Chapitre XXVI
Des phrases conditionnelles.
410. a) La condition possible est exprimée par ,J, avec la négation P j ou $).
Le participe est le temps qui suit le plus souvent cette conjonction, la condition possible étant généralement posée dans un temps non révolu, v. § 296 a. Cependant elle peut être aussi envisagée dans le passé, ou comme une hypothèse problématique, auxquels cas le verbe est au parfait ou à l'imparfait ou encore k un temps composé avec )o<n, v. §§ 328 e, 330 e.
b) Le verbe "de la phrase principale qui forme Tapodose, ne correspond pas nécessairement k celui de la condition, mais il varie avec le sens : voici des exemples de différentes constructions avec chacun des temps de la phrase conditionnelle : avec lepassé: Zooi )bjû\ *a*î *â] }iLj \s\£> ^é<n KV\*w££.) Jktfjk* <j si cette pierre a été •posée comme base, comment était-elle aussi au faîte du mur? Aphraat. 1 1, 13; . oxuiOyD ^ld \3lL1 \y^4 *d| fZal^uoi ^aao Zooi v| si vous aviez la foi, une montagne même s'écarterait devant vous} id. 21, 15; PJ . a^aûj \a*tti Wr^ >ûfflio Ko<ntaà\i ^J£ qôsoi s'ils ne renonçaient
pas à leur faux culte, ils devraient subir le châtiment du glaive, Jul. 63, 8; r^T> $ rr* ï^4 as?' «^ \J * ^ ^'ow^ poursuivi, comment ne nous poursuivraient-ils pas? Rabboula, Overb. 228, 14; à-** <J
qôILd ^âJ| p . . . ^<n . . . okO . oà-*ooi . oMY)»qi fooi ^<nok*f p^V0 r° *^S9&J si, lorsqu'il. était sur la terre, vous eussiez pu croire, maintenant . . . que personne de vous ne doute, Addai the Apost. 28, 10; avec Vimparfait : %o\o\2. <olA\ . . . ^œ^ ^oia^z |3) si vous ne vous modérez pas . . . vouspérirez, Jul. 45, 11 ; . ..oul^c Via^...^iokA,2 <J J)h£i )z) si tu obéis, tout le peuple marchera à ta suite, id. 16, 9; o^noo . ooi àflln oosos ^?aâA9 }jA^f> ^OCT éSs ,^J A si la nécessité d'apostasier s'imposait à eux, ils avaient fait abnégation de la vie et Us supporteraient . . . , id. 31, 16; avec le participe : ^oniâSi ,-io v| \°^L jS JZoL> ^j£ J^ûl *i eKe s'éloigne de votre pensée, die ne s* éloigne pas de la vertu, Addai the Apost. 23, 17; *£u**> p? <<>^û pj ^of vj l?)O0u! ^nSnnl P V*ôir> si jie disais quelque chose qui ne soit pas écrit dans les prophètes, les Juifs ne l'accepteraient pas, id. 20, 17; ^ofûJ ^«num P) s'ils ne suffisent pas, ils devront appeler, Rabb. Overb. 214, 17; ^o«-^ ^ofcjj v>wnv> ^oL^ooi . ^iSnmv» ^ J s'ils font mal, reprenez-les, Addai the Apost. 45 ult. ; avec M ou une phrase nominale : ^1^ voo^ûJ . . . ^nmigflfcj? ^ p? viNéf à-»j ^ s'il y en a qui ne veulent pas croire, qu'ils s'approchent de moi, id. 21, 2; îâiâf» ^"^vi v>éV>>^>4> 00<n \O0U^ ^Ua?*"^aJ) **' \' 8'iï
y a des nécessiteux, que les presbytères prennent soin d'eux, Rabb. Overb. 217, 12 ; |a» . . . \sll£>] ]2<n **$£ o<* ^»? <j si cette croix est la tienne, Seigneur, montre ..., Addai the Apost. 14, 2 ; . . . ^oûJ ]£h+o <j |f»r° qu'il passe la nuit dans un monastère, s'il y en a un à proximité, Rabb. Overb. 212, 10.
La phrase principale peut également être nominale : V^^° \l ooi }nSv> o^ s'il ment, ce n'est pas un roi, Josué le Styl. 55 ult.;
T^wnS ^éàâd véSs ^niàSM voJcn ^»? ^| si ceux-ci l'emportent sur nous, il vaut mieux mourir, id. 59, 2.
c) Le changement de temps dans la même phrase n'est pas très-anormal : . . . ]aao . . . zûlo|o )aûio oi/oé^? |1éS-o ouo -^? . | r&JàJ l Joi $'# persiste dans le même esprit d'erreur, et s'il mêprimt,..et dédaignait . . . que celui-ci soit réservé. . . , Jul. 22, 5.
d) La conjonction <j se rencontre rarement au milieu de la phrase conditionnelle : |3 . . . ^ootL^Di fïi> ^^r\ \1 l»viâS t-^i-2* r^S^vo quand même leurs cris monteraient jusqu'au ciel, tu n'échapperas pas, Jul. 47, 4.
411. a) Après une négation ou une interrogation, P| a le sens
de sinon, si ce n'est, mais: V»*2^ tfl ^» ^îf54^ - - • t^r^rs^l0<n P 9 ° * j*" ."7
1*-^? ce ne sont pas des créatures que nous annonçons, mats le
Seigneur des créatures, Addai the Apost. 25, 16; <-£ ^»L»? V&o
1^4 ,«Siii? p| h^\ J** et qu'y a-t-il de mieux à faire, si ce n'est de changer de pays? Jul. 23, 9; <J PI est également très-usité au lieu de PI : viLso JciA, <J p) )h^o \2ii b^* il n'est personne qui resmctie les morts, si ce n'est Dieu seul, Addai the Apost. 3, 4: po ^*iJ| ^5Z <J p| ^oouiio oiukLo et il ne mourut parmi eux que deux hommes, Josué le Styl. 23, 15; TsnNm? . ) p) )iàio? « àé,-N Zom lisufo «-^ e< comment était-elle au sommet de l'édifice, si ce n'est qu'elle est montée, Aphraat. 10, 16.
vl n'est pas, dans ce cas, simplement explétif, mais il corrobore le sens exclusif de P), comme en grec èàv (jltq (ainsi, dans les versions du grec, <J? traduit parfois oç ov ou eiv, 5 av ou eav, v. Jean 14, 13 et 26 Héraql.).
b) P), en effet, non suivi de K\, se rencontre aussi après une phrase affirmative : Vàâ^ p pf Joouiûi* ^éS™ yo^ ^ ^J| vrï*^. ]^m 14^0 ces événements doivent arriver auparavant, mais ce n'est
pas encore la fin, Josué le Styl. 41, 15; ■ moéV» PI «^ Tô^ \ob^o
oui» Joui dans la lettre qu'il lui adressa, cependant, il la louait, Jul. 219, 27. Suivi de <J, PI signifie, dans ce cas, mais si : ooi <J P| 2jfî J^lo? mai» *î tupeux, Jul. 55, 2 ; vao^nI\^ jioLïâs ^ ^3f (Li^al \Lam 2±a) k\ pjo ce #o?i£ de $o#e* illusions de votre erreur, mais s'il y avait de la force . . . ,id. 48, 4.
412. a) <J a encore le sens d'une interrogation indirecte : )<£) <o^& ô-£> ^nài <J? oi^a^ t/ a#a i?er* Ztu (voir), s'il y avait quelque chose, Marc 1 1, 13; \lc1d \L bia±D\ J )^| hà\no et foi voulu voir
situ as observé le pacte, Sindban 13, 18; o<n \*\£i <J? . . . \om j*o] ^ disant . . . est-ce une illusion de tapartî Rabb. Overb. 162, 8; ainsi, pour exprimer le doute, on dit <J pu* quand bien même, au lieu de ? )&*>, v. § 366 1, comp. les phrases dubitatives, construites avec <J, comme : |<£oio? J*n loaa <J IiIjz V* »»<** un second Josias, si cette figure peut suffire, Rabb. Overb. 160, 23.
6j t-s| quand même, bien que, avec la négation p ^»J ou P ^), exprime également une condition ou le doute : ^iôêfo p j-s^ ^t vo2^ooi ftîen gt*e vous ne fussiez pas présents, Addai the Apost. 21,6."
413. a) La condition impossible o2^, avec la négation P o^, a lieu, en principe, dans un temps révolu ou considéré comme tel. Elle est donc suivie, dans la phrase conditionnelle, du parfait simple ou composé avec \om, auquel correspond dans la phrase principale le participe avec ]cxn ou quelquefois sans auxiliaire: 2^0^. Oyfi ^j£ ojl Koh^oa\ ^àfi^ poci combien vous voudriez qu elle eût déjà décliné! Jul. 23, 22, comp. § 296a; ^o« P cX oo« ^>LiV) ^oi vous auriez été bien aise que cela ne fût pas arrivé, Addai the Apost. 16, 1 ; oooi ^àhn*, \h**ioJL ]i<n ^£> . aàooiJ? oooi où , ojl P— 9]
pi«? V1^^ vo<ju^ afora même qu'ils auraient voulu être indifférents à cette religion, les terribles commotions ne le leur auraient pas permis, id. 28, 2 ; avec b+\ : ,001^... . |Looo |à-*^* ^oouo Jcxn 2^| ak ]o<n <-o5l 001 s'ils avaient des sens et de la raison ...ils devraient . . . ,
id. 24, 1 ; <£oa IjsriMV) . . . \* j&i \whos à-*) aik «'# t/ aaatl moyen
que ce fût possible, ça aurait été fait, Jul. 48, 15; dans une phrase nominale : ,v>lv>X ^*o<n ^liyWn ^1» . . . v^io? **ota^â£> p a^, si ce
11 avait été à cause des paroles de notre Seigneur, . . . nous en serions venus à dire, Josué le Styl. 41, 13.
b) Quand cuk pose la condition dans un temps non écoulé, il est suivi du participe : oo<n ^éViéo |3 o^t ^cxn^ ]o<n t*as il vaudrait mieux pour eux qu'ils ne vécussent point, Aphraat. 169, 13, corap. r*+2.\ Paiooi },n^S oi^ \om ^as, Matth. 26, 21 ; \om \o^
Lom ]1^û aX il eût voulu, si ce fût possible, Jul. 55, 22 ; KàUnh*r> o\ vo&J) si vous étiez perspicaces, id. 80, 2, comp. 183, 11. Dans ce sens, vl permute quelquefois avec cJk : \ vun <j
o^Éiiikup >nns/ v/q->Nvi « notfre Royauté se mettait à poursuivre
vos méfaits, Jul. 38, 23; |L^c5 âSja&Z? |^i &jj( ^9...2j( .f quand même tu posséderais les livres de la science du monde, Jul. 148, 10; comp. cet autre passage, id. 48, 26 : &-)j ^ c& (i — sj UaA.^ kj^i pas même, si tu possédais les livres de la magie, aj. l'exemple cité § 410 d.
414. ? ex* v| ou ? o<xJ| s'il est que, ? |o<*J <J quoique, quand même, ajoutent à l'incertitude de la condition et répondent au grec iav, comp. § 323 : **juûs2 )m\w ^ oaJ) làv Se tb 5Xaç (juopavO^, Matth. 5, 13; ^r^>? o« <j ou *-*W <J *'# arrivait, Aphraat. 68, 12 et 13;
ys-»**ymy**i»* . .
^j^k? ,-*o ob^kéÉ <*^v? IcxjU ^j ^tioiia mémg «on armeie «eratl yZtt* nombreuse que la notre, Jul. 204, 24, comp. 77, 13, 15; 212, 6; très-rarement, ? <J : ^S/? <J «î to enseignes, Spicil. syr. 1, 16;
de même, ? aX : a^*? p a^! *'tfo n'avaient pas su, Addai the
Apost. 27, 21; ? lo«j «X quand même, Jul. 84, 7; 214, 21.