‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 29 sur 209 · Des 'palatales · texte numérisé non relu

Des 'palatales

a) Les trois muettes palatales s^ -p ^ ont leur siège à la partie postérieure de la voûte palatine; ^o s'articule à la racine de la langue appuyée au fond du palais, ^aet^un peu plus en avant 2.

Ces deux dernières, ainsi que les dentales ? z et les labiales *£> -s, réunies dans le mot mnémotechnique kao^p s'aspirent en syriaque comme en hébreu, sous l'influence d'une voyelle qui précède, voyez chap. 22. Cette aspiration est tout euphonique et nullement distinctive du sens des racines. Au contraire on peut à bon droit envisager la prononciation aspirée du gâmal et du kaph comme une cause de la disparition fricative du V et du

1. Une certaine confusion entre ces deux prononciations n'aurait rien d'étrange, puisque le sentiment de l'étymologie s'était effacé de bonne heure, ainsi le nom Xotjx DH paraît se rapporter à la racine la» être noir; cependant cette prononciation peut faire allusion à ^LL grossier brut.

2. Barhébreeus, Œuv. gr.% I, p. 195, 1. 11 à 13, où on doit lire ligne 11 d'après la ligne 13 etLi \i^5 \£ll >I£lé,o ]LLL #L> ^lo à la racine de langue et à la partie de la voûte du palais, qui lui correspond.

Digiti

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, qu'elle confinait de très près, de sorte qu'elle serait un exemple de l'euphonie prévalant sur l'étymologie. En effet, dans les transcriptions des Septante, le gamma grec représente aussi bien le gâmal aspiré que le 'atnfricatif, comme en karéounique le gâmal rend le gim et le gain arabes; de même, le chi des Septante exprime et le kaph aspiré et le bethfricatif, comme le kaph en karàounique répond aux deux lettres arabes *£ et £•

b) Bien que les Syriens distinguassent les muettes dures des aspirées, les premières avaient cependant perdu de la force explosive qu'elles avaient conservée en grec. Barhébrœus remarque que dans les transcriptions du grec en syriaque, les muettes de ces langues ne se correspondaient plus exactement Le gamma grec n'était pas l'équivalent du gâmal syriaque, mais était beaucoup plus fort ; il affectait dans la bouche d'un Syrien un son chuintant qui le rapprochait du gim arabe, comme dans les mots ^oéX^Io} évangile , V»f^°^ géométrie, Vt*r^o^ géographie x. Ce gâmal chuintant était distingué chez les Syriens occidentaux par un point intérieur, du gâmal dur qui avait un point supérieur et du gâmal aspiré qui avait un point inférieur 2.

c) Le kaph n'avait pas non plus la valeur du kappa grec; il n'en avait plus le son détonant comme le montre en hébreu la transcription des Septante qui le rend par un chi. En syriaque également, le chi grec est exprimé par un kaph, comme dans affole) = 8/Xoç foule, yk+sjo] ayrftuz forme. Rarement le kappa rendait le kaph, comme dans Kvj<pa; = ]***> pierre ; mais ce nom n'en était pas moins entaché d'une aspiration qui trahissait son origine araméenne, comme l'indique son passage en syriaque sous la forme u^*^ Jean 1 — 43 3# Nous verrons plus loin, en parlant du taw qu'un effet semblable s'est produit pour

1. Barhébrœus, Œuv. gr., II, p. 37, 1. 15 et suiv. Dans d'autres noms cependant, le gamma était assimilé à un gâmal aspiré, y. § 133.

2. V. Abbé Martin, Syrien* orient, et occident. , p. 417 ei La Ma—ort chez les Syrien*, 2e partie, p. 202, 203; et Wright, Catalogue 0/ *yriae manuêc.y p. 11 \d.

3. Barhébrœus, Œuv. gr., I, p. 207, 1. 22, comp. ibid. p. 212, 1. 6 et II, p. 37, 1. 15 et suiv. Voir aussi O. Hoffmann dans la ZeiUchr. d. D. M. G., XXXII, p. 746. Barhébrœus dit I, p. 206, 1. 19 que \h%*%x = «r«PJ3<x6a (Jean, 19-13) est pour I^aaao.

le nom ôtopuxç = \&)£. D'une manière générale le kappa était représenté par un qoph syriaque, comme vjgaSSé^ag = xupiXXoç.

d) Le qoph est la palatale forte et emphatique. Il était aussi sans doute susceptible d'une prononciation plus faible qui le rapprochait de celle du kaph, suivant la distinction établie par quelques grammairiens et mentionnée par Sa'adia1, car ces deux consonnes permutent quelquefois suivant les dialectes, § 34. Cependant cette prononciation affaiblie était bien plus restreinte qu'en arabe où le groupe C*s n'est pas rare, tandis qu'en syriaque, suivant la loi d'affinité dont nous parlerons plus loin § 39, l'emphatique qoph attire toujours l'emphatique teth; en voici quelques exemples : V^o et J-2> tuer, \éln<* et ïliiU champ du concombres, ^4-0 et £?& être chétif } tandis que la racine arabe ^aS avec qoph emphatique a le sens d'habiter. De la même manière s'explique &$?, à côté de l'hébreu et du syro-palestinien DÇ[J.

22. Les palatales-linguales continues ont leur siège à la partie antérieure de la voûte palatine : youdh et rià se prononcent au milieu de la langue et du palais, lâmadh avec le bout de la langue appuyée à la naissance du palais et noun à la même place avec le côté de la langue.

Ces palatales sont séparées des muettes du même organe par une ligne de démarcation bien tranchée qui peut être difficilement franchie.

a) Youdh est moins dur que notre j et à plus forte raison que le j guttural des Espagnols ; il répond plutôt à l'y ; il passe facilement en la voyelle i et rentre dans la classe des semivoyelles, § 106. La prononciation dure et chuintante de youdh redoublé qui, dans certains dialectes arabes, confondait cette lettre avec le gim 2 ne paraît pas avoir pénétré en syriaque ou y avoir laissé de traces 3.

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