V. plus loin § 117 et
2. Sur le ris aspiré en hébreu v. Manuel du lecteur y p. 151 et 187 et Die dikduke Ha-te amin des Ahron ben Ascher par MM. J. Baer et H. L. Strack. Leipzig 1879, p. 7, § 7.
3. Barhébrœus, Œuv. gr., I, p. 194, 1. 13; Abbé Martin, Syriens orient, et occident, p. 375; J. Derenbourg, Manuel du lecteur, p. 208.
certains mots; il devient alors quiescent ou tombe, v. les verbes \U et *n^», § 217 K
d) Noun se signale en syriaque par sa faiblesse, il se maintient difficilement k la fin de la syllabe, § 110a, tandis que d'autres dialectes tels que le mandéen et l'araméen biblique se servent volontiers de cette nasale pour décomposer une lettre redoublée, § 117.
Comme nasale, il permute suivant les dialectes avec l'autre nasale mim, notamment dans les terminaisons du pluriel (comp. Esra Ùpb à eux, Daniel pn*p); comme palatale, il permute avec lâmadh et quelquefois avec youdh, voyez § 356. Que l'articulation nasale gn n'était pas absolument inconnue aux Syriens, c'est ce que prouve la forme >ii^4> êagni à côté de *±i± Sanni.
23. Les trois consonnes ? 2. ^ sont les dentales explosives; les deux premières appartiennent aux muettes aspirables, voyez chap. 22. Leur facilité à s'aspirer leur enlevait de leur force détonante et elles ne répondaient plus exactement k la prononciation des mêmes consonnes en grec.
a) Le dâlath est rendu par le delta grec et réciproquement, mais le tau grec que Barhébrseus appelle un dâlath dur, est exprimé par le teth, tandis que le 2. est représenté par le 0 grec, ainsi : ^mo^s Dérpoç, *joo)h\r\àl Tijjicôsoç2. Le t latin était transcrit de la même manière, ainsi Po^jld centurio*. Cette aspiration dont était entaché le taw dur syriaque aux oreilles d'un Grec se trahit notamment dans le nom Owjjiaç = \&\jl jumeau avec taw dur, lequel passe ensuite dans la version syriaque avec un taw aspiré \x>o]z Jean 20, 24.
Le thêta grec tenait donc le milieu entre le taw dur et le taw aspiré syriaques. Le mot VA^ armée = Tor/na fait excep-
1. L'écriture fr*^|? tu as retiré, avec aleph, n'indique pas un affaiblissement du lâmadh, mais un pa'el, y. p. 57, note 1 ci-après; à l'exemple de Castelli, dans son LexUxm, ajoutez Barhébreus, Œuv. gr.r I, p. 1, 1. 8.
2. Barhébrœus, Œuv. gr., I, p. 207, 1. 22, 208, 1. 17, 212, 1. 6; II, p. 37, 1. 15; c'est ce qui faisait dire à Barhébrœus (I, p. 212, 1. 7) que le taw n'avait aucun équivalent en grec.
3. M. Renan a judicieusement observé que les mots latins se transmettaient en syriaque par les Grecs et recevaient la prononciation propre k ceux-ci. V. Eclaircissements tirés des langues sémitiques sur quelques points de la prononciation grecque, Paris 1849, in 8°, p. 17.
tion k cette règle et dénote une importation qui remonte loin; de même le mot 1^-à, cadavre avec d dur = oxeXeiév, comp.
5) L'aspiration qui dans le groupe sémitique affecte les muettes sourdes et sonores, est tout euphonique ' ; mais il est vraisemblable qu'elle succéda, en la supplantant, k celle qui k l'origine avait une valeur étymologique. Ainsi les racines *©? ^rO yinL. devaient avoir un dâlath dur, comme en hébreu et en arabe 1E1 ttHp TÛP^ u**** ***; niais d'autres, comme ^o? hjG ^ avaient un dâlath aspiré, comme en arabe ft>j^t **»•* > lequel en hébreu est devenu spirant et a passé en zaïn FQt mtQ ÎITK2.
c) Le taw subit les mêmes modifications. Les racines <o^> \2^9 *oko 2LÛA, avaient un t dur, comme en hébreu et en arabe:
on br\b ans rorc ?-> J-& *-*•# ^~-~>] mais %*ao l^ 2^
avaient un taw aspiré comme en arabe J-t« dj^x*. ^*U> lequel devient chuintant en hébreu : ^#Û tt^in lûblÛ. Cette prononciation chuintante n'était pas inconnue au syriaque, comp. ^ *sfj2 laisser; elle explique le pluriel \ï* femmes (D^3) du singulier J^fcJf ÎTtëK, lequel se retrouve encore dans l'arabe oV*^ k côté du sing. c^3\.
Cette triple prononciation du taw, dure, aspirée, chuintante est parfaitement distincte dans le dialecte syriaque, parlé encore aujourd'hui k Ma'loula au nord de Damas8. Mais elle n'avait pas pris d'extension en syriaque, car les grammairiens n'en parlent pas.
1. Ainsi en allemand p et t se sont aspirés en b et d, et par contre, b et d se sont endurcis en p et t.
2. L'araméen ^ se prononçait autrefois M comme dans les antres langue», ainsi qu'en témoigne l'inscription de Carpentras et le syriaque r^3! où I devant ^^s est peut-être le démonstratif (\>), comme en grec on dit avec l'article 0 ^ Bstvoc. En mandéen la prononciation oscille entre 1 et î (Nœldeke, Mand. gram., p. 43). Ainsi en Saho d peut être dur, aspiré on spirant dans un même mot, suivant les dialectes. V. Reinisch dans la Zeitêdir. d. D. M. G., XXXII, p. 417.
3. V. Nœldeke dans la Zeitschr. d. D. M. G., XXI, p. 183 et suiv. et notre notice dans le Journal Asiatique, année 1879, 1er sem., p. 466. On serait tenté d'expliquer par une prononciation semblable un point placé quelquefois au milieu du taw dans la massore karkaphienne et un double point horizontal placé sous le taw dans certains manuscrits nestoriens, comme celui de l'édition de Bar'ali par M. Hoffmann.
d) Le teth pouvait aussi s'aspirer suivant l'étymologie. H était dur dans des racines, comme >o^ ca^o w^n^ .= DJTtO *PP Bpb r»l> <-**»* ^, il était aspiré ou spirant dans d'autres comme £aj pjbX y& on(/Ze, \L^i ^ £~£ grozeZZ*, f^ ^3 j& ou <-M* f BH kJL*» observer, prêter attention. Ainsi une même racine syriaque peut avoir les sens de deux racines hébraïques où arabes, comme Vj = ^fc JJ> rosée ou bît JJ» ombre. Tandis qu'en hébreu cette aspiration passait en sifflante, en syriaque elle disparaissait
24. Les sifflantes sont les dentales continues par excellence : 1 ^ ^ correspondent aux muettes ? z ^ qui en s'altérant permutent avec elles, voyez ci-dessus § 23 et plus loin § 35 6.
a) Les sifflantes permutent également avec les gutturales, en s'aspirant; nous en verrons plusieurs exemples sous le chapitre suivant §36 b. En syriaque, il faut distinguer dans les racines deux espèces de sâdhé : le premier pur se trouve dans les racines ?^ 1?^ ^ «^o^ îo^ ^.^J ^iao etc. qui ont également en hébreu et en arabe un sâdhé ou un §âd; le deuxième aspiré apparaît dans des racines comme ,1©^ \^o ^ qui ont bien un sâdhé en hébreu TÛJt HîtÛ fÛCl, mais en arabe ont un dâd j^-ô {<s**>* Ja^-. Le premier se maintient intact, mais le deuxième s'est souvent altéré en % comme lis* troupeau ptX o^> %f£ être malade JHÛ J>j*, fe] terre JHK 3>}. Il peut même arriver que 'é naturel et *é venant de sâdhé se trouvent dans des racines différentes qui affectent la même forme, comme V* = Hjn c^j paître et fl5t"| ^^j être satisfait, %£>h = JD"I ç*j être carré et JPS*I yj**j être accroupi. D'autrefois ces deux espèces de %i se rencontrent dans une même racine : dans ce cas, le premier s'affaiblit devant celui qui suit et passe en aleph, comme j!^ cote p^5f ftH*» £4 double l uàSuô (peutêtre aussi *TJ?}t voile double?), ^] rencontrer Jf>j* VIS.
1. 8ic Ewald, Lehrb. d. hebr. Spr., p. 145. Les mots >**!> \*à*\ w*2* ^a^ sont de formation secondaire. Les sens de doubler et être faible qne contient la racine arabe s'expliquent par cette raison que doubler est aussi diviser, plier en deux. Les diverses racines qui ont le premier sens renferment aussi le second, comme \jS double et partie, ^-*£ soustraire et doubler, *-Jo plier et doubler.
L'arabe ^a»\ serpent est une forme araméenne correspondant à l'hébreu P&1, tandis que le syriaque V^t hyène = IttSX. En néo-hébreu 9JOX per-
b) La sifflante naturelle semkath se retrouve dans les mêmes racines des langues sémitiques telles que : ^tf hbjo +b\ *^D
nno -idk *** jz~> y*.
c) La chuintante ^ n'est qu'une forte aspiration de semkath ', avec une valeur différente dans les racines, ainsi : ^f étendre, J*j* briser. Mais, si en arabe les consonnes gardent leur aspiration première, dans le groupe sémitique du nord, elles la perdent dans le sens étymologique, comme nous l'avons vu pour les muettes : le èin se rapproche alors de la prononciation du semkath et devient un sin en hébreu ; en araméen, la fusion est complète et on ne distingue plus le sin du semkath, de sorte que ^j* devient en hébreu ttHB et en syriaque ^»f9, comp. ^-a» ]la jj»^ P3tt? fcCtt? IfrP £?■**> i 5-^» j-«&*. La nuance qui distinguait le sin du semkath finit par disparaître, en hébreu même, où un mot est écrit quelquefois par Tune ou l'autre lettre indifféremment. Ce fait se présente aussi dans les inscriptions de Palmyre (Nœldeke, Zeitschr. d. D. M. G. XXIV, p. 95) ».
Mais à l'aspiration étymologique disparue, succéda en hébreu et en araméen une aspiration euphonique, de sorte qu'un semkath primitif devient souvent de cette manière un ôin. Ainsi s'explique comment des racines qui ont un sin en arabe, ont un àin en hébreu et en syriaque comme : {X* U*J> ^Jsï >a^ \±n ^^ ùblÛ îTttfp ttflp. Mais il est digne de remarque que cette aspiration ne s'est pas généralisée et que la sifflante s'est maintenue dure dans quelques racines, comme nous l'avons dit plus haut. Le rapport entre ces langues est donc celui-ci : *■» D = tr»
mute avec HPOK dans le sens de serpent. La théorie de M. Bernard Fischer dans la nouvelle édition du Lexicon de Buxtorf, p. 783, d'après laquelle V serait primitif, mais se serait affaibli en spiritus lenis et aurait passé ainsi en sifflante, n'est pas soutenable en face de l'arabe; du reste cette sifflante devrait être semkath ou Sin, mais non pas l'emphatique çadhé.
1. L'aspiration de Sin résulte de ce fait, qu'il est quelquefois transcrit en grec par un y (v. Renan, Éclaircissements tirés des langues sémitiques, p. 10) et qu'il peut venir de gn mal ou de taw fortement aspirés § 23 c et 39y; c'est pourquoi Barhébrœus l'appelle une sifflante bâtarde (Œuv. gr., I, p. 196, 1. 20).
2. Par suite de cette confusion de sin avec semkath, cette dernière consonne a disparu en arabe et son signe a représenté le sâd qui correspond au e&dhé hébreu et araméen.
ou c£> **)D= <J»,** & — u*1* Ce rapport une fois établi s'est maintenu d'une manière fixe : les mpts araméens qui ont un Sin passent en arabe avec un sin, comme fl^)3 foiiin* église devient en arabe ^^^, làiào prêtre jm^J?,
Le grec n'a qu'une sifflante pour exprimer les sifflantes syriaques, c'est le sigma qui lui même est rendu par le semkath, comme Isom^s çtXcaof cç, mais dans les noms sémitiques qui avaient un ôin, celui-ci reparaît comme dans Iyjgouç Zi(jui>v
d. Nous avons vu plus haut § 23 c, que la prononciation chuintante du taw dégénérait en àin; en sens inverse, les Nestorien s donnaient au sin la prononciation forte du gim arabe, quand il précédait une des muettes sonores dures *o ^? § 39 </3.
25. Des labiales. Les labiales comprennent les quatre consonnes réunies par les grammairiens sous le mot mnémotechnique *aioa£>. Les deux explosives ^> et *s appartiennent aux muettes sujettes à l'aspiration euphonique ; les deux autres sont naturellement aspirées ou continues. La prononciation du waw est tellement voisine de la voyelle ou-o, que cette consonne passe facilement en cette voyelle § 106 et la voyelle au contraire se consolide quelquefois en waw. Mais cette affinité n'est pas exclusivement propre au waw : elle s'étend aux autres labiales, par suite de l'affaiblissement, auquel les consonnes sont si exposées en araméen. Nous aurons souvent occasion, en traitant des formes, de constater la prédilection des labiales pour la voyelle ou; les noms propres y sont eux-mêmes assujettis, {Uaioas najjiçtXoç. Une conséquence de cette affinité est la confusion de *o et & aspirés avec la voyelle ou ou a qui précède, formant une diphthongue au avec cette dernière ; dans jioa^7 JLoo» le *& n'était plus sensible chez les Nestoriens, qui prononçaient ^û et ^ comme le waw d'une diphthongue dans \±sb v».>'ftft]t uaai *â£Â ifcoô ]£\ etc. (Barhébr., Œuv. gr.y I, 206, 12,
1. V. M. Philippi dans la Zeitschr. d. D. M. G., XXXII, p. 30.