Chapitre XVH
De la construction des noms de nombre.
369. a) Les noms de nombre se mettent en apposition avec les substantifs, comme des adjectifs; comme les adjectifs indéfinis, ils précèdent, plus rarement ils suivent; précédé du nom de nombre, le substantif demeure généralement a l'état absolu, mais il peut prendre aussi l'état emphatique, § 356 d; quand il le précède, il a plutôt l'état emphatique : ^4 ^^ ou
rJt £î deux frères, Matth. 4, 18 et 21; ~**£ \ILl ou )°^Ll £^I trois jours, Luc. 1, 56; Act. 20, 3; ^éSéd )&** «a? mesures, Josué le Styl. 33, 7; ,-m*o$ ^Il* ou V-©' ^^ *ep< esprits, Matth. 12, 45; Luc. 11, 26; £1 »J* ou )Làl |^ une heure, Matth. 12, 20; 26, 40; Marc 14, 37 ; Apoc. 17,12; PI ji ,-*j-fc-^ r*** dix livres de fer, Josué
le Styl. 44, 15; Y^\ l^\ \V& ^°'f Quatre cents hommes d'élite, id. 48, 18 ; ^al ,-A^z ^2iLjo ]li oû^o et ils firent prisonniers trente
mille femmes et enfants, id. 64, 5; ^li |Lio cfewa? milles, Jul. 26,
21; ^1£ \ldqo. deux jours, id. 24 ult.; )V*> l^i*? cen£ dinars, Josué le Styl. 22, 3; 2>^ ££if trois phénomènes, id. 29, 13; *^l ,-a* |L* ^*o ^rots ans et six mois, Luc. 4, 25, comp. Marc 5, 25; Luc. 2, 42; Act. 9, 33; v/so»t ^*^in pendant quarante jours, Act 1, 3.
6) On voit, par ces exemples, que non-seulement les noms de nombre 3 à 10 ont la forme masculine avec les substantifs féminins et réciproquement, § 285 a, mais, de plus, que le substantif se met au pluriel avec tout nombre supérieur k y* un. Cependant, dans les nombres composés avec ,-*, le substantif qui suit immédiatement l'unité peut s'accorder avec elle seulement et demeurer au singulier : <c«-» y*© ^mn vingt-et-un jours, Aphr. 57, 1, comp. Mand. Gramm., p. 348.
c) ui^ mille et ]z*£i3 dix mille suivaient l'analogie des substantifs*: devant un nom de nombre, ils avaient l'état emphatique; derrière, l'état absolu, v. § 285 c. L'objet pouvait être construit avec }, au lieu de la forme apposition nelle : Vàft?V \h^>
Via,? six mille ans, Aphraat. 36, 21 ; )lâ>wgp? vaoS ^\so^ deux cent mille chrétiens, Jul. 83, 9.
d) La juxtaposition des nombres entre eux et avec les substantifs est assez lâche pour qu'un mot se glisse au milieu du nombre, notamment un mot traduisant le verbe être : fo }jLqio T-JU |o<n vé1Y>Z Moïse était âgé de quatre-vingts ans, Exod. 7, 7;
r*i± et Abraham était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans et Ismdël, sonjih, de treize ans, Gen. 17, 24 et 25.
370. a) Les nombres ordinaux sont traités comme des adjectifs qualificatifs, § 286 a. C'est un procédé très-usuel que de
remplacer l'adjectif ordinal par le nombre cardinal subordonné au substantif, au moyen de l'état construit ou du dâlath : &JL* &*fco )l2ûLoz la quatre-vingt-sixième année, Josué le Sty 1. 19, 6 ; jfflsn* JcOaû le dix-septième jour } id. 20, 1 2 ; r^^? folio la seconde année, Chrest. Michaelis, 66, 6; |*^i? \loq*c le troisième jour, Marc 9, 31; Jean 2, 1, comp. Luc. 1, 59. Plus rare est l'apposition: ,-^Locu )£^&^ ty] TpfruY) ^[xëpa, Luc. 24, 7 et 46.
Quand le substantif précède, à l'état construit, on le répète quelquefois après le nombre : ^V 1 * ))&>b^» Min l'année six cent, Gen. 7, 11 ; ^Vi *> ^àà^u MiS la cinquantième année, Lév. 25, 10.
b) Nous avons dit, § 285 a, que les noms de nombre ne se mettaient pas h. l'état construit avec un autre nom. En effet, ceux qui suivent cette construction sont des abstraits, qui ont le sens d'un collectif déterminé et qui sont susceptibles des flexions ordinaires des noms : lia-» <£&** VHexaméron (la sizains des jours), B. O., I, p. 46; III, p. 277 ; £©* 2>±gt\ ^ des quatre points cardinaux, Matth. 24, 31 ; P-^5 hich)! |zo2* les quadrupèdes, Act. 10, 12; |LL'^D j^uIL la Décapote, Matth. 4, 25.
c) Les quantièmes du mois sont exprimés par le nombre et la préposition ^> devant le nom du mois : w| ^^) jmsnà, ^a^c
Ze dix-sept du mois Adar, Josué le Styl. 20, 12; $cA*£> ^f*V* ^9V°
]àV)Éi dans le mois de Haziran, le cinq, id. 24, 1 8 ; \hJLo r^rsa^ ^oQ-^ poi Vv^ 0L£) ^ vingt-six de ce même mois, id. 44, 3; jàtt^o ^igmso >a-fcro ^nino Ze vingt-cinq de Kanoun premier, id. 58, 4, ajoutez § 285 a et b.
d) On dit de même pour les jours de la semaine, )n*n ^ (le premier de la semaine) le dimanche, )nln *$z le lundi, etc., §356/, jusqu au vendredi, qui s appelait f^oo^ «o*-» ou |k£>o^? |— ldo» (K^OI^ŒJ néo-hébr., le jour où l'on faisait le mélange pIMTB, Pour se préparer au sabbat) ; le samedi était ^ }oo-» (le jour du sabbat).
e) Suivant Barhébreus, I, p. 53, 7, une certaine concision était permise dans ces locutions; on disait : p^o-kO Vûa, j^mLkicw ) 9mn9, | vi«N? jJû^, pour : | v>nir> ^lol ^jcu, sept fois par jour, ) 9ffln? T-I^o fom\àV)» *ep£ 2>ièce« d'argent, \ v^nS? |z^jé1 ^ dur gâteaux de pain.
f) Le waw de la copule réunissait les nombres les plus faibles aux plus forts, § 285 c. o] indiquait le choix : h^L o| ,-*$! dewar
ou trois; comme en hébreu, cette conjonction manque quelquefois : jL^z^u, 2 Rois 9, 32; Amos 4, 8, comp. ^ml ^hlplus ou moins, Anal, syr., p. 140, 1. 22.
g) ^-4 se mettait devant un nombre que Ton ne voulait pas préciser, avec le sens de environ : 1^ \h±û\ +>] environ une coudée, Josué le Styl. 21, 7; ^^sr Hvjso3|o ^^L ^] environ mille quatre
cents hommes, Jul. 25, 23; de même, Clsf : ^>Sà, v*z >^sjj pi^ jusque vers neuf heures, Josué le Styl. 54, 17.
h) pûa une certaine quantité servait comme nombre indéfini : o^ r^f^\ V— 5ûs ^/oSVéé ,£ quelques hommes de mes armées défraient . . . Lettre d'Alexandre, Chrest. Rœdiger, 119, 23.
Les fractions étaient exprimées par des abstraits, § 287 ; quelquefois aussi, au moyen de <^o : ll^Joa? à^Li ^o ]T~ ,noi, 3 fit remise d'un tiers des contributions, Josué le Styl. 66, 16; 1^ *-»îo^^ f/fîiv) à^>z ,io un tiers de ses habitants, Jul. 38, 25; f*L» ^oqi/niv» 2i^2 ,io pZt^ dzt fters, ici. 67, 3.
i) Le syriaque n'a pas de forme définie pour les multiples : deux fois, trois fois, etc. Le nombre cardinal peut être suivi de
)iÀa\y pi. ^i£i\fois : ^è\n\ vo^l yïo^ jusqu'à sept fois, Matth. 18, 21 ; |iooa£) ■ *in\ ^-û-é, sept fois par jour, Luc. 17, 4; mais il se rencontre aussi seul : <-»^- deux fois, )\n*,o ^iSOàS soixantedix-sept fois, Gen. 4, 24; ^ài* vo$jï |^» tous les quatre ans (une fois pour quatre ans), Josué le Styl. 24, 7; ymS ^ parfois (une fois pour un certain nombre).
j) Le double, le triple, le quadruple, etc., s'expriment par le cardinal précédé de *^> f~ : Isoio ^ au septuple, Gen. 4, 24; Prov. 6, 31; Dan. 3, 19; ftsû£> ^ au centuple, Luc. 8, 8; |LoS|û ^ au quadmple, id. 19, 8; ou sans la préposition *o : ^'^ t" au double, Exod. 22, 7, comp. ^hb^> ^ id. 22, 4; |fo^ ^S2. ^ uwe double brisure, Jérém. 17, 18, comp. nsn#"Tï, Dan. 3, 9; l&*> ,1 à p^t^ /orte raison (combien plus), v. § 366 A ci-dessus !.
1. L'éthiopien exprime les multiples par le cardinal, mais à la seconde forme féminine des unités : tl'ilà sept fois, v. Aelhiop. Gramm., § 169e; il est précédé quelquefois de UP"î*|' * Jlrh-Ç- #o#r une /ow, Gen. 4, 24. La
même tournure est usuelle en judéo-araméen et en mandéen : pin "in 7P, t. Mand. Gramm., p. 349 et Luzzatto, Elem., § 117, p. 47. Ainsi en néohébraïque, la locution KÛ31 KÛ2 nnK ?P répond au syriaque V^0 t*.
Du reste, multiplier c'est doubler, en sémitique, comp. k*ffr *^? o«
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