Chapitre XVm
De la construction des adverbes et des particules.
371. a) Les adverbes occupent dans la phrase une place aussi peu fixe que celle de tout autre complément Us suivent, en principe, le mot, verbe ou nom, qu'ils modifient ou qu'ils complètent: )L? ïL V^o <nlv] Van et l'atteignit bientôt, Jul. 5, 22; ^ij ^o <nJU^ ^ iSn et lorsqu'il eut un peu calmé son esprit, id. 8, 15; P©
i vyN Âl^ yn ni il ne l'abandonne pas complètement, id. 8, 27; z^V*^-* V?001-* 00<n ^«^^"^ M-o ౩ ^iNflin de ces paroles, Us Juifs s'en servaient ouvertement, id. 24, 1 ; ^ «J^ ^\z je?? de peur
qu'elle ne se prolongeât beaucoup, id. 5, 25; ^ h&miZ) ells trembla beaucoup, ^ *+\* il se réjouit beaucoup, Addai the Apost. 15, 4; 31, 17; P<\P M^\ à-*3 # descendit vaillamment au combat, Jul. 4, 26; J^oû^ ^2^ oo(n ^iu^Lo? qui faisaient descendre là du froment, r^0^ r~& \^&^ oom y**0!? qui achetaient des choses de là, Josué le Styl. 58, 11 et 12; Mf»r* «•£ ^•^n^w qui lui sont attachés sincèrement, Addai the Apost. 17, 1. Mais si l'accent de la phrase porte plutôt sur l'adverbe mie sur le mot qu'il modifie, il précède celui-ci : lo<n {U, P ^û^, o<n lui, fie cessa pas tout-àfaU,
+ yy+°j°c>y . , .
comp. ou^aJ b±axo ,-v>^S p ^9| ,« puisque son ame n était pas complètement rassasiée, Jul. 6, 25 et 28; jio] M ^^o à-»Uao a^Yun»? m^ci |o<n <rae son JUs avait parlé sagement, justement et raisonnable-
ment, Addai the Apost. 13, 21; \£>h omi \tjJLû^z p" Mr*^ wm* ment, il est le disciple de ce maître, id. 34, 8, comp. 5, 12 et Matth. 27, 55; Marc 15, 40; wiaaio foc»! k*|^<nJ? ^i ^ afin que tu aies une conviction éclairée, Josué le Sty L 7 ult. ; loai \1J ^ioz ,-io de là il se rendit, id. 39, 19; ^oa^2u^ \om ^-iz? là où était Ttbere, id. 39, 20; 0001 r-*}L l^\a^^ ils pillaient ouvertement, id. 72, 10; <^*<*o » Zi-èV^r° e* ceux-ci se montrèrent d'abord, id. 51, 5;
oouâ-aJ q^iOéé
o+ka Z^^l1^)? qPh au contraire, apostasièrent, Jul. 3, 19.
yy +> , / ,
y 9fi^^V) celtti qui est multiplié trois fois, Anal, syr., p. 32, 1. 6; ar. <sJuUa*
Xyc \2J$S* On s'explique par là que l'hébreu donne aux nombres la forme
du duel pour exprimer les multiples : ÏÏVp deux fois, DTlpa^K quatre foit,
tfnrntf sept foi».
b) Les locations adverbiales de temps et de lieu suivent la même construction; elles sont précédées de la préposition ^>, §373 a; souvent aussi, elles sont mises en apposition, sans préposition, comp.§ 346 a : ^ooué^m^ûoa \jd tous les jours de leur vie, Addai the Apost. 33, 11; 46, 4; 47, 24; £^? <v^2 ^ vers le
milieu de la nuit, Josué le Styl. 26, 10; l^àoy» ^<j^° au crépuscule du dimanche, Aphraat. 229, 2; \— * V-o à toute heure, Jul. 7, 18; Ir-^0—3 «-^ l0<n *—*)? <lu>il avait depuis longtemps, Addai
the Apost. 7, 7; m^a Za^ ^ài* 2>^£ Jocto e< il fut pendant trois ans chez son maître, Sindban 1, 5; ou^a \-im V-^l tout ce temps, Addai the Apost. 47, 23.
372. Les adverbes interrogatifs, comme \Jûa combien ? V-i^l comment? etc., se mettent en tête de la phrase. De même, ceux
du raisonnement, comme +^} ]***) comme, \iooi ainsi. Ceux qui sont enclitiques, suivent le premier ou les premiers mots de la phrase; parmi ces derniers, ^ ,-*? ^ traduisent les particules grecques |xsv ié ydp. ^.lo, comme antithèse de r^% ne se rencontre pas encore dans la P'sittâ, v. § 320 A; cependant, il apparaît dans des textes originaux anciens, comme celui de Josué le Stylite : ^-a? pî \c^ jo . . . ^ p| r°^ P r2» à contrercœur d'une part, . . . volontiers d'autre part, p. 82, 3 et 5; r~>V° • • • ^° ^r0 ^ tantôt . . . tantôt, Rabboula, ap. Overbeck 222, 6 et 7. Dans les traductions postérieures du grec, ces deux particules sont opposées très -fréquemment, notamment dans PHéraqléenne. Suivant son sens primitif d'ancien démonstratif, § 173, 3°, ^? se met souvent dans une proposition antérieure et a quelquefois r*^ pour conséquent dans la proposition suivante. C'est pourquoi les grammairiens disent que ^? élève le rythme et que f^ l'abaisse, v. Abrah. Echell., p. 236. ^ suit toujours l'exclamation *so2>-4,1 puisse! Barhébrœus, I, p. 173, 1. 5. Sur P et les négations, v. §§ 380 et 381 ci-après.
373. Bien qu'une préposition soit k considérer comme k l'état construit avec le nom qui lui est subordonné, elle peut, cependant, en être séparée par un mot court, généralement une particule enclitique : \\*^o \i&\ <-*? '^ ^° aPr^8 un long temps, Josué le Styl. 14, 9; lo<n? ^ oai** au lieu dyor, Addai the Apost. 50, 7, comp. § 357% ci-dessus.
Il n'en est pas ainsi avec les proclitiques *£> et % qui ne sauraient être disjointes.
a) *© non-seulement n'est pas nécessaire devant les locutions de temps et de lieu, § 37 1 b, mais il est parfois omis devant le mot à*t£>, ii l'état construit, même quand celui-ci a le sens de maison. Cette omission provient de la confusion qui s'est établie entre ce cas et celui où £-*£> signifie à l 'intérieur de, § 290; c'est ce qui ressort notamment des exemples suivants : <-*Wc sa©| h à n \-3o\ « o-Jj èv vrt otxta tou zortp6ç |xou jxovat xoXXai e'.aiv, Jean 14, 2; ^<na©| à-^o }»£* |kl*Z. ^û?z) avexpiçij jx^vaç tpstç ev tw otxci) tsu warpbç auTou, Act. 7, 20; comp. J^oûû ^àû ^ena^co sOrptav ei; IJLVYjjjLetov, trf. 13, 30; 1^1 £-*£> ^i^oéS w éOmo xat xarsxXeice ?bv 'IwivvYjv èv ty} çuXoxyj, Luc. 3, 20, etc. En sens inverse, *e> se met pléonastiquement devant b-*2> à l'intérieur de : JSoao A>no èv tcî; ^/iQjxaatv, Luc. 8, 27. Quand la préposition est omise devant à-kû, elle reparaît devant un autre nom qui suit : ^jiû &*£> J^oJ oj^^o
l^ï-»? t oct Sido p-kfeo ^-k£>o *au^^» u« mirent le feu au martyrxum de Mâr Sergis, à celui des Confesseurs et à tous les couvents, Josué le Styl. 57, 1.
La préposition *o a des sens multiples; elle indique : 1° le temps et le lieu ' : >oo-* Vaû chaque jour, Addai the Apost. 46, 9; Josué le Styl. 18, 3, plus fréquent >co-* Vo; vi\é> EvSh.g> à trois
heures, Aphraat. 229, 5; )*NSo pendant la nuit, id. 229, 6; ^ ]éÀo\L T-^îf qui marchaient dans la voie, id. 229, 10; 2° le moyen
ou l instrument : î-*Jf° V"» ?ni>So ^ééSd |o<n ]3 / homme ne vit pas seulement de pain, Matth.4,4; Deut. 8, 3; voct éSs ^tsuù\ùm\^n\n il a ainsi témoigné sur eux par le prophète, Aphraat. 219, 1 ; de lk, la cause : ? **olû, ? ,1^» ou yû, § 296 b, parce que, à cause que; 3° le
pta? : — àioaJ ftiûû îjJttû? |f^k^ wt?« Zitr« de viande (coûtait) cent
sesterces (nummus), ^-^oJ ^iSn^ ^SéO un ceu/^ quarante se-
sterces, pj^o-k£> Val^Lo? ^C|vtS^ Ja» te j>m« vit comestible (se vendait) cher, Josué le Styl. 36, 4 k 6; lji^£> W^ ^*^° ^i^^l trente boisseaux de blé pour un dinar, id. 20, 10; 4° le serment : ^^ >*La»
1. A '^1^ aw commencement est pris quelquefois, comme en néo-hébreu, dans le sens de création : n • *»i ■ o ^-S? ^wt existait depuis la création, Aphraat. 19, 9.
]<%£*& jure-moi par Dieu, Geu. 21, 23; V*r^? ctV>é^ M^ P £w ne jureras pas par le nom du Seigneur, Exod. 20, 7 ; 5° Z'eiforf dans un même lieu, la concomitance : ^nu^o oooi ^àhmi ils descendaient
avec des fourrageurs, Josué le Styl. 66, 18; MP ^ài&oo ^Vino allons avec nos fils et nos filles, Exod. 10, 9, comp. les expressions,
foN^o avec crainte, J^o,-*^ avec joie, l^Nio en silence, \b2±T* p,^ «an* savoir, pilai P,^ sans profit; répétée : vo<ju1a£>j£> {L> contre leur volonté, Jul. 69, 18 ; 6° de lk, entre, parmi : \2i£ b-At^a bénie entre les femmes, Luc. 1, 28; \*l£ ^> bJ\ Va-* tu me prendras parmi tes femmes, Sindban 3, 12.
Elle se met devant le complément de certains verbes, comme *£Vç9 se rencontrer avec quelqyûiin, *a jû^ passer par, etc. Avec un verbe actif, elle se rencontre non-seulement devant un complément indirect, mais aussi devant l'objet, pour indiquer la fixité et la ténacité de Faction ; ainsi se construisent notamment les verbes j«* *û*?| **A£>Z) regarder, examiner, ^nx espérer, ^ tenir,
*sl^ toucJier, atteindre; >a»M élever, Jul. 61, 23; 123, 10; 134, 22; 139, 4; \o^ vouloir, id. 68, 22; *^| tromper, kl. 74, 17, etc.
b) \ la préposition de la direction § 290, a également divers sens : elle se construit avec un verbe pour indiquer le mouvement vers un objet : \-»ljm*J? V^'P M va au pays d'Israël, Matth. 2, 20; )2^o fvoN A-iàJ il descendit chez les morts, Aphraat. 229, 6; si,-»! po^ ^oci^. WH le tyran leva la main vers eux, Jul. 38, 20; >fliiomo| | loo&^ «-^ oom ^ÉàinfvV> tls se réunirent vers le bienheureux Eusèbe, Jul. 27, 4. De cette manière, elle exprime le but: ifeL^t Vi\à> 2^ ^ de six à sept heures, Aphraat. 222, 1 1 ; Pr^ ^
et* 070 •* , oc \ +
Pr^* de temps en temps, |ià\ p-à, ^io d année en année, V*'Q-* ,-io foViàS du commencement à la fin, Addai the Apost. 49, 16 et 18; 53, 2; ^-t&o* ) — soaS )ooto et après sept jours, Gen. 7, 10; r i \ é> ^ o.à-S ^CT.à.i.oo et il le constwiisit en sept ans, 1 Rois 6, 38.
Elle apparaît en tête d'adverbes ou de locutions adverbiales: \I^ en haut, hJb^ en bas, ,-£>L^ par là, \k^ au-delà, §§ 291 et 294; |/,-jjS à la fin, Josué le Styl. 12, 8; lf^QjL^ après un long temps, Jul. 23, 22; ^oS après nous, id. 31, 25; >oXsN pour toujours, iV^^S complètement, ^atiéViS à peine; après V^r*, § 290:
v*Sà> v-Lz >ls{ V-^r^ jusque vers neuf heures, Josué le Styl. 54" 17.
Elle indique le passage k un nouvel état : 1-ioai* ^ < 9X-ft aï?
-' « ^ qi/.aivu<n^ ^nooj? qu'il passât du paganisme de son père
à la foi du Messie, Rabb. Overb. 161, 2; ]'r*^ JZo-»?o<ju* ^lo il V enleva aujuda'isme (pour le faire passer) au vrai culte, id. 161, 23. Elle a, en outre, les sens de : sur, à cause de, selon, par lesquels elle se rapproche de la préposition ^ ■ : V*n^ ,^aJ tomber malade, Mttfûb *»J, Exod.21, 18, plus souvent \I\-L; ^LJ^*-
ou p*^ r^l mourir de faim, Jérém. 38, 9; Luc. 15, 17; ^ jio} pour ^ ji] dire de quelqu'un : *£ml4 1<ti\ ,-io? \MJ^a **J| ^*î <j >o*^o ,-ào"? ViaéS fio] si quelqu'un dit de Jésus engendré par Marie, que c'était un homme qui fut pris par Dieu, Anal, syr., p. 71, 1. 7*; iL^ ^LmLù coupable de mort, Matth. 5, 21 et 22; jloio n2&» ^
)àUin') \u*\\ lorsque la mort l'eut ravi (Jésus) suivant la nature humaine, Land, Anecd. syr., IV, p. 42, 1. 6 ; 12^4^ pour le bien, Jul. 9, 3; àioS ch[ .oftN en bien ou en mal, Spicil. syr., 3, 7; \nho& )x»p pour quelle raison . . . , Jul. 30, 17 ; 36, 18.
Comme particule du datif, elle se met parfois devant le nom de l'agent : ^i*qéS ||àOS composée par Jean, Zeitschr. d. D. M. G.,
XXXI, p. 402; ^rriÉS^aS-flu^jl |^û^ écrite par Aristote, Anal, syr., p. 134, 1. 14; m^ ^•viàm composés par lui, Josué le Styl. 46, 19 et 20; V^o'f3 V^P • • • lvi«*â décrite par des hommes intelligents, Jul. 4, 19; ^oowi^ vJJooi ^y» elles avaient été rangées par eux, Josué le Styl. 21, 2; vé^ ^>o] il a été dit par moi, Spicil. syr. 9, 2.
Elle se construit ainsi avec un verbe impersonnel ou passif, aussi bien qu'avec un verbe actif, v. §§ 325 d, 331e.
Comme particule de la direction, elle était préposée au régime direct, dans certains cas, §§ 342 et 343; devant l'infinitif, § 332.
c) ^-i, § 290, indique V 'éloigneraient et se construit avec tout
1. bx J\ se confondent quelquefois en hébreu et en arabe avec bv. ,J£, mais la confusion de bv et 7 a surtout lieu dans les dialectes araméens, où les gutturales étaient usées ; v. d ci-après, pour l'usage de ^, au lieu de \