‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 166 sur 209 · Chapitre XI · texte numérisé non relu

Chapitre XI

De la construction de Vinfinitif; de l 'infinitif absolu,

352. a) L'infinitif se construit avec son régime, comme le verbe; le régime direct suit ou précède, avec ou sans lâmadh, quand il est déterminé : |<n-L$ V^ji^. |I^i )S il n'est pas possible de craindre Dieu, Anal, syr., p. 7, 1. 12; ,-^j5 \yVnN .... )i^zz p l*iNv> p-fr-^OA, ne Rabaisse pas à accuser le roi investi du pouvoir, Josué le Styl. 8, 1 ; ^0^^% |Li nIàY>^ ^+1 U se mit à laver les pieds de ses disciples, Jean 13, 5; indéterminé, il n'a pas le lâmadh : )è**\i* ojOéMViS oo<n ^ÉÉÉnàV> jh qu'ils ne pussent supporter un emprisonnement, Josué le Styl. 13, 10; ,ov?>S ^2^ té>i-o?

qu'il était sur le point de livrer bataille, id. 18, 10; mais oSSnViS ]\ .. ^ m S pour perfectionner un grand nombre, Overb. 170, 20, corap. § 342.

L'infinitif prend les suffixes objectifs : « «viv^ ouicu^o il le

leva (le glaive) pour le frapper, id. 11, 17; w.'sooviX |^io <J s'il s' oppose à ce qu'il l'amené, id. 12, 10. Il peut, comme un nom, s'adjoindre les suffixes de la troisième personne du pluriel, mais plus souvent les pronoms de cette personne demeurent isolés, comme avec un verbe : ^oJ| niïSYiN . . . 0001 ^,^0 p Us ne parvenaient pas à les ensevelir, id. 25, 6; voî) \4nv1S ooï >fiÉ^ U est

facile de les tuer, id. 68, 10; ^J| *<AviS *J1 ^Oj vUio tu veux les apprendre de moi, id. 3, 9.

b) L'infinitif étant très-usuel, le syriaque évite les constructions, si fréquentes, en arabe, d'un ou plusieurs compléments avec un abstrait ou un nom d action, ex. : ^anm^s) ,-io r*^. jûs

)fnàààn? \rà] v^<noS^ Xi,mN U ordonna à l'un des évêques de lui

conférer l'ordination de la prêtrise, Josué le Styl. 63, 12; ajout. §3906.

353. L'infinitif se met souvent, d'une manière absolue, auprès d'un verbe fini, pour le rehausser et l'accentuer. Il précède généralement : > aVïTs M nàvuv» ^p^fiSn aJk si toute chose était servie, Spicil. syr., 3, 24; v^oianjLâ onAgsn p ^ en ne le traduisant pas du tout, Jacq. d'Edesse, Zeitschr. d. D. M. G., XXXII, p. 489, 1. 8; jooàio j©^ «^ Zo<w \*}~-) ))*& P il n'avait jamais vu Tyr,

Inecl. syr. 2, 14; devant un imparfait : ^oap )ay& ^ lorsqu'ils sont victorieux, Josué le Styl. 14, 18; <*-© hoLz +Llû jJ >J\ tu ne dois pas y regarder, Anal, syr., p. 15, 1. 3; ^-LaJ V* ymoz ojoumiû tu portes témoignage sur toi-même, id. 19, 9; 1^2 \z>£ $ ws| tu ne dois même pas vouloir, id. 23, 8; devant un participe : ^o,viNn ak ]ç>çn ,àVtiV> nlvuv» d tout servait, Spicil. syr. 3, 23; Jou-K ^ — £ ^i ^>ateo ô^S^v> Us doutent même de Dieu, id. 2, 25; KT£> ^

^JL^àio a»^£io news sommes corrigés par notre Seigneur, Josué le Styl. 5, 17; 1 Cor. 11, 32; ^jL ^fr *s?f£ *sj 1$) mais déplus, ils nous poursuivent, Addai the Apost. 11, 19; devant un adjectif attributif : oooi ^V^ )^LQ fa étaient tris-nombreux, Josué le Styl. 35, 4; séparé du verbe fini : ^?«-»|? PI r^ûs o*jumio pj mais

jJ ai reçu V ordre de prendre ton témoignage, Jul. 18, 16; o^aùhja^a 2C^oû2l»| >o^>je me suis présenté, id. 11 ult.

H se met aussi après le verbe fini, sans une différence de sens bien notable 1; dans ce cas, il est plus rare : aiiawjiio >a^ ,-Iû-k* crois bien, Spicil. syr. 2, 13; ?o*Nn al^s^Lo ^^s^ ft mai» fo dots *ett/emen£ te réjouir, Anal, syr., p. 20, 1. 29; ^Jfl fs^ «^ ^û3 iLtio okl^ pLii) tZ vai^ mieux qu'on se taise, id. 26, 19; ^>^ r^? ^°^ afors on planta, Chroniq. d'Edesse, Chrest. Michadis, 63, 12.

On comprendra, par ces exemples que Ton pourrait multiplier . a l'infini, que ces tournures sont bien dans le génie de la langue et que dans la version de l'ancien testament, elles ne sont pas dues a l'influence de l'hébreu. Elles sont, d'ailleurs, également usuelles dans d'autres dialectes araméens, v. Mand. Gramm. §271.

Un infinitif absolu ne peut avoir de complément; si l'attribut verbal doit être développé, on se sert d'un abstrait ou d'un nom d'action, v. § 346 b.

Page 1