V. notre planche III, spécimen
2. Renan, 1. c. Peut-être est-ce à cause d'une prononciation semblable, accentuée dans les mots Vfcio Vo, que ceux-ci sont écrits comme s'ils étaient prononcés kèll, metèll, comp. en éthiopien kueUo W"A*-
3. V. Abbé Martin dans le Journal Asiatique 1875, 1er sem., p. 169, corrigeant le texte reproduit dans le même journal 1869, 1er sem., p. 463.
4. V. Abbé Martin, Tradition karkaphienne ou La Maêêore chez Ut Syriens, annex. tabl. IV, col. 3, le dernier mot de la colonne.
au dessous : ^ô*o9l opcpcç, |jioo| chant, ^ô^ caroubier, l^ô^o amer, tZôJU^ofrio possibilité, )J&£f» nouveauté, )Aô£] lettre, \elo£i genoux (v. n" 1800, 2314, 3459, 3683, 4045, 6691, 6808) '. En présence de ces divers témoignages, on ne devra donc pas s'arrêter k l'assertion d'Ewald qui dit dans ses Abhandlungen zur orientalischm und biblischen Literatur (Gtfttingen 1832, p. 79, § 28) : « Il n'y a aucune différence entre le point supérieur et le point inférieur du waw, et on ne rencontre jamais les deux points ensemble, comme l'enseignent à tort quelques grammairiens. »
48. Les Nestoriens distinguaient-ils des nuances de son, en dehors de leurs voyelles d à éù i o ou?
M. l'Abbé Martin (Syriens orient, et occident, p. 449), s'appuyant sur un passage de Barhébraus (I, p. 132, 1. 6 et suiv.) pense que ceux-ci prononçaient quelquefois o l'a long. Dans ce passage, le célèbre grammairien dit que les Nestoriens prononçaient les verbes k la forme pa'el, qui avaient pour deuxième radicale un ri§ ou un %é, tels que *&£> ^>f© >*^, non pas selon le p'thâl?â qui appartient grammaticalement à la première radicale, mais comme si cette lettre avait été marquée de z'q&phâ. Est-ce k dire qu'ils prononçaient borekh, qorebh, ro*i, au lieu de barekh, qarebh, raH, parce que la deuxième radicale ne pouvait être redoublée? Non certes. Nous verrons plus loin, § 79, que l'oreille d'un Jacobite ne distinguait plus a obtus de a aigu et qu'ils ne saisissaient la différence de ces deux sons dans la prononciation orientale qu'autant qu'il y avait redoublement de la consonne suivante; dans ce cas, en effet, a était nécessairement aigu, puisque le redoublement n'avait pas lieu après a obtus (a primitivement long). Dans le passage en question, Barhébrœus dit seulement que les Nestoriens prononçaient la première lettre des mots jjû *g+d >+zà comme si elle avait été marquée de z'qâphâ, bien qu'elle le fût en fait de p'thâ^â, parce qu'ils ne faisaient pas entendre de redoublement de la deuxième radicale, comme ils le faisaient dans les autres radicaux. M. l'Abbé Martin ajoute :
1. En néo-syriaque la prononciation aiguë n'est pas inconnue. (V. Nœldeke, Neusyr. Grarnm., p. 11, 12); en ayro- palestinien on trouve aussi ponctué 0,0 v. ZeiUckr. d. D. M. G., XXII, p. 462.
« On trouve, du reste, la même habitude chez leurs descendants d'Urmiah » (Nœldeke, Ghramm, der neusyr. Spr., p. 7 et 8). Mais comme l'a parfaitement observé M. Nœldeke, cette prononciation â n'a lieu qu'avec des consonnes assombrissantes, v. § 40; elle est donc inhérente k la nature de ces consonnes et ne vient nullement de l'altération de la voyelle.
49. Si les Orientaux conservèrent les nuances de a obtus et a aigu, ils finirent par perdre celles de ê obtus et e aigu. Dans les manuscrits anciens, les points qui distinguent ces voyelles sont placés exactement, selon qu'il s'agit de e primitivement long ou de e primitivement bref, mais dans les manuscrits des derniers siècles on remarque une confusion fâcheuse qui ne peut s'expliquer que par l'effacement des nuances de cette voyelle l. Une semblable confusion règne aussi en néo-syriaque (Nœldeke, Neusyr. Ghramm. p. 9 à 10).
50. Nous avons montré sous le § 47 que les Nestoriens distinguaient encore u de ou; cette double prononciation venait sans doute d'une première distinction de ou obtus et ou aigu qui correspondait elle-même a celle de ou long et ou bref.
C'est donc par erreur que les anciens grammairiens enseignaient que le son ou indiquait ou long et le son o, ou bref. La vérité est que ou long naturel se maintient intact, comme îo^nl H se lèvera, l^oJ feu, \^no^Z limite, )^°^ chose, t^onSY) royaume, à quelques nuances près ; de même o long par position, comme %ôJ<n eux, vnXftm ils tueront, Pô#3 meurtrier etc. Mais, où il y a plus d'arbitraire, c'est quand il s'agit de ou bref dans une syllabe fermée ayant ou précédant l'accent tonique, comme ti^os sainteté, JJ±?o? action de conduire , }'2*oào?^ merveille, li?oûjàb pleurs etc., k côté de I2ha^ auge £yL JT^ Y'kj*Q£LL,J. cantique.
Dans les mots grecs, upsilon est généralement rendu par ou avec le point au-dessous du waw, et omicron ou oméga par o avec le point au-dessus du waw, comme sjoôiô] opoç, <ô\**>°\ 5p(Çwv, \êJé] Ç<*wj, ]£i9cl£ tuxoç, *jffô,£ol ÇuOoç; quelquefois cependant ou syriaque apparaît pour o grec, comme ^gnS^ov» pcyXàç,