Chapitre XV
Coordination des noms; apposition.
363. Le cas le plus fréquent d'apposition est celui de l'adjectif avec le substantif. Les adjectifs démonstratifs se placent devant ou derrière le substantif, § 307 et 319 9; de même, la plupart des adjectifs indéfinis, §§ 320 et suivants; les noms de nombre précèdent généralement, mais ils peuvent suivre, §369 a. Quant aux qualificatifs, parmi lesquels se classent les nombres ordinaux, leur place régulière est derrière le substantif. Exceptionnellement, on les rencontre devant lui, dans les poésies principalement, v. Barhébraus, II, p. 18 comment. : ]ioa* ]liorû oojd
1. M. Nœldeke dans sa Syr. Gramm., p. 148, en cite deux antres exemples, empruntés l'on à Apbraates (6, 16) et l'autre à Siméon le 8tylite (Ada Martyr. 346); aj. l^^o ^oliglfrTnn &*£?, Jul. 125, 24.
dans le premier jour, Hexaméron de Jacq. d'Edesse, cité par Barhébreus, ibid.; %£& \hjt>\h^, )2>Mà&oro? 001 celui qui posa la première fondation, Spicil. syr. 49, 20; V*£^j l**^ des idoles sculptées, Addai the Apost. 23 pénult.; \\*^o nombreux et p^\ autre, considérés comme indéfinis, ne sont pas très-rares k cette place: liiftM»|o p^l IVé^m^. beaucoup d'autres chrétiens, Anal, syr., p. 1 14,
ooo o o 0 p p y
1. 15; I^Jf^l \*À±\ \A*^° beaucoup d'autres prodiges, Jean 30, 20; ]n^ WÏL^d beaucoup de lépreux, Luc. 4, 27 ; \é£à \\L^o beaucoup de prophètes, Matth. 13, 17; \il ftlal p^| £XXo Otjpiov, Apoc. 13, 11, comp. § 3546.
Les qualificatifs qui servent de titres honorifiques sont généralement mis devant le nom de l'individu; tels sont notamment:
* y . o o * oo » o y . o
(Aifû saint, U^o^ défunt, p*-00^ excellent, \asl» pieux, |V^*^ c/ter, \L+£ùû béni etc.; de même les qualificatifs de malédiction : U-*^> maudit, p*à^9 pervers : *»o-»^^ Wr°? ^^rVh P^^? lia**} ^oolû^o^â, ^4waZ. *yrv pp. 31, 66, 70, 75, 79, 90 passim; l^nlio
<nons> l'illustre Jacques, r-i^cu ^z^io l'excellent Jean, W^° 1^^ jfaXàO^s ^à^i fe vaillant et illustre Mar Flavien, Josué le Sty 1. 46, 19; 69, 20; 70, 2; *j*o^oo ^ooms) |«^Lji \2^ ^ par le pieux évêque Cyrille, Rabboulâ, ap. Overbeck 222, 13; vo«-*Lo| J^lL* leurs pères décédés, Overbeck 173, 6; ^oiaSo.i \*~l±à le pervers Julien, id. 160, 14; l»r4 &r* maudite vipère, Jul. 115, 21.
364. a) L'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le substantif, dont il suit également l'état, emphatique ou absolu. L'adjectif a l'état emphatique avec un nom invariable à l'état absolu, quand celui-ci est déterminé : lk*3roQV> >ééSo^ l'erreur
corruptrice, Addai the Apost. 22, 5; l&*r*»l >ééSo^ la seconde erreur, Matth. 27, 64. H l'a aussi, par exception, avec un nom indéterminé : )&^*^I r-à-iJ r-étfz trois femmes nobles, Josué le Styl. 63, 6. Le contraire est aussi possible : un substantif indéterminé peut avoir l'état emphatique, l'adjectif demeurant à l'état absolu:
r^j^i 1«A un autre dieu, 1 Cor. 8, 4 ; ^r*) \»on ^-û-é, sept autres
esprits, Matth. 12, 45 (plus correct, ^H <-^oi \L±, Luc. 1 1, 26).
L'adjectif a encore l'état absolu, le substantif étant k l'état
emphatique, quand il est seul sous l'influence d'une négation,
§ 356 e : ^So^l P |àào£* des jours nombreux (pas petits), Act. 9, 43; •ki^I p \ku2 beaucoup d'argent (pas peu), Mat th. 23, 12, comp. Jul; 111, 18;
|à-a* j~ V^o une faux acérée, Apoc. 14, 14; P-^» Vu» une grande
armée, Josué le Styl. 48, 6, sont, k la rigueur, possibles, quoique % pour p puisse être le résultat d'une confusion facile ; en aucun cas, il ne faudrait voir là un état construit.
b) L'accord d'un féminin avec un masculin est incorrect: )£^» forviln à grands frais, Josué le Styl. 48, 13.
ç) ^o beaucoup, \ *Sn peu sont usités comme des adjectifs indéfinis invariables et se mettent devant ou derrière un substantif : l^aë^ ^^& beaucoup de choses, Spicil. syr. 6, 6 ; (à^io^ **^» beaucoup de veuves, Luc. 4, 25 ; ^» ]solo beaucoup de bois, 2 Chron. 2, 9; ]h<no£i \*\r> un léger crépuscxde, Josué le Styl. 28, 18; ^ *Sn \bSèo* peu de jour s, Jean 2, 12; ^ *Sn |àibo-», Addai the Apost. 31, 11 ; VaI^o )^onS un peu de consolation, Josué le Styl. 28, 18; hJDte*) \ éSo ^.aLouû dans ce peu (de pages) que j'ai écrites, id. 71, 17; ^ iSn JLo ^i^<n ces quelques paroles, Aphraat. 227, 16; JL£*? ^ iSfl quelques-uns en petit nombre, Jul. 26, 12. On dit de même :
?a^l p ]lio des groupes pas peu nombreux, id. 111, 18.
^*Sn semble être devenu de bonne heure invariable, l'adjectif MéNo ayant surtout le sens de léger; il signifie encore court dans la locution fréquente : p^l ooi ^ *Sn le temps est proche. *^a s'accorde souvent en genre et en nombre avec le substantif; c'est donc par analogie de ^ *Sn qu'il est invariable. Dans un sens partitif, ^ éSo est suivi de ^i : J— >Soo £ ^ *Sn quelque*
paysans, comp. jâV^N ,-ào ]\î^o beaucoup d'hommes armés, Josué le Styl. 56, 8 et 9; \L%a ,-ào \ éSo quelques cavaliers, id. 57, 9.
d) W^qjo foxde, se met aussi en apposition avec un substantif, avant ou après lui, dans le sens de W-Sç» : U*-* ft^ou£> xoXXifc âepT^vtjç, Act. 24, 3; 11^» V^* ^ojoh beaucoup de grandeur d'âme, Rabboula, ap. Overbeck, 191, 14.
e) L'adjectif peut être séparé du substantif: |«\o l|-^» o& \j£> . . . ]*L£>\ ooi jnSvio jiiOàSn om U est le fis adoré, il est le Dieu bêii, il est le roi victorieux, Addai the Apost. 28 ult., 29, 1.
365. L'apposition de deux substantifs a lieu dans certains cas déterminés, où le second forme l'attribut ou le complément du premier.
a) Elle est la règle après les noms de mesure, de poids, de quantité, de monnaie : \mm±o ^Sàio ))£> cent mesures d'huile, Luc. 16, 6; U-^ <-*** H^> cent hors de froment, id. 16, 7; rr**1*? r?z\*> fonS deux cents dinars de pain, Jean 6, 7 ; )&» T^r^ t^2^^- trente
boisseaux de froment, Josué le Styl. 20, 10; 30, 15; ^^ ^U l©*? ||1»éS deux mille livres d'or, id. 55, 11 et 13; ^jft éN ^*z>iô ]x1d deux cents livres de bois, id. 76, 8.
Ces constructions sont assez lâches pour que le nom déterminant puisse précéder : \ne I^&m (on vendait) le qab de pois tlitt les pois, le qab), Josué le Styl. 31, 15; \nè> ïulLLz ]%1 (on vendait) les treize qabs de froment (le froment, les treize qabs), id. 36, 3, comp. Barhébraeus, I, 44 ult.
Il est également très-usuel de subordonner le nom déterminant au premier au moyen du dâlath, § 358 : ÎV*%? l^o un qab de fèves, Josué le Styl. 31, 16; vé\o$1o \\Zo }£>my |-f&-^ cent quarante livres dfor, id. 24, 10.
b) L'abstrait |ioo9 prend le sens de myriade ou dix mille et se met en apposition, à l'état absolu, comme tout nom de nombre, v.§369c: JouSÉLà, oc* une myriade de noms, Anal, syr., p. 44, 1. 8; |U ao9 |jtup(ouç xatSaY^0^? 1 Cor. 4, 15.
c) Un substantif se met en apposition avec un autre pour 1 expliquer ou le compléter : \a^û |5o| Ifc^Jo* ces queues, des tisons fumeux, Isaïe 7, 4; t?o^> |<nX Dieu, ton créateur, Jul. 5, 12; V-£| +lj* CLia les frères, tes coreligionnaires, Aphraat. 228, 15.
d) Les titres et les épithètes suivent généralement un nom
propre : ^maio *±h±o Matthieu le Publicain, \jÀ1d .nv/i* Siméon le Cananéen, Matth. 10, 3 et 4; ^a^ooi puâo^ Rufin l'Hyparque, *+j\ «gfrSifoftm Addée le Stratélate, Josué le Styl. 9, 20 et 21 ; quelquefois, ils précèdent : Poc£ Ip^l ^oûius) l'évêque André Rabboula, Overbeck, 222, 4.
e) ]^of vent se mettait en apposition devant les noms des points cardinaux : ]Lf^ ]Loi vent d'ouest, Exod. 10, 19; V^f^ V*°' vent du nord, Prov. 25, 23; 27, 16; plus rarement, derrière eux : l*i,v> h& vent d'est, Saint-Ephrem, cité par Barhébraus, I, p. 59, 1. 10.
Digiti
zedby G00gle
f) Les noms génériques de lieu ou de temps se mettent à l'état construit avec le nom propre qu'ils spécifient; souvent l'état construit est remplacé par le dâlath de la relation, § 358 : o?^o **fe^ montagnes des Kourdes, Gen. 8, 4 ; \hj\ ho^ la montagne des Oliviers, Matth. 26, 30, ou ]îï\i Jjaj id. 21, 1 ; ^**J *-*2? p« £4 ce pay* de 2a Mésopotamie, Addai the Apost. 35, 4; ^ortoj? V-^f0 ^» ^^ d'Edesse, id. 31, 12; V^^? l*«J le fleuve de Galab, Josué le Styl. 52, 11 ; J?l ^m^ au mois dAdar, id. 59, 9; j+\ *à\g au mois d'Yiar,
id. 60, 20; * r»V **r*l° «w wiow oe Hadran, id. 63, 5.
Mais l'apposition est également usuelle : i+a 1*jvJ le fleuve de l'Euphrote, Josué le Styl. 13, 12, 53 ult.; 54, 9; 57, 6, 14, 22; Judith 1, 6; 2>^û? l*nJ le fleuve du Tigre, Josué le Styl. 66, 19; jLu^ r?à*'j Nisibe la Me, id. 47, 10; iku^o ^iSj, |20^^o jLj,
J2U*^o 1 h|>iU^ td. 42, 5; 43, 3; 60, 18; 63, 13; »L^o *^>
Bokhéin le bourg} |L»^o >2aû, |^f° V^>^A H^r° >*àViS? ûi. 43,
13; 54, 11; 55, 2; 73, 7; £-&JaI |z^ to citadelle de Birtha, id. 75, 14; rr^H^0 yOfl'M^fc» fewr vtWe Qénéérin, Overb. 160 ult.