Chapitre XVI
Des élatifs et des distributifs.
366. Le syriaque, ne possédant pas de forme propre pour le comparatif et le superlatif, se sert de divers moyens pour remédier a ce manque.
a) Un adjectif peut par lui-même avoir le sens d'un élatif, comme ]Lh le plus grand, )à**n Vaine, \^\ le plus petit, quand plusieurs individus sont mis en parallèle ou quand un seul est considéré comme ayant au plus haut degré une qualité ou un défaut : tILI, ]£» ou V^Jio ityidrcx;, Marc 5, 7: Luc. 1, 32. 35, 76; Act. 7, 48. Quand le sens n'est pas suffisamment clair, on subordonne a l'adjectif un nom déterminant, soit au moyen de l'état construit, soit au moyen du dâlath qui remplace ce rapport, § 358 : <^i VL. le plus vil des hommes, B. O. III, pars II, 386,
ou îîÎ7in voi^? fUi, Zeitschr. d. D. M. G., XXX, p. 261, 1. 4; 1-"*^ ^qio-,-ÉV>S/? ^ O0i9o^l le plus humble des disciples du Messie,
Jul. 14, 8; î«'*Sà? <o«$ail le plus humble des apotres} 1 Cor. 15, 9.
b) L'adjectif peut être aussi suivi de la préposition *^> : *+h*o<n p f?ooi-fc? VnSvnn Ir*^ ouSajxûç ekayicvri el ev toïç f^e^oaiv *Iou8a, Matth. 2, 6; li'ftto \£»o V»r*r° lr*s° ^ P"** j?efo£ parmi les moines et le plus grand parmi les pêcheurs, B. O. I, 306.
c) L'adjectif seul suffit, dans certains cas, pour exprimer le comparatif : l?o«->? ]'î\ n |ooiz? ^bJ) \*ïq±>\ tu es trop petite pour être parmi les Mule de Juda, Micha 5, 1; ^<n\£u^D |*n |k**° J01 v^NX sjfVnX cette ville est trop près pour y fuir, Gen. 19, 20.
d) Plus souvent, il est suivi de ^ : )t^^La ^oi^ b*] ^ ^S|
^oiZ^aÉ* ^lo ^Jb^oS ,^|? bien que parmi les créatures, il y en ait certaines de plus grandes que les autres, Addai the Apost. 24, 22; *jlo r-o^o^ ^Séj >^sJk. \Lbzl pf mais tu t'imagines à mon sujet des
choses qui sont au-dessus de moi, Josué le Styl. 3, 3; <-*J) ^V^0 ksàa? ^éSaj ,lo 2^r^) ^k^ (les faits) quej ai omis sont plus nombreux que ceux que f ai décrits, id. 71, 18; *Jio ooi ^lû^ \4*û
parce grw'tZ e*£ avaria mot, Jean 1, 30; pf^ t^° P\* W? VV»2^00 On s o| e£ gw'on uoie laquelle est plus juste que Vautre ou plus coupable, Ined. syr. 6, 2. Après ,-£ du comparatif, le verbe se met au subjonctif (imparfait) ou k l'infinitif avec le dâlath conjonctif : )£J*,io? )iy>SéSo |o<nJ? ,-ào 1^^ mZ*&^ *+<n 1*^1 la condition d'un peintre est trop humble, pour qu'il puisse livrer une ville, Ined. syr. 3, 7; OgSoViS? ^io ,jLo elles sont trop vieilles pour enfanter, Spicil. syr. 11, 8, comp. § 332 6. Quand la comparaison est développée dans plusieurs membres de phrase, la préposition se répète devant chaque membre : *£>oJ^ P? ^ ^ *«v>? V^r^ °^° ta^ P? ,£ o| V^ Jj p? ,-i o] quel est l'homme trop faible pour ne pas voler, ou mentir, ou être adultère ... ? Spicil. syr. 5, 7.
e) Au lieu de ^, la seconde proposition peut être introduite par o], comme en grec par % : V&£ o] pLao ,-£ fsVîVïS *+tn\j*ka
o y » o y o My o **.» • . 7 /• • "
ItaJ nnàiiViS l^V^f |fc^oa)io il vaut mieux mourir de faim, que par une nourriture abondante obscurcir l'âme, Anal. syr. 7, 2, comp. 9,2; Istt^ s-9ZoZ^à.|«> o| gO«rfj? Vao| iZo,-^ vo^û \ao? ^) attendu que j'accepterais avec joie de tout souffrir, plutôt que de m' associer h un blasphème, Rabboula, ap. Overbeck 223, 7; ^^o 50^ ^ii^ o| )l+n |ioAû ***J Jo«J Tupo) xal ZiBàivi àvexicTepov ëurcc sv f^piépa xp (aecoç, ^ ojmv, Matth. 1 1, 22 et 24 ; Luc. 10, 14, comp. Matth.
9, 5; Luc. 15, 7; ou encore, par le waw suivi de la négation : \L-JLa, +*] fOy&î* po . . . . V-°f^? 1 v>na^> ^v>v^S ^àâs il vaut mieux mourir à la pointe de Vépée, plutôt que de périr comme des lâches, Josué le Styl. 59, 2; . . . voo«J tfo . . . lii^m^^ ^4 <o«^ V*\ les Chrétiens aiment mieux . . . que d'être, Jul. 67, 23.
f) Le sens de ^ est aussi précisé par un adverbe ou un adjectif qualificatif, comme f*k*, ^4 '• ^4 Ù&$ »omvîS +S
]t\r£i r^V^? r^° M vaui mieux prendre une femme que de brûler dedésir,\ Cor. 7, 9 ; iLôfcS ft\nïm^£ ^Vàlfi V^cl^^I^S *^4 Pok? mieux sied à la crainte du Seigneur peu de chose, que les grands trésors despei'vers, Prov. 15, 16 ! ; >^? ,-£ j*&I V-^l o| V-^1 î°"h tt^ ceZui okî otme son père ou sa mère plus que moi, Matth. 10, 37 ; pu> L*) J?oi ,ào f*a-*j qu'y a-t-U de mieux à faire? Jul. 23, 9; ] 4 ég- nv>wv>
ooi ,-ào £*&*? un châtiment plus fort que celui-là, Jos. le Styl. 16, 15;
ov£» ,-ào f»k*? tgâVi^^ à^ il n'y a pas de disciple supérieur à son maître, Matth. 10, 24; ^iviéoi ^ ,-ào f*&* pZu« ^ue Twn^ ne le pensions, Rom. 13, 11.
g) L'adjectif est quelquefois à l'état construit avec le nom déterminant, précédé de ,-ào : )1é1v> ,-ào <-4*^» ^«oLaiCLàiô *e* *erviteurs sont innombrables (supérieurs à un nombre), Sain t-Eph rem in Daniel 7, 10; làiVio ^oot^a ^ *^-uoo )L*a,i ^»? hJ\ toi donc,
le plus pervers et le plus méchant de tous les hommes, Act. Martyr.
h) Diverses locutions adverbiales marquaient la gradation des idées : \sûo ^ à plus forte raison, Anal, syr., p. 5, 1. 20; 25, 9; 56, 13; 61, 2; v. § 370J ci-après; Mf»2u V** ou \£*L ^L>, id. 8, 11 ; Chrest Rœdiger, 98, 3; ^hl ^>, id., Matth. 6, 30; ^î avait
aussi ce sens, Job. 4, 19. ? )ïzm au point que, o |iooi id., Josué le Styl. 33, 2, v. § 387 c. ? \ÎL] tellement que, Josué le Styl. 30, 1 et 8. ? liûe d'autant plus, si fort que : . V*-a^ $qjo\ ^4*^? ^^ |2ûa iLLo m-à-jji r^U^1 ^aoi plus nombreux seront les liens de l'âme, plus nombreux seront ses maîtres cruels, Anal, syr., p. 5, 1. 12; fcJj? \&e
+ o yoyo*P. »y T.* * t
}^o wà^| }1aoi |nioà> y^jih 2>Jf |ànsn pfat* ta aggraveras contre moi
1. Ce mauvais sens vient de ce que la P'sittâ a mal compris l'hébreu riK^VD qu'elle traduit pour la crainte, au lieu de avec la crainte.
les supplices, plus ma récompense croîtra, Act Martyr. 224; pûa |^ ^omomoz? si fort que vous lacériez le corps, Jacq. de Saroug, Zeùschr. d. D. M. G., XXXI, p. 384, 1. 2; V*+*\ <**f>l ^ )&» quand bien même vous fendriez le corps, id.; )^*> <J ]&* quelque résistance qu'il fasse, Jul. 9 ult. !; ? \-±o ^— ») autant que, Overb. 170,12.
!— o lorsque, suivi de ^û-4 avait le sens de Sien owe, quoique; quelquefois aussi, suivi de v*^» : |?oiû V1^^ y^-^gV» **^p ^ foen jw'on chauffe Veau sur le feu, Kalil. et Damn. 37, 16.
i) Dans les comparaisons d'égalité, le premier membre est précédé d'une des locutions suivantes, qui se traduisent par comme, de même que, tel, etc. : ? ^A, ? V^f (plus rarement séparé ? li ^\ Jul. 66. 18, 26, ou même ? )** +?\ Anal, syr., p. 8, 1. 30), ? ^ûej 2, ? lia*) ou ? ,-«4, ? P>°] ou ? ,Je|, ? ^te? on trouve aussi ? fo-niVir) $e/on que (dans la mesure que), Anal, syr., p. 19, 1. 10; ioiûyO à l'instar de, Jul. 60, 2. Le second membre a en tête lL>oi
ainsi, ou JLqôoi de même; quelquefois, |Vn v>t o m— o de Za me/ne marnée, Jul. 58, 14; 59, 16; 60, 3, ou ^|, id. 66, 18. Sur les expressions rf^\ +*]] et liai +$ v. § 317 b fin.
367. a) Pour distinguer l'individu de l'espèce, on subordonne un nom singulier au même nom pluriel; cette construction a un sens élatif : \'r£^ r£^ le dernier esclave, — *«X <n-k le Dieu suprême, ^•nSv> ^io le rot aes row; |Zxiaa^ hvt^m la sagesse des sagesses,
^îi^àrZ ii-ÉÉ^Là,z le cantique des cantiques, ) fo a> séYia, Ze* cteua? supérieurs, ^ooZojulÔ /nim voire extrême méchanceté, v. Gen. 9, 25; 1 Rois 8, 27; Hosée 10, 15; Cant. 1, 1; Dan. 2, 37; 11, 36.
Dans le même sens, on joint au nom un participe de la même racine : \zh^o ]£qi]m une liberté parfaite, Anal, syr., p. 49, 1. 21 ; ou un autre nom de même sens, mais de forme différente, (11* foVi'to toutes sortes d'armées, Poème d'Alexandre, Chrest. Knbs, 94 v. 14, comp. Ewald, Lehrb., § 313.
6) Un adverbe est répété également pour acquérir plus de forée, *▲*£> *▲*£> très-mal, vâj ^a^ tris-bien, f*f& f» j& tres-amer.
1. Dans le sens simple, ? l*ûa se traduit par puisque : \*àn* P01? V^a , oi^OM \jl+£> puisque vous avez montré ce mauvais vouloir, Jul. 122, 18 ;
2. Séparé, ? r^û -f*| a ordinairement le sens de attendu que, v. § 3956.
368. a) Mais la répétition appositionnelle est bien plus usuelle pour exprimer le distributif ; un substantif demeure, d'une manière régulière, à l'état absolu, § 356 c : ^ ^ un par un, Josué le Styl. 69, 2; Jean 8, 9; 1 Cor. 14, 27; ^*?* ^Jjl deux par deux, Marc 6, 7; ^àVu» KééY\m cinquante par cinquante, 1 Rois 18, 4;
fi*? {1*? chacun un dinar, Matth. 20, 9 et 10, mais tfM Jfi*?, Josué
m m oyo+yo+y m
le Styl. 70, 18; v^r3 llaûAio*. \\v\t\r\Mn chacun avec cinq cents cavaliers, id. 79, 5; ^ànvim ^virn par tables, Marc 6, 39; )i*> Va pu, chaque année, Josué le Styl. 24, 15; ^ ^ V«> chacun, v. § 3206 ; >atatt) >Oàû»î? de différentes formes, Juï. 3 ult.; <o?<* *©?<* membre par membre, Jul. 79, 2; 87, 17.
Une préposition se met en tête du premier nom : r£| '*>£\o en divers lieux, Aphraat. 219, 16; 245, 2 et 7; Josué le Styl. 37, 12; ^09 fOyO, ou V>o? \eOfO par place, Matth. 24, 7 ; Luc. 21, 1 1 ; mais elle peut aussi être au milieu, devant le second nom : >oû* V* ïoq^c chaque jour, Addai the Apost. 36, 15; >oû* r^o jcA* de jour en jour, 2 Cor. 4, 16; 2 Ep. Petr. 28; Jul. 58, 23; *aI? >ç>a^? gisnoio chaque jour ', jour par jour, Overb. 176, 19.
b) Un adverbe est répété de la même manière : ^ iSn ^ *Sn
peu à peu, f*2u Va* £*&*» id., Jul. 65, 27 ; ?&x> bh& successivement, fréquent, ou î^^ lr*l°; Josué le Styl. 19, 3.
c) Dans certains cas, le distributif peut être indiqué par un nom, qu'il n'est pas nécessaire de répéter : \mm±oi )TLa) ^onmi? )*i*n qu'ils reçussent un hspâdh d'huile par mois (pour un mais), Josué le Styl. 76, 8; le nom peut être aussi précédé de ^c: ^ooulio T-siZ hàn\ \b*àQ*±ZQ et un matelas pour deux (pour une
famille de deux), id. 76. 9; voyez aussi § 370 t.