‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 180 sur 209 · Chapitre XXIH · texte numérisé non relu

Chapitre XXIH

De la coordination des phrases et des membres de phrases.

385. a) La copule waw sert de lien entre les parties d'un membre de phrase ou entre plusieurs phrases. Lorsqu'une pause forte sépare une phrase de celle qui précède, le lien n'existe pas; il en est de même dans un membre de phrase composé, lorsque la marche, au lieu de suivre son cours naturel, est interrompue par de légères pauses : \-±o\ • • • V-*te*° • • • \-&4> ^Jo^jj?

o o ^ oo y p*^ o 07 y , - , • *.

. t'i'r^? Pyû-» *s| V*5oû^ . )^o?z|? je fus effrayé des nouvelles . . .et des calamités : des tremblements de terre terribles, des renversements de villes, des famines et des épidémies, des guerres et des troubles, des captivités et des exils de contrées, des destructions et des incendies d'églises, Josué le Styl. 4, 13, comp. le passage de 2 Cor. 6, 4, cité ci-dessus pag. 151.

b) Quand plusieurs noms sont réunis par le waw, la préposition qui les régit n'est pas nécessairement répétée devant

x o . * ** o o <* o y y oo y o y oy

chacun d eux : Véj^od ?o*p |ào? ^V00 \a^ao \o^o \&jjoo )!*]£) que nous prenions possession du trône par les armes et Vépée et la guerre, et par h glaive et par le sang répandu, Jul. 35, 2 1 ; V&io i«7u^-> <jumo9 jlqjm^o <jt/.nn*io gi/nViÉWo à cause de la clémence, de la bonté et delà longanimité de Dieu, Josué le Styl. 6, 2 l ; po^ ,as

■» y **py*yy T 7 v,

01,^4, ^oo^aZZ ]yj^o ] o VnX? /e tyran ordonna que son cadavre fut jeté aux chiens et aux oiseaux de proie, Jul. 92, 16. Mais le dâlath du génitif ne peut être omis : jlo^ai^o jLàl^o |<nX? ]moh ) *,-£>? ab^M^o Ifc^^o Vesprit de Dieu, de V intelligence, de la

1. Après un pronom suffixe, la préposition est toujours répétée, on doit

dire : ^I^éDO ^ b±^je t'ai rencontré, toi et Jean, Barhébr., I, p. 63, l. 2.

fermeté, de la sagesse et de la crainte du Seigneur, Aphraat. 12 ult. ;

\ i/nvno ) i9n?o l^ioo? V-3^0! ks calamités des sauterelles, de la

famine et de V épidémie, Josué le Styl. 36, 20.

c) Lorsque plusieurs verbes sont joints par la copule, ils

peuvent n'avoir qu'un complément : Va Ojiof o oA*o oûJm|o o}Lo OiCLà,)? Us pillèrent, ravagèrent, capturèrent et brûlèrent tout ce qu'ils trouvèrent, Josué le Styl. 57, 8; ^-0| %£^o ^J U les ferma et y mit Je* scellés, Jul. 5, 21 ; Ogjolo o}à l^V^a V*$aoo Us pillèrent et brûlèrent beaucoup de villages, Josué le Styl. 57, 8 ; ^-$£^0 )^^ 1^*^ ^-^B^o ^looi eZïe* ramassaient des choses abjectes et les mangeaient, id. 65 ult. Lorsque le complément est indéterminé, il peut être mis après le premier verbe : fc^o \^oo \Zf± \o<n ) io u construisit, acheva ou embellit des églises, Addai the Âpost. 40, 12; ^h^ûLûo )zâz) ^êSmov» Us ajoutent ou retranchent des lettres, Jacq. d'Edesse, A letter on Syr. Orth. 4, 18; comp. Deut. 7, 25 K

386. Deux verbes, en dépendance Pun de Pautre, peuvent, au lieu de se subordonner, être joints ensemble, au moyen de la copule; ils ont alors, tous deux, le même temps; Pun d'eux forme le complément de Pautre et remplace souvent un adverbe : 1«ééV> V* ^<na2^h w*â*o ^©^ |?oi il avait démontré cela précédemment au sujet du Messie, Aphraat. 12, 3; ^r»^-^^ ^nnijjiSn ^oiaûuif IsoûolJ) ^oou^ Giyû^o les clercs persuadèrent le patriarche de le nommer leur évêque, Josué le Styl. 70, 6; mais la copule n'est pas nécessaire et souvent elle manque : $£>\ ^^ \±cùû Moïse avait déjà dit, Aphraat. 219, 9; ^21 ^i ol£-ôJ ^L U le retira bientôt de la vie, Jul. 5, 24; Zuààio^J b^o^ die s'est étendue également, id. 118, 6; *£>bJ \\\ — J? +*) pour qu'U aille s'établir, Josué le Styl.

57, 15; ^lolo ^uniSn p elles ne peuvent exister, Addai the Apost. 25, 2. La copule se rencontre aussi entre deux verbes subordonnés Pun à l'autre, § 389 c.

387. a) Waw réunit des membres de phrase, de constructions différentes, mais subordonnés a un même mot : )<£aa*£|? \Joo* ^ojs ou© w**?o le jour de la crucifixion de notre Seigneur et on il smiffrit la passion, Aphraat. 228 ult.; p?o vL»Soo? ^ooi/.afr m* ]}** ^ ptta^o ofi^ lorsqu'il vit V empressement des paysans, qu'Usri avaient

1. Quand le complément est déterminé, le second verbe prend le suffixe objectif en pareil cas.

pas eu peur, et le secours ..., Josué le Styl. 57, 3 ; **<nc$\ \±, %-a^~» ^

wauâîenJ^ ^-r**?o lorsqu'il sut ses mauvaises mœurs et qu'il avait rétabli l'hérésie, id. 15, 18 ; \T^\ ^c*a^ yumN \ânnvi**\ r^D ,ié\ tna

^Ipo \Zo à à à n? fï ordonna à Vun des évêques de l'ordonner prêtre et qu'il allât . . . , id. 63, 12. Ces phrases elliptiques présentent une grande variété : ainsi une proposition négative est reliée à

une proposition affirmative : ^Nv> j-»à-* flo j'êiisn hn໣] ]*l ** je passe pour un fou à tes yeux et non plus, pour un roi, Jul. 53, 3.

b) Il est assez rare que le waw soit mis aussi devant la première des propositions reliées; il exprime alors une accentuation

particulière : *£>{m&J?o ^o^jîo ^-i» ^^m f?<nJ^ non* considérons ceci : e$ gwc noua tuerons et que nous serons tués, Jul. 45, 22; . . . V°ï

7 «•..*•-* * * o o, * 7 7 r 7 ff . 7 * * 7 .

^-l* vi>i? ^Iioi^^o ^l» ^êlw*É ^ol^o .oulî 1&a££ m\àur)^jeprO'

clame que par la puissance inébranlable de notre Dieu, et nous vaincrons ton feu et nous foulerons aux pieds tes menaces, id. 47 ult., aj. 85, 1 ; |z.) ^àio)?o . . . oi^ ^kio)?o . . . f^oj? \^r%\ lettre d'Àbgar . . . et quand il l'envoya . . . et quand vint.. . , Addai the Apost. 1,1; Zoiûj ^.iifto v^>^m2 ^M»yV>o ^-»JioJ e7s disaient : et que notre ville périsse! et que nous, nous mourions! Jul. 28, 14, corap. 45, 13, où la même phrase se retrouve avec ? au lieu de o après ^vj.

c) On le rencontre en tête d'une phrase, qui n'est jointe à la première que d'une manière incidente; il se traduit par ausd,

encore, or, comme en grec xat : i^oci 001 >js\ 5,-éJ?o «J^ *-oVl tl fallait aussi qu'il envoyât lui-même un otage, Josué le Styl. 79, 3;

^ojo p| \o^je veux aussi te V apprendre, id. 7, 15; ... pj-oa* Josi

a^to ]^J] asjpo paoi la disette était telle que des hommes osèrent entrer, id. 33, 2 (plus fréquent ? paoi, Addai the Apost. 37, 2: 38, 9; Jul. 14, 3, etc.); >a-^ ^2uip© ^-i) ^1 disant : et quand

donc ... ? Jul. 50, 9; hnàLq >d£> ) l^lo 'yol^h^o ^L oui* jj£>\

l'àiisr) il lui dit, en le menaçant : or donc, je passe pour un sot à tes yeux, id. 53, 2; >ciànftsn |/oiYuqug?o p^? 1*°°^ • • • l^frv» on exige un jeûne austère, or c'est dans la foi qu'il consiste, Aphraat. 8, 17, où suivent plusieurs phrases construites de même; en tête d'une phrase d'état • : ^-»}«* />1éSq pendant que tes yeux regardaient, Jul. 52, 1 1 ; <%£>]o*k>o 01,^^ Zo^ ^a«? V^^ P^îos Vi» ]<n^p ^>^^àV>

1. Dans la version de l'ancien testament, le syriaque suit l'hébreu, ou ces constructions sont fréquentes : *ù «Via, crua-É-Wo fe ^faû* nu, Nomb. 22, 23.

Us louaient Dieu au sujet de la délivrance manifeste qu'il avait montrée envers son serviteur, alors qu'il le sauva, ici. 51 ult.; Zv^^ eus vQiko . . . \h\àô \z]o une oie pondit un oeuf, sur lequel Hait écrit, Josué le Styl. 59, 19; * àiSno...^o<n&^jAio V-^°O0,S omlé» ^4 les Romains quittèrent leur camp, chacun emportant, id. 69, 2; ^ém-iéV»? ^ — e <-*}£>o pillant tout ce qu'ils trouvaient, id. 53 ult.;

^»^no ^éÔé$ [Mijw œa^c|o tfottfe lafoxde de la ville étant tumultueuse et criant, Jul. 28, 5; plus usuel est j», § 330(2.

388. a) o| unit des constructions semblables : *4 H* of ^uo* io fa* çro t?# ou entendit pareille chose? Jul. 23, 5; oj \cxni ^^ hyL*) Vofo Vûûî (il lui manda) : envoie-moi de l'or ou accepte le combat, Josué le Styl. 47, 5: ou, par ellipse, des propositions dissemblables : ^en-jJoolo-àJ? o| ouia^ ^^^^nS ^ooi^âf ^vi>m tour w-

tention était arrêtée de mourir avec lui ou de le sauver, Jul. 41, 19 ; jào^Sû^ oj . . . Iaoi? ^l^J qu'il demandât de l'or ...ou qu'il dît . . . , Josué le Styl. 15, 13.

6)*Cette conjonction peut se mettre en tête de chaque proposition : |£> jdû \ûû of . . . }!*▲> ,^1^ oj ou /aw /a pawî, ou accepte le combat, Josué le Styl. 69, 6.

c) Dans le nouveau testament, of traduit la particule fy en tête d'une phrase interrogative qui exprime le doute : àJ| fû» of ij Soxsîç . . . , Matth. 26, 53; . oU\ -**>;! p o\ % arftoehz . . . , Rom. 6, 3; 7, 1 ; devant V^o^, of accentue le sens de cet adverbe : o|

^o2J| ^.à^v» |Z^1 lfcjcJfc-4, v^oZ VloI*, jjly; xaX'.v ôejxéXiov xaxaPaXXsluvot, Hébr. 6, î.

d) Analogue a oj . . . of, est <J . . . .J soit . . . soit : ,Jo V*£>r^° \1® fon^o *o& aw nord, soi* ait sud, Spicil. syr. 19, 15; <Jo \\m2ao J \\mtou p *oi£ visible, soit invisible, Addai the Apost. 25, 13; *4i# VJ *•*©} <J soi* en 6ien, so& en maZ, Aphraat. 156 ult.

Page 1