? \om âol)
1. V. Barhébrœus, I, p. 106 pénnlt. et suiv.; G. Hoffmann, ZetUchr. d. D. M. #., XXXII, p. 760; Nœldeke, Syr. Gramm., p. 209.
2. Dans ces deux exemples, la version héraqléenne de Bernstein a le hé qniescent; il est vrai que la place des attributs est a l'inverse de la P'Si*ta.
ip± le frire de celle-ci était Lazare, Jean 11, 2; au milieu d'un nom de nombre : viià> %*,zo )om k>Sà,z +& <o<ji^©Jo Abraham était
âgé de 99 ans, Gen. 17, 24; après jS, quand il est un simple renforcement de la négation, § 334 b : \o<* ^oz Jooi p oùx, îjv, Jean 20, 24. Il est encore enclitique après un adverbe ou une locution de temps ou de lieu, envisagée comme attribut : à*ooi ^z ai si
tu avais été là, Jean 11, 21 et 32; |o<* m^o foSso \om )tn\\n il était dans le monde et le monde était dans sa main, id. 1, 10 (suivant Barhébraus, I, 106 ult. et 107, 4; S. Lee a le hé articulé du premier et du second Jooi).
On voit par ces exemples que les ponctuateurs n'étaient pas toujours d'accord ; un même texte offre parfois aussi des variantes, comp. éd. Lee : oo<n ^^o, Jean 2, 12; |o<n r^z, id. 20, 24.
334. a) Le parfait )o<n a le sens du passé, M servant pour le présent. Souvent, il s'emploie impersonnellement : hb£> ^ |o<ho h • vrç et il arriva après que mourut, Jul. 7, 22; auquel cas, le féminin est également usuel, v. § 325 a : If^-^ rH ^OT fl °ù Y*P xoXov &rt, Marc 7, 27; «-^ Zo<n ^ lorsqu'il lui fut arrivé, Josué le Styl. 18, 2.
h) Après P, il n'est pas rare qu'il ait le sens d'un présent : p ^yilso h^om xat oux etfxî [iivoç, Jean 16, 32; ]v>Ss ^ oooi p? crt cm. étal toû xfapou, td. 17, 14; ^Méd ] a i; o 2^ooi po etf^e ne *t*w pa* ttw homme parmi vous, Hosée 11, 9. En fait, ce verbe n'était guère considéré que comme renforcement de la négation, ce qui explique la linea occultans du hé dans ces exemples; on pouvait donc, au lieu de ^ofi&JUf) V^f0 hu°(J% P°> dire aussi bien |o<* po ^oeiAkô V^f0 & w<>w JP^w ww homme parmi vous, Anal, sy r., p. 72, 1. 8 et 11. |o« tf est donc une négation, qui se met invariablement en tête d'une proposition, quels que soient le nombre et le genre du sujet; elle ne se rencontre que lorsque la négation est séparée du verbe par un ou plusieurs mots : )o<n p? \4j»o )2ac\ l*o*i ^oqiSft nn parce que la victoire ne consistait pas dans leur extermination, Josué le Styl. 62 ult. ; ^«nfràSo \)2^o ^ ]om p pvuqusa )r*\ & n'y a P*18 beaucoup de personnes qui se trouvent être des croyants, Anal. syr. p. 19, 1. 11; ^JLô |o<* p Mj^ V*J? ** vivre corporeUement n'est pas notre condition, id. 19, 23. Avec
an féminin cependant, on met aussi iooi : CUo iJû»w zon p fv» **<* VM ceci fi'eetf jww de V amour du prochain, id. 21, 22; <£ooi p zooi <*-**-.) liioj? eKe ne fut peu volontaire, Josué le Styl. 38, 17. |oo» apparaît ainsi dans la locution ?omNo p non-seulement; ]o<n P n iviêouioL \o°, P yilso I^ol. non-seulement Âvida ne veut pas croire, Spicileg. syr. 2, 16; p^ooa poi \o<n \1) joééNo ^oi^oP |ooi p
ce ne fut pas seulement à Edesse que vint cet ordre; yim^n )om p <w à\nZ p pLûLo non-seulement tu ne dois pas V acquérir, Anal. syr. p. 23, 1. 6.
cj Devant un adjectif ou un participe, il exprime le désir, comparez § 327 d7 et se traduit par l'impératif ou le subjonctif : ) v>éSéé ^b-àooi sois guérie, Marc 5, 34; v *jé\ ^o&^oa veillez, id. 13, 37; ^^* voL»o<* >a^ plat faites ainsi, Aphraat. 221, 22; &Jf v£^ ^r^010 ft^Sv^v» &*om prends conseil et agis ensuite, Anal, syr., 13,23; )^*s^ \£» Lom que ta pensée soit grande, id. 8, 7; 1 «Né ±om \h\ln \lbJ\ qu'une femme apprenne dans le
silence, 1 Timot. 2, 1 1 ; ^«^ r^i oo<w que vos corps soient purs, Addai the Apost. 35, 12.
L'impératif de \om était aussi usuel pour la seconde personne : rAcrLL. ^001 souviens-toi, ^^2 ^o<n sois tempéi%ant, Anal, syr., p. 13,
1. 25; 20, 25; ] ™SéIo ] — 0Ï0N 0001 soyez courageux et forts, Jul. 8, 12.
d) En dépendance d'un autre verbe, \om suivi d'un adjectif ou d'un participe, avait également le sens d'un subjonctif: )j^v> h*oai *\%*/\ efforce-toi d'être humble, Anal. syr. p. 8, 1. 6 ;
\$£^ T^ç*0 00<n? Và«(ji pi \e^je veux donc que les hommes prient,
1 Timot. 2, 8; ^f^3 ^O01 **r*1 ^°? lîm^l? ^ "^^ î**6 nous aivùom à observer le quatorze de chaque mois, Aphraat. 230, 1.
335. Jckji enclitique est mis après un verbe, pour former un temps secondaire.
a) Après un parfait, il exprime le plus-que-parfait : ^^ o« ,J*qéS )o<n ,^1 ssoiobm Hérode avait saisi Jean, Matth. 14,3; \iofc-*}
\û4 ^ 01^ |o<ji U avait appris la nouvelle, Jul. 8, 2.
Mais très-souvent aussi, il a le sens du passé défini, par oppo-
sition au passé indéfini que rend le parfait seul, § 327 a, ou par opposition k l'imparfait, c ci-après : uoio||i. >oL^9op oooi a^ ,00 1^ 0001 et lorsqu'ils furent entrés dans Jérusalem, ils virent le
Messie, Addai the Apost. 2, 10 (dans ce livre, ce parfait se rencontre presque k chaque ligne); ^ooiSéSh 0001 a^ ils gagnèrent
leur couronne, Jul. 4, 1; Jooi Joaio ou Zo<n Zo<*o è^sxo, Luc. 1, 8; Jean 3, 25; Josué le Styl. 31, 19. Lorsque plusieurs parfaits se suivent, il suffit de mettre l'auxiliaire \om après le premier seulement : ^""-^ pûo \zt^, |o9i y**! il prit Us églises et pilla leurs trésors, Jul. 3, 7; ^ooué^à oSnno . . . \b°^ oo<n omJ^ $] mais Us firent briller la vérité. . . et s'imposèrent, id. 3, 23; souvent aussi, il est répété après chacun d'eux.
Le suffixe objectif est reçu par le verbe principal : <n£\* r* Zom ath \* n o Zom lorsqu'elle le vit, elle l'accueillit, Addai the Apost 11, 8.
b) Après l'imparfait, il forme le passé du subjonctif : 1*û^? l/nnogSsnS Zom \^dZ |?oi Jà^ de peur que cette cause ne suscitât V inimitié, Addai the Apost. 3, 9; \om jpJo |o<* ^J ouiais 001?
(Abgar aurait voulu) se rendre lui-même et voir, id. 3, 6; |MSîw? %Io<5i ^oé&&3 (û ordonna) que les vaisseaux fussent préparés, Poème d'Alexandre, Chrest. Knds, p. 70, vers 8; 0001 volnâi p? \ in if Vopû^ jv^s au point de ne pas trouver de pain à manger, Marc 3, 20; )2ai? )o<n Jooii? pour qu'il fût un modèle, Jul. 6, 13; aii Jooi \^J qui aurait donné f id. 77, 21.
c) Après un participe, il compose l'imparfait de l'indicatif: 0001 ^aaéé^iûo .... 0001 ^éV)éo? 1*9oola^ v^| 0001 ^à\»o et ils voyaient
Us Juifs qui se tenaient . ... et songeaient à . . . , Addai 2, 12; flan Zom \£ub*i |^| laquelle était rédigée en ces termes, id. 3, 16;
\om |ooi «jd? da7W ZegweZ # étaà, Josué le Styl. 27, 17; 0001 ^o<n?
^2a& ^Jjai, ^4 gtit étaient environ vingt mille, id. 66 ult.
Quand plusieurs verbes se suivent, l'auxiliaire )ooi est, en général, répété après chacun d'eux, mais il peut aussi n'être mis qu'après le premier : ^éh^ééd ^Jûo ^2^*Jo . . . 0001 VàSnZ
^nSwo Us étaient en sécurité. . . descendaient, pillaient, ravageaient et 'remontaient, Josué le Styl. 16, 23; aj. 43, 4; 51 ult.; 66, 18;
j-Loàioo {on <L»àio ^ éDyS» tellement il était avide et réussissait, Jul. 6, 24."
Dans les phrases hypothétiques, il exprime le conditionnel: à*tO0i ïOènA, j-ûe ?'e «e?-at8 couché, Job. 3, 12; ooo» *^£>qlo V*1*d ^
^>peu 8: en faut qu'ils ne m'aient fait périr, Ps. 118, 87; ^? c^
y «y po » p p p y y p *J2*° ■? >»
Jio(ji ^owa^-*) p?Zo* P? P ^s| . <Ju J*oo» ^SSV) P |?<n quand même elles ne nous auraient pas appris cela, elles n'auraient pas été sans utilité, Josué le Sty 1. 5, 1 3; <V&iû ]S |<^? euLàl >qjJ9^z] p |» ottj ai Jogi si la loi n'avait pas été instituée, la puissance de Dieu n'aurait
pas été connue, Aphraat. 24 pénult. ; >+£$ va) ^ofc-àooi VêSr* ^ oS ^ofc^ooi ^iSr^ eî eYvâxeité V>h *at T0V ^oripa jjou â^vw^sixe âv, Jean 14, 7; \o<n ^ûou» ,-iû gpuî donnerait? Jul. 81, 25.
336. L'imparfait s'emploie aussi comme temps simple et comme temps composé.
a) Comme temps simple, il se construit comme l'imparfait de tout autre verbe, § 328 : J}*2 po ]Sia Jo«nZ tu seras aveugle et tu
ne verras pas, A et. 13, 11 ; ^>o^ \omL p |ZoLû la mort ne sera plus, Apoc. 21, 4; enZ&jp fa ]r£\ lO0lJ V homme doit être un chef pour sa femme, Anal, syr., p. 8, 1. 26; <n^ae) JooiZ? ^é9V> il persuade qu elle soit comme lut, id. 8, 29 ; oi ja» ^ Jo<nJ <j quand même il serait chez son maître, Sindban 1,6;? |ooU ^sj quand même U serait que, Jul. 8, 27, etc.
b) Comme auxiliaire, Jo«J devant un participe ou un adjectif exprime le subjonctif ou le conditionnel : ^r^> )°ffiJ veillons, Jul. 10, 14; |«\ Vu &jj >oam9 ]omZ sois aimé de Dieu, Anal, syr., p. 10, 1. 11 ; \&f& ^ooiMéd >a^o Jo<nJ P| «won, que la guerre continuerait entre eux, Josué le Sty 1. 69, 1 1 ; ^»î*^ voo«J? oia^o) ils instituèrent qu'ils feraient , . . , id. 24, 15; Jo«J *-àJl ?£^» 5«u r* ^ *i un homme s'égare avec beaucoup d'autres, Spicil. syr. 22, 12; ^éhIMo ^oo«J fc-fcJfA^ po ^aoJ ^oocU ^jJ-*iQ^ fa pour qu'ils ne
nuisent pas entièrement et ne soient pas entièrement endommagés, id. 21, 4; Tr»^»P ^iiS ^ooU V^Lo^J poi ]v>Ns? oiYiSnà> Vu? ^^1 ce* paroles qui ont été dites sur la fin du monde ici-bas, pourraient s'appliquer aux choses . . . , Josué le Styl. 41, 8; ^oou^ fi^J JooU qu'Us le conservent, Aphraat. 217, 7. lo«J peut ne pas être répète
devant chaque participe, quand plusieurs se suivent : ^o«Jo ,-aEiioo \z$ à 9 à, ^«aNfr qu'elles enseignent les vertus et rendent tempérantes, Ep. Tit. 2, 3 à 4, comp. versets 2 à 5.