‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 27 sur 209 · Comp. Barhébrœns, Œuv. gram. I, p. 197, 1. 4 et suiv · texte numérisé non relu

Comp. Barhébrœns, Œuv. gram. I, p. 197, 1. 4 et suiv

3. Cette division a été proposée pour l'hébreu avec quelques modifications par M. Ed. B5hmer dans la ZeiUchr. d. D. M. Q.y t XVI, p. 579.

Ce classement prête assurément le flanc k la critique, mais il est assez spécieux pour être venu à l'esprit des auteurs de l'alphabet K Suivant Barhébraus (Œuv. gram. I, p. 195, dern. Kg.), les lettres n'auraient pas été classées suivant leurs organes, à cause de la difficulté qu'on aurait eue k les articuler l'une après l'autre, tandis que dans leur groupement actuel, elles se laissent diviser en vocables faciles k retenir. Cette raison d'ordre pédagogique a quelque poids, si l'on admet que les maîtres d'école ont dû s'occuper de ces questions avant les philosophes.

19. Le tableau suivant donne la division des consonnes suivant leur qualité et suivant leurs organes.

Tableau des consonnes

suivant leur qualité

explosives

continues

sonores

sourdes

emphat.

sonores

sourdes

emphat.

suivant leurs organes

gutturales

<MÉft

palatales Hnguales

dentales

OD9 \m&

labiales

td

1. Les raisons qui militent en faveur d'une coupe en deux moitiés égales de l'alphabet, ne prévalent en rien contre l'hypothèse de ce classement qui est antérieur. Cette coupe s'explique par le genre d'écriture appelé boQstrophédon, d'après lequel l'alphabet présentait la forme suivante:

On prit ensuite chaque moitié à part et on la considéra comme l'égale de l'antre avec laquelle elle pouvait permuter; ainsi se forma l'alphabet cabalistique appelé atbae; on put aussi, en lisant de gauche à droite cornnencer l'alphabet par les lettres l, m, n, comme le montrent l'alphabet éthiopien et peut-être aussi l'étymologie du mot dementum. V. Dillmann

Cette classification a une grande importance au point de vue des modifications ou des permutations dont les consonnes sont susceptibles !. Elle ne saurait être cependant plus parfaite que l'alphabet lui-même qui, en donnant les grands traits de la prononciation, en a négligé les nuances. Ces nuances, on ne saurait les omettre, car elles donnent la clef de phénomènes linguistiques qui sans elles resteraient inexplicables ; elles naissent de la tendance qu'ont les muettes ou explosives à s'aspirer et k devenir fricatives -ou chuintantes, comme nous le verrons sous les paragraphes suivants.

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