‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 33 sur 209 · Œuv. gr., I, p. 212, 1. 5, II, p. 37, 1. lô · texte numérisé non relu

Œuv. gr., I, p. 212, 1. 5, II, p. 37, 1. lô

3. Barhébrœus, id. p. 206, 1. 19, veut que la forme primitive soit KDB'BS ce qui ne paraît pas justifié/

4. V. Abbé Martin, Syriens orient, et occident., p. 375 et sniv., Joseph* Accurensis. gr. syr.y p. 108; Merx, Or. syr., p. 73; G. Hoffmann, ZeUschr, d. D. M. G., XXXII, p. 746. La prononciation emphatique du - grec explique la présence de l'emphatique *4 au lieu de taw dans le réfléchi » m é «a IZ\ f formé du grec ratât; ; la distinction que les grammairiens établissent entre *tt»*^l et *n+sZ£] (Jacques d'Edesse, Epistola de orthogr. syr., éd. Martin, s^, 1. 22; éd. Philipp, ©, 1. 20; Barhébrœus, Œuv. gr., I, p. 38, 1. 20) n'a rien de primitif.

La différence de la prononciation du r.i grec avec celle du pé sémitique remonte haut, car on en trouve trace dans les psaumes alphabétiques 25 et 34, où le pé sémitique a sa place ordinaire et le pé emphatique, la dernière place. L'éthiopien a aussi un pé de provenance grecque. Y. Dillmann, Ethiop. Or., § 28.

plus tôt le besoin de créer une lettre spéciale pour le rci; ils lui donnèrent la forme d'un *s renversé, v. pi. 2, col. 5 et ci-dessus p. 11. En dehors des mots grecs, ce pé renversé est souvent usité pour le pé redoublé dans les mots syriaques1.

b) En Mésopotamie, cette nécessité ne s'imposa qu'avec le développement que prirent les études grecques au VIe et VIIe siècles. Aussi est-ce dans la deuxième moitié de ce dernier siècle que Jacques d'Edesse 2 songea à inventer une type pour le pi grec, en même temps qu'il créait ses voyelles intercalées (v. pi. 3, spécimen III). Dans l'édition des œuvres de Barhébrœus par M. l'Abbé Martin 1. c, cette lettre a de l'analogie avec le lu hébreu, mais d'après un manuscrit de Londres, cité par M. Wright dans ses Fragments of the syriae grammar of Jacob of Edessa, p. 1, col. a, elle ressemble au delta grec majuscule A. C'est aussi la forme du quatrième des huit signes que M. Land a trouvés dans un manuscrit de Londres et qu'il a publiés dans la Zeitschr. d. D. M. G. XXII, p. 550 (v. notre pi. 3, spécimen VI) ; mais comme ce signe paraît être celui de i bref, cette similitude est sans doute de pur hasard.

c) Le type inventé par Jacques d'Edesse pour le pi grec n'eut pas d'ailleurs meilleur sort que ses voyelles et il n'en reste pas trace dans les manuscrits. U faut sans doute attribuer cette malechance au développement du système des points diacritiques qui eut lieu vers cette époque dans la massore karkaphienne , et qui remplaça avantageusement ces types difformes. Le pi grec fut donc finalement indiqué par un point diacritique. Les Orientaux se séparent dans cette notation des Occidentaux ; ils superposaient k ce pé deux points, un seul point marquant le pé dur syriaque, et un point inférieur le pé aspiré; les Occidentaux donnèrent un point inférieur au pé

1. V. Land, Anecdote syriaca, IV, p. 214. Ce fait témoigne do maintien en syro-palestinien du redoublement des consonnes qui avait disparu en mésopotamien occidental, mais s'est conservé dans le dialecte syriaque de Ma'loula. V. Nœldeke dans la Zeitschr. d. D. M. G., XXI, p. 183 et suiv. et notre notice dans le Journal Asiatique 1879, 1er sem., p. 464. Selon M. Land, ce fait prouverait encore qu'en dehors du redoublement, l'aspiration du pé s'est généralisée en palestinien.

Page 1