Chapitre IX
De la désignation des voyelles au moyen des consonnes \ o **.
55. L'araméen se distingue de l'hébreu ancien et du phénicien par un usage plus large des consonnes | o *+ comme matres
1. L'hébreu Vflbttp) ne peut être invoqué ici, car cette langue ne possède pas de vraies diphthongues.
2. Ewald, Abhandlungen zur crient, und bibL LUeratur, p. 83, note.
3. Y. Noies marginales k la suite de la tradition karkaphienne par K l'Abbé Martin, p. 11, 1. 3.
4. Barbébrœus, 1. c. I, p. 199, 1. 21. Le palestinien écrit par waw ou bref dans une syllabe ouverte, ce qui d'après le syllabisme araméen doit s'entendre d'un hatèpb kàmèg; de même youdh pour fiateph-ségol, comme dans le talmud de Jérus. KP^TC correspond à V^r"0 orient, v. § 98 ci-après.
lectionis. On doit cependant reconnaître que leur fréquence est en raison directe de l'âge des documents. Les inscriptions du commencement de notre ère montrent une sobriété beaucoup plus grande que les manuscrits syriaques plus modernes où domine avant tout le souci de la clarté.
Dans les inscriptions de Palmy re du premier siècle * les voyelles brèves ne sont jamais exprimées, si on en excepte dans quelques cas l'omicron grec; mais nous verrons sous le § 93 que cet o était souvent confondu par les Syriens avec l'oméga. Dans le corps du mot on rend par waw ou youdh tfû, l, ordinairement D7 ë venant d'une diphthongue; on n'exprime pas un autre ë ni â; k la fin du mot 2, où sont désignés par youdh waw, â par aleph et quelquefois par hé, ë venant d'une diphthongue par youdh ou aleph, un autre ê par aleph ou hé.
Le syro-palestinien montre un système déjà plus développé2: non seulement d mais aussi â sont quelquefois indiqués par aleph dans le corps du mot; il est vrai que ë, t, k cette place, ne sont pas exprimés d'une manière constante, mais ou Test régulièrement, k de rares exceptions près, sans distinction de longues ou de brèves.
En syriaque les voyelles avaient achevé leurs dernières évolutions phonétiques et le système de leur notation par les semi-voyelles avait reçu son complet développement au Ve siècle, époque k laquelle remontent les plus anciens manuscrits3. A partir de cette époque le système du point diacritique, qui fera l'objet de notre chapitre suivant, va prévaloir et attirer l'attention des grammairiens. Cependant une saine écriture des maires lectionis ne fut pas perdue de vue, car si celles-ci étaient moins nécessaires pour la prononciation exacte des mots, elle importait encore a leur étymologie et k la distinction des formes. Ainsi au VIP siècle, Jacques d'Edesse établit sur ce sujet des règles auxquelles se conforment les écrivains occidentaux qui le suivent (voyez sa lettre sur l'orthographe).
56. Voici l'écriture consacrée par l'usage : à et â ne sont pas
1. V. Nœldeke dans la Zeitschr. d. D. M. G.f XXIV, p. 87 à 93.