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L'aspiration apparaît encore comme la principale cause

1. Comparez les antres exemples cités par Gesenius dans son Thésaurus sous la lettre yodh, et qui contredisent l'assertion de M. Merx prétendant que ces deux lettres ne permutent pas, Gramm. st/r., p. 199.

2. Il est vrai que dans la plupart de ces mots, on pourrait voir une forme saph'el ou Saph'el contractée par élimination de la gutturale; on pourrait dériver fo«*' de L*. et comparer d'autres formes comme ^-Df» évacuer de *û*9 vide. Cependant la fusion de la gutturale avec la sifflante ne s'est opérée dans ces cas que grâce à la facilité avec laquelle ces lettres permutent p ^

Comp. aussi ^r* transcrire, rit0 écriture, v. p. 7, kjJλ tû*tiP faire des mations, avec *4f" graver, B^H écriture, Isaïe, 8, 1. Par une permutation ancienne de riS, il s'est formé une racine analogue, Jx*o qui a aussi le sens d'écrire et a fait souche en arabe; mais en hébreu et en araméen, elle

n'a laissé que quelques dérivés, "NDtf scribe, ""lûtf lf-^i ou Jf^-* ode écrit, contrat.

des permutations des labiales entre elles ; mais souvent aussi elles sont dues à un effet contraire de renforcement, comp. \^o\y plomb rtm$V, Jà-ifto soufre ^^ijrif fïTÇJ? \h±c& plaine nÇj53 Axjti, %lf! fer byQ, ]^zboâpuce ttftH© £>&£ (racine éthiopienne

iXLOfk sauter), Vj^ coussin, néo-hébreu OV'IDB >^, *»£> et isabc] mépriser, ^£>\ temps, targ. JÛt, arabe ^j, î*-°i^ et Jàioo^ fosse, **&* et HÛSt germer, *ooz rurshs (*£>£ revertere), araméen VI (pour lift) et rpn « arabe ^.

Dans quelques dialectes de Syrie, le pé avait dans certains mots une prononciation chuintante qui le faisait permuter avec taw chuintant, ainsi ^os bouche devenait ^> (Zeitschr. d. D. M. G., XXI, p. 193). En sens inverse, les Palestiniens auraient changé le L en ^ dans les mots \hA\ lieu, \£] venir etc., selon Barhébrœus (Œuv. gr., I, p. 206, 1. 23).

39. Telles sont les permutations euphoniques qui s'établissent par la comparaison des langues et des dialectes de même origine. Cependant ces prononciations avaient pris dans le parler vulgaire beaucoup plus d'extension : le sentiment de l'harmonie, en vertu duquel une emphatique appelle une emphatique, une sourde attire une sourde, et une sonore une autre sonore, n'agissait plus exceptionnellement mais était devenu une loi dont Barhébrseus nous donne les diverses applications dans le chapitre X du quatrième livre de la première partie de ses Œuvres grammaticales (éd. Martin, p. 205 à 208; comp. Gr. métrique, éd. Martin, p. 39, éd. Bertheau, p. 36). Que ces prononciations n'étaient pas des altérations tardives, mais remontaient haut, c'est ce qui résulte des fragments de la grammaire de Jacques d'Edesse, publiés par Wright (p. v^, col. a, dans le catalogue des manuscrits syriaques, p. 1170, col. b), où cette harmonie des sons est parfaitement établie suivant la division des consonnes en tenues, épaisses et moyennes. Comme elles expliquent souvent les permutations que l'on constate dans la langue écrite, nous allons les résumer succinctement en quelques paragraphes.

1. Cette forme se trouve dans le texte palestinien de Tobie, publié par M. Ad. Neubauer, Oxford 1878 et dénote un dialecte où le pé aspiré se prononçait comme un beth, comparé ci-dessus § 25.

1. w- dur ' était prononcé comme +s> devant 2. aspiré, I&hç^ pA^o*? \h^ 2. jang ie8 mots empruntés du grec où il suivait ^, il était prononcé comme ^ par les Occidentaux qui ne supportaient pas facilement un groupe ^ § 29, comme dans ]\<H, tandis qu'au contraire ils prononçaient ^ comme s^ devant ^o dans ]rja^ lyûx LesNestoriens prononçaient ^ comme t» devant wo, dans +££*£] par exemple, sans doute parceque F affaiblissement que cette gutturale avait éprouvé dans leur dialecte, lui avait fait perdre le caractère emphatique que le fcet avait conservé et qui répondait k celui de qoph.

2. *d était prononcé ^o dur devant 2. aspiré dans |à-Ojs ^dqéS \hsà\ \hsùù\ \hsù» ^niéV> |à-o£ et chez les Nestoriens devant ^» et 2. dur, ex. : fon*v> fonmsn ^àhx»^ *j2&ûjo\ \&ùq±. En outre ceux-ci prononçaient o comme w dur devant ^> ? durs et 1, ex. : Jj^£>ai> ("IMP) p^os pyûu |Z^oqJ JyooJ ^oûjdJ 1^.

3. 1 se prononçait comme ^o devant 2. aspiré et ^a dur et aspiré, ex. : P^l^ \2.\o \2.\^ \*\2. IJauJ, et comme ^ chez les Nestoriens dans !*-©£, k cause de l'emphatique qoph.

4. Au contraire ^» prenait le son de 1 devant ? dur, ex. : 1,0» ijjio 90^, et en outre devant *o et s* durs chez les Nestonens, ex. : vn\nwi vo^mi ^aJ V^° ?a^ttJ r^° V00^ |/m,-nwv>.

Les Nestoriens avaient encore d'autres manières de prononcer qui leur étaient propres ; ils articulaient 3 :

a) *© comme *a dur et *-J comme 2. dur devant 2. aspiré et w* dans les mots \h^oh£i pkûoj |2^a^ V^M l^-a* |à-û* 2^q^) ; en sens inverse, ^ comme ^> devant 9 aspiré t» et ^, ex. : |r9O0 &*»a^ ^-^-a^io, comp. § 25.

6) ? comme 2. dur devant -£ aspiré \2-^*>\ UjS Kr*.

cj L comme ? aspiré devant *o dur et ^ aspiré et dur dans vo^»2J ^a^àJ pa^k» ; les Occidentaux le prononçaient comme ^ devant *é qui chez eux avait conservé sa force emphatique, ainsi : p^z^os.

d) ^ comme ? dur devant ^ dans vm^m ^aa^J, k cause de l'affaiblissement du p dans leur dialecte, § 25. Les Occidentaux

1. Sur 1* distinction des muettes dores et des omettes aspirées voyez le chapitre XXII, ci-après.

2. Comme dans ac-ttu* de ag-ert, V. pour la classification des consonnes notre tableau soos le paragraphe 19.

3. Comp. aussi Wright, CaUdog. of the syriac. manusc, p. 104 a.

prononçaient ^ comme ^ dans ^ auprès = ^ ; les deux prononciations arabes J^> et >3Jo expliquent les diverses prononciations syriaques, comp. § 23 d.

e) ^ comme 1 devant *£> et ? durs dans ]L^i ^oo^3 \^ (comp. ^>?1 et pnx § 37 a), excepté dans ,-T? ^ Math. 20, 2 où il était prononcé ^» de même dans z£ ^u^ Math. 20, 13.

f) sjd comme ^ devant ^ représentant le t grec, ^o-»!^»! \jk*\ parce qu'ils donnaient à ce ^ la prononciation emphatique du ^l syriaque.

g) w* comme un qim arabe devant *û^etî durs, comme dans pLû^a* %cyj vo^jj, voyez § 24 d.

40. Enfin les consonnes emphatiques agissaient but le timbre des voyelles qui les précédaient ou les suivaient et leur donnaient un son mat et obscur. Envisagées à ce point de vue, ce sont des consonnes assombrissantes dont l'effet est encore sensible en néo-syriaque et en arabe K Le rifi partageait cette propriété des emphatiques, et mérite sous ce rapport d'être rangé parmi elles, voyez § 88.

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