Chapitre XIEL
De Vétat emphatique et de Vétat absolu.
356. L'état emphatique s'étant généralisé au point d'évincer en partie l'état absolu, § 259 a et 299, celui-ci n'est plus usité que dans quelques cas spéciaux, que nous allons passer en revue :
a) Il est de règle pour les adjectifs et participes attributifs : 001 *z*f\ il est juste, w*oi \a*f\ elle est juste, *J| V^o tu tues, |1&û
w»aJÏ tu tues (fém.); de même, dans les courtes phrases relatives qui remplacent un adjectif qualificatif : ^k*io P? )«X les Dieux immortels, Jul. 16, 22; xubLi 1a, l^al? fcaj| pour \xusl (^oL,
Cependant, si l'adjectif ou le participe, bien qu'attribut, est
pris substantivement, il a l'état emphatique : ^o2J| £lo? voL]|
vous, quiètes des méchants, Matth. 7, 11; 12, 34; Luc. 11, 13; IM ooi |ioiam w*0ia!â& r^l^û? ceZiu <pw modère ses paroles est un sage, Anal, syr., p. 3, 1. 30; lîiûïiio vo5| jL^5 fia Vk& c'est pourquoi les croyants sont peu nombreux, Addai the Apost. 9, 17; \2^^iic \2Ld *+bJ) tu es une femme bénie entre les femmes, Luc. 1, 42; cette construction est fréquente avec \o<* et &*| : à-»ô<n V^^f^ fêtai» nu, Matth. 25, 36 et 43; 1 — fili&o oooi soyez prêts, Luc. 12, 40; Matth. 24, 44; |o<n ]1±ojo >o»^o ^lo? qui était aveugle depuis longtemps, Jean 9, 13; P ^r/|Sno +*+* \omJt> p^o-à, o) paJ^o»? VÉjf° V^uliû un homme qui est violent ou orgueilleux, il n'est pas possible (neutre) qu'il sait véridique en tout temps, Anal, syr., p. 4, 1. 9; ^oLtooi p 1 iv^iotio Pal? ] Tovivin <j si vous n'étiez pas fidèles au Mammon injuste, Luc. 16, 1 1 ; avec les verbes, dont le second objet forme l'attribut du premier, § 345.
b) Dans les substantifs, l'état absolu est encore fréquent dans les cas nécessairement indéterminés, où l'état emphatique avait peu de prise.
De ce nombre sont notamment les locutions adverbiales : ,-£ vilul> de suite, \j\r° c'est pourquoi, ^0900^, ,£> autrefois, >oSsS
^éYiXs de siècles en siècles; <J^» r^*0^ en maints endroits, Jacq. d'Edesse, Lettre sur l'orthogr., éd. Martin, p. sç», 1. 24; X-*M ! <J2^« beaucoup de fois, Marc 9, 22; Rom. 1, 13; ^ioal ^ JLo certain jour, Josué le Sty 1. 62, 1 ; >o^u| >éSé\ nuit et jour, id. 63, 8, mais \^^ol t£sa»to, id. 42, 15."
c) Un nom répété dans un sens distributif est généralement a l'état absolu : fl»? fL? à chacun un dinar, joj ^o^£> par places, v. §386a.
d) De même, après un nom de nombre : ^liâ ^o *^Jb J^jJL dans une même âme et un même esprit, Jul. 13, 23; 25, 24; Spîcil. syr. 7, 5; voJ?a© ^kLi trente mules, ^îs{ *-*]£> vingt charges, Josué le Styl. 10, 7 et 8; vnSVS ^*£o9|o ^É^Yiif^ÉSoSJ quarante jours et quarante nuits, Matth. 4, 2; ,-JLsa»o ^iîn oiç des quan-
1. La construction avec le masculin dans le sens de fois est pins rare, * on la trouve dans Josué le Styl. 45, 9.
titês de méfaits et de crimes, Jul. 34; 4 (id. 81, 21, M-*»*"), v. ci-après § 369 a.
e) Après la négation p : . iisn P? «arw nombre, . éV^d p? &m* 06stade, ^éQg) p? saw* réflexion, «4-* P? sans péché, i-jlaâ P? sans blâme; etc., comp. Act. 28, 31; 1 Cor. 1, 8; Héb. 9, 28; ^-^olp? san« compter, Addai the Apost. 32, 17 ; qSiw p? san* raison, Jul. 73 ult.
/) Après Va : kiVir>w| V©9 de toutes sortes, Jul. 6, 4; Josué le
Styl. 42, 15; ^IiS \± ^ de tous côtés, Josué le Styl. 27, 18? SA Va^, en foui fôeu, «2. 41, 2.
Dans tous ces cas, l'état emphatique est également usuel.
g) Après un adjectif indéfini, autre que Vc, l'état absolu est plus rare : v&Na* \La\g par qadle puissance, Matth. 21, 23; >o^> r+x^ quelqu1 autre chose, Josué le Styl. 65, 2; ^*inl )&u> combien de fois, souvent, Jul. 10, 17; Matth. 17, 15.
h) Dans d'autres constructions indéterminées, il forme l'exception : lriÉ<n\ ]xL VaSûû quand tombe un sommeil profond, Job 4, 13 (expliqué dans les scolies de Barhébrœus par )bi2 o^>
^niViSj; 1,0^ 9oJ v^OTOiàViÉSno ^o^ v^oiaopio jjaa* il fit ses anges d 'esprit et ses serviteurs de feu ardent, Ps. 104, 4; ^ ^a.Z ouJl? ^i^SsMSsS ^-eUaoo à qui appartiennent les louanges et les bénédictions de siècles en siècles, Rom. 11, 36; dans une phrase négative : <*-o à-fc!h ^-4,903 il n'a pas de raison, Spicil. syr. 3 pénult. ; *£al p >a2^ >o^z^so U ne répondit point, Aphraat. 222, 8; comp.
Vû^às V>jo, lig. suiv. et Matth. 27, 12 et 13; après la préposition w£> si usitée dans les locutions adverbiales, comp. ci-dessus 6 : t^ï IJémo corporeUement, Spicil. syr. 5, 14; ^oL*o<ji p ^5 ^o&jj %«0£© pj jmnn vous n'êtes pas en chair mais en esprit, Rom. 8, 9; comp. Anal, syr., p. 36, 1. 17; 38, 27; ^o+o ) — lïnmv» pauvres dïesprit, Matth. 5, 3; V^âû par force, Josué le Styl. 12, 18; olayo avec pureté, r\i*%*n avec soin, Aphraat. 229, 17 et 18.
i) Quelques substantifs seulement ne sont usités qu'à l'état absolu, §§ 253 et 278; ils gardent cet état même quand ils sont déterminés.
L'infinitif a toujours la forme indéterminée : V^aio, nSftnv», etc.
j) Ont encore l'état absolu : les noms des mois : ïq^g ^H*^,
. *vm **j-*-i, jor0 \alo> ^H \Qlo> ^^S '?1 etc.; \&*,, de J2>jqa,
semaine, dans la composition des jours de la semaine : )riàn ^
dimanche, )nln ^z lundi, etc. ; des noms propres de lieu ou d'individus, ^-ooaLo}? Damas, J&» Emesse, ^ Harran, v*Jos w-j Tour (Abdin, ^-^iu^J Nisibis, z+a Euphrate, j^>l Abgar, ^iYiàSsn Jupiter etc.
Les mots étrangers, noms propres ou communs, ne sont pas susceptibles de plusieurs états : ^oa^i Jacob, X—j>]fau] Israël, iJ-Qi Jean, >o£^o| Jérusalem etc. Il faut excepter ceux qui ont passé dans la langue vulgaire, comme ]&*&] abs. yo^sjo]f ]£\b* abs. X\2J, comp. § 280.